‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 5)Chapitre 52 sur 146 · c The XV. daj of Marche · texte numérisé non relu

c The XV. daj of Marche

[1471] SIXIEME PARTIE, LIVRE VI, xxy. 101

quoy faisant on eust peu penser qu*il fuist par paour ; et ainsi, comme vaillant et hardy , craingnant deshonneur, détermina prendre le droit chemin vers la cité d'Yorc. Et puis , ymaginant le long tempz qu'ilz serroient sur le chemin , fist commandement parmy son ost que chascun homme faindist plainement , par tous les lieux où ilz venroient, que l'entente de leur seigneur estoit d'estre duc d'Yorck seuUement , et que pour à nul autre droit conteudre ne venoit ; car c'estoit son propre héritage, à luy succédé par le trespas de son feu père. Pour lequel bruit ainsi publicquement semé, le peuple de ]a contrée assamblé, comme dit est, bien de VI à vil"", dont estoient cappitaines ung maulvaix prestre vicieux, [vicaire de....]', et ung gentil homme de la contrée, appelé Martin de la Mer, à entente de donner au roy empeschement à son passage, par Tesmouvement de ses rebelles et leurs complices, prindrent au contraire conclusion à luy devoir porter Ëiveur en ceste querelle , non discernant ou ramembrant que son feu père, avec ce qu'il estoit duc d'Yorck , aussi estoit il indideramment vray héritier du royaulme d'Engleterre et de la couronne d'ycellui, comme il avoit esté déclaré par les trois Estas du dit royaulme, à ung Parlement tenu à Westmoustre, jusques à ce jour rapellé ne revocquié.

Ainsi doncques, soubz ceste coulleur , exploitèrent le noble roy et sa compaignie le droit chemin vers York, en adreschant vers une bonne ville nommée Bener-

1. c A priste tbe Yjcar of.... » LVditeur, M. John Bruce, met en note (p. 42) : « Thisappeanto haTebeen one John Westerdale, who was afterwardt thrown into the ManhaUea priion , probabl j for his interférence upon thîs occaûon. »

iOÎ CRONICQUES D'ENGLETKRHE. [I47i]

]ey\ [assise sur le grant chemin d*Yorcq], et quant il fut là arrivé, si s*apensa qu'il envoieroit ses messagiers en une autre bonne ville prez de là, forte et bien murée, nommée Houlle', requerre auz manans et habiltans qu'ilz luy feissent entrée en yeelle. Laquelle chose ilz refusèrent par Tenhortement des dis rebelles quy là avoient envoie, nouvellement^ yceulz admonnester que de tout leur povoir voulsissent résister au roy Edouard, se d'aventure illec arrivoit. Et pour tant, le roy, laissant ceste ville derrière, tint son droit chemin d'Yorck, sur lequel chemin estoient aussi assamblez plusieurs gens du pays, en diverses places, comme il fut raporté au roy ; mais ilz ne se ozoient aparoir, ïdns le laissèrent passer sans quelque destourbier faire à luy ne auz siens : qui , comme on peult ymaginer, fut pour deux causes principalles, Tune pour ce , comme dit est, que le bruit couroit par le pays que pour nul autre droit callengier ne venoit que pour la ducié d' Yorc avoir ; et l'autre cause estoit que, jà feussent ilz eu plus grant nombre que luy, touteffois, considérant la grant asseurance et virtu de corage dont ilz le scentoient estre plain , avec la parfaitte valleur de sa compaignie, n'osèrent sur eulz couppler ; par quoy le roy entretint sou chemin tant qu'il arriva devant la cité d' Yorc [le lundy , xviii' jour du mois] ; mais quant le roy vint à quatre* lyeues prez d'ycelle, vint à son encontre Martin de la Mer, avec luy le recordeur de la dite cité, lequel avoit nom Commers *, quy paravant n'avoit pas

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