Le 6 du même mois. (Lenglet, II
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lui une ambaxade, par laquele il lui fist dire qu’il estoit bien content du mariage de luy et la suer du roy Edouard d’Engleterre • mais il requeroit abstinence de guerre au dit duc vi mois. Et la cause fut pour ce que le roy doubtoit que le dit duc ne voulsist mener son armee en l’ayde du duc de Northmandie \ qui lors se tenoit avec le duc de Bretaigne 1 2 3 , lesquelz estoient tous deux en la male grâce du roy. Disans, oultre, que le dit roy voulloit, de sa part, tenir le traitié de Conflans, et que, mesmes, il mettoit en la personne du dit duc de Bourguoigne le résidu de tous les differens eslans entre lui et son dit frere, duc de Northmandie, promettant tenir tout ce qu’il en ordonneroit.
1280. Comment ceulz de la cité de Lyege se rendirent au duc de Bourgoigne, et comment le Perron de Lyege fut porté à Bruges. XXXIIII.
Le xne 3 jour de novembre, an dessus dit, s’en alla le duc Charles de Bourguoigne devant la cité de Lyege atoule son armee, laquele on exstimoit à lxq1 combatans ou plus, et grant plenté d’artillerie. Et quant les Lyegois veyrent celle grosse armee devant leur cité, eulz qui n’avoient plus quelque espoir au secours du roy de France (car il leur avoit mandé qu’il ne les povoit aidier celle fois, pour autres beson-
1. Charles de France, duc de Berry, puis de Normandie, frère de Louis XI. Mort duc de Guienne, le 12 mai 1472 (Anselme, I, 117) ou, plus probablement, le 28 du même mois. (Vaissete, V, 44.)
2. François II, mort le 9 septembre 1488. (Anselme, I, 463-465.)
3. Le duc campa le 1 1 novembre devant Liège, et, le 17, fit son entrée dans cette ville. (Lenglet, II, 190.)
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gneuz affaires qui lui sonrvenoient journelement), ilz envoierent prier au duc qu’il voulsist avoir pitié d’eulz, offrans rendre eulz et leur cité en sa voullenté, par si, touteffois, que la cité ne feust arse ne pillié, ausquelz le duc ottroia leurs requestes : et fut publié parmy la cité que tous s’en allaissent dehors, qui mettre ne se voulloient en la voullenté du duc de Bourguoigne. Aprez lequel cry fait, s’en alla messire Raisse de Lintre1, leur principal capittaine, qui tousjours leur avoit conseillié la guerre, avec lui le bailly de Lyon 2, sur la Rosne, que le roy de France y avoit envoie ; et si se conclurrent illec aulcuns des mestiers, jusques au nombre de xm ou ximm hommes, de combattre le duc , lesquelz enfin se reduirenl en la voullenté des autres. Puis, tost aprez, tous, d’un acord commun , envoierent devers le duc luy présenter les clefz de la ville, et délivrèrent à ses gens quatre des principalles portes d’ycelle, ausqueles, de fait, le duc envoia grant quantité de ses gens d’armes, et puis luy firent délivrer toutes les fortes places de la cité, où il envoia pareillement grant plenté de ses gens [d’armes], et tant en entrèrent dedens ycelles places, qu’ilz povoient bien estre maistres de la cité3.
Lors, toutes ces choses ainsi faites, le duc, moult
1. Raës de la Rivière, seigneur de Lintre, Heers, etc., mort le 8 décembre 1477. (Loyens, 170.)
2. François Royer, écuyer, bailli de Lyon, sénéchal et capitaine de Lyon en 1462. (Brossette, I, 133.)
3. Il fallut néanmoins que le seigneur de Humbercourt usât d’adresse pour entrer dans la ville. (Voy. les Mémoires de Philippe de Commynes , I, 134 et suiv.)
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richement armé, en belle ordonnance de battaille, advangarde et arrieregarde , s’aprocba de la cité, de laquele issirent à son encontre des plus notables hommes d’ycelle, et de chascun mestier x hommes, quv montoient en nombre bien quatre cens ou plus, en leurs chemises, nudz piedz et lestes nues, portans en leurs mains chascun une bannière armoiee des armes du duc à ung coslé, et à l’autre costé [des armes de la cité, qui estoit] l’enseigne de Saint Lambert; tous cryans mercy et demandans pardon et miséricorde à genoulz, où il avoit ung plain pied de boe pour cause du tempz pluvieux , portans aussi chascun une torse ardant en ia main, marquiés devant et derrière de la croix Saint Andrieu, enseigne bellique du duc. Ouquel estât convoierent le dit duc jusques dedens la cité, en laquele il entra, non mie parmy les portes, qui jà par son commandement estoient abattues , mais par les fossez, qui estoient raemplis de la muraille. Si s’en allèrent, luy et l’evesque de Lyege, son cousin germain, logier ou pallaix pontyfical.
Anchois que le duc Charles entrast en la dite cité, il avoit fait publier, sur la liart, que nul ne pillast, ne feist force à femme ; mais, touteffois, que chascun se tenist sceur de son hosle. Puis fist prendre le duc toute l’artillerie à pouldre, les armures et bastons de la cité, sicque auzLyegois ne fut laissié que à chascun ung coustel à taillier sa vyande ; tous lesquelz habillemens, le duc fist chargier en bateaux, et mener à Namur. Ainsi, comme vous oez, fut par le duc de Bourguoigne concquise ceste puissante cité de Lyege et tout le pays d’environ.
En cest an, le xxvme jour de mardi ensievant,
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trespassa de ce monde le seigneur de Saveuses, eagié de lxxviii ans, en la ville d’Amiens; lequel, tout son tempz, avoit esté moult renommé en fait de guerre, cremeu et redoubté, et chevallier de très grant conduite, qui jamais ne jura ou maulgrea, comme soullent faire gens de guerre. Il concquist grant avoir en son tempz et n’eut nulz enfans de sa char. Il fonda trois couvents de Saint François et de Sainte Clare, ausquelz il avoit especiale dévotion : c’est à scavoir ung a Amiens, où sont freres et seurs, séparez les ungz des autres; ung autre tout pareil en cité, lez Arras ; et ung autre à Dourlens, ouquel ne sont que freres tenans le vray Ordre de Saint François, et son rigle.
Aprez la concqueste de la cité de Lyege faite par le duc de Bourguoigne, comme dit est, il fist prendre une coullompne, qu’ilz appelloient le Perron ‘, moult ri-
1. Le 6 novembre 1303, les échevins de la ville de Liège, «. s’étant trouvez redevables dans la levée exorbitante des impôts, le peuple (qui s’étoit soulevé et rangé en douze classes sous leurs bannières rouges, meublée chacune des instruments propres de leur métier et du Perron d'or}, obligea lesdits éclievins de se soumettre à quatre articles proposez sur ce sujet... .
cc II est à remarquer que l’usage du Perron commença à s’introduire pendant ces magistrats, les maîtres de la cité s’étant, avant ce tems-là, servis d’un Saint-Michel, qu’ils avoient pris pour leur patron, et dont ils ornoient leurs écussons en signe d’amitié et d’union; mais, dans le changement de police, ils prirent le Perron. » (Loyens, 35.)
cc Ce Perron, qui étoit des plus artistement fait, avoit un pied de diamètre ; au-dessus étoit une balustrade où il y avoit une pomme de pin surmontée d’une croix, autour de laquelle paroissoient trois figures nues représentant des paillards des deux sexes, pour marquer la jurisdiction qu’avoit pour lors le magistrat de faire punir par les verges ceux qui l’ avoient mérité. Ces verges, que l’on y voioit , y avoient été ajoutées en 1433. » (In., 188.)
Un des articles de l’acte notarié , contenant la sentence prononcée
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chement ouvré. Si le fist porter à Bruges et mettre ou plus parant lieu de la ville, c’est à scavoir en la place des marcbans, qu’on dist la Bourse, adfin de mémoire perpetuele de sa dite concqueste, et que, par ce, feust divulguée en toutes les parties de la crestienneté ; car en ycelle ditte ville de Bruges repairent diverses nations de gens. Et autour dudit Perron fut escript :
Je feus le Perron de Liege ,
Que le duc Charles a concquis;
J’estoie signe que Liege Estoit vierge, et le pays.
• Or ne soit homs esbahis
Se je suis ycy pour memore :
Le puissant duc m’y a mis En signal de sa victore l.
contre le pays de Liège, par le duc Charles, le 18 novembre 1467, et l’acceptation de cette sentence par le peuple de Liège, le 26 novembre 1467, porte : oc Le Perron qui est au marcliiet de la dicte cité sera oesté, et d’icelui sera fait le plaisir de mon dit seigneur le duc, sans ce que jamais les dis de la cité puissent refaire ledit Perron , ne en remettre auleun autre ou dit marchiet ne ailleurs en la dicte cité, ne aussi faire porteir le dit Perron ès armes de la dicte cité » (Gachard, Coll, de doc. inéd., II, 452.) — oc En ce temps (1478), le Perron de Liège, que monseigneur le duc Charles.... avoit faict amener à gran triomphe, et honorablement colloquer au quartier de la Bourse à Bruges, par la licence de monseigneur le duc d’Austrice, fut ramené en son pays. » (Molinet, II, 156.)