‹ Anchiennes cronicques d'EngleterreChapitre 30 sur 128 · Cette pbrase n'est pas dans l'anglais · texte numérisé non relu

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4. « XVI or xvn persons, in the ledinge of the sayde Qifford and Richard Bnrgh, passed even in at the gâtes. »

104 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1471]

aulcuDs des gouverneurs d'ycelle, et luy requist de sa bouche qu'on le soufTrbt entrer en sacité, lui et ses gens quy estoient moult traeilliés du chemin j pour luy et yceulz rafireschir et remettre à point. A quoy lui fut respondu que s'il luy plaisoit entrer avec son simple estât, que vouUentiers le recepveroient; mais atout son armée, non : car il y avoit aulcuns en la ville qui ne se porroient tenir paisibles avec ses gens de guerre. Et le roy, sur ce, retourna en son ost, et demanda de ce conseil : dont les aulcuns lui dirent que , s'il entroit ainsi en la cité, on le pourroit faire morir. Âquoy le roy respondy que s'il povoit parler au commun , il ne'doubtoit pas que bien ne les contentast; disant, oultre, que s'il n'eutroit en la cité, ains se tyroit autre part, que les dis communes armez les poursievroient et diroient qu'il fuiroit.

Ainsy, doncques , le roy prinst corage , délibérant soy mettre en Tadventure du peuple furieux, pour saulver luy et sa compaignie. Si revint à la porte, atout seuUement xv hommes d'armes et xii archiers, laquele luy fut ouverte. Si entra dedens ycelle , qui prestement fut refermée , dont aulcuns de sa compaignie eurent grant doubte. Neantmoins, il chevaulcha parmy la rue tant qu'il trouva, en ung quarfour de la ville, un grant tas de communes armez, bien x"" ou plus , lesquelz, tous d'une voix, cryerent moult hault, à sa venue : « Vive le roy Henry ! » dont luy et tous ceulz de sa compaignie eurent plus grant paour que devant.

En ces anxietez, le noble roy, ferme en corage, non trop espoventé ne troublé, requist au commun de faire sillence, et qu'ilz le voulsissent oyr parler : ce quy luy fut acordé. Et lors il commença à dire haul-

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tement, que cbascun le povoit oyr : « Beaulz seigneurs et amis, ygnorez vous que je suis vostre sire naturel, aisné filz de vostre feu duc^ mon seigneur et père? Et, combien que par aulcuns trahittres j'aye aulcun tempz esté absent de ce pays, touteffois présentement me veez retourné , et me suis premiers adreschié en ceste cité, dont par droit succession je suis duc et seigneur, et n'ay autre intencion, pour le présent, synon recouvrer la ducbié à moy escbeue, à quoy n'avez cause aulcune de contredire; car vous scavez mon estât, et que oucques nepensay synon à toute loyaulté et preudbommie, et n'eusse jamais creu que eussiez fait contre moy nulle resistence , ateudu que je n'ay voullenté de vous faire quelque grief, ne à tout le pays d'Ëngleterre; mais , au plaisir de Dieu et de monseigneur Saint George, je poursievray mes annemis, le conte de Warewic et autres, par lesquelz j'ai esté debouttez de ce royaulme. d

Quant les communes oyrent ces raisons, et que le roy avoit voullenté de grever le conte de Warewic qu'ilz avoient en grant bayne,non pas sans cause, car il leur avoit fait de grans dommages en diverses manières, ilzleconjoyrent, cryantpar voix commune : « Vive Jp noble duc d'\orck ! » puis lui dirent qu'il envoiast quérir ses gens de guerre , qu'il avoit laissiés debors la ville , et qu'ilz leur serroient bien venus , à condition touteiïoisque, lendemain, ilz partyroient de^la cité, endedens douze beures. Et, adont, le roy en personne retourna devers son frère le duc de Qocestre; si l'emmena avec loute sa routte logier dedens la cité, où ilz firent très bonne chiere toute ceste nuit et lendemain, jusques envers x heures, que le dit recor-

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deur el ce Martin de la Mer vindrent devers le roy, auquel le dit Martin parla moult inreveraminent , en le blasmant de ce que ses gens ne faisoient nul signe de partir, et si aprochoient xn heures, auquel le roy respondy qu'il entretenroit sa promesse. Et adont replicqua le dit Martin, disant: « Sire, en vostre entrée de ceste ville , vous avez promis de non calumpnier ne requérir droit à la couronne d'Engleterre , disant que cy estes venus seullement pour prendre possession de vostre patrimoine de la ducié d' Yorck ; pour quoy je vous dy que nous tous avons conclu ensamble que^ jamais ne partyrez de cy que, premiers, ne venez en la grant église de ceste cité , ouquel Heu ferez seivient sollempnel, présent tout le peuple, de non jamais prétendre droit à la couronne d'Engleterre. »

Leroy, oiant cestui ainsi parler, luy dist : a Martin, tu me raportes tousjours mauvaises nouvelles; mais, dys moy, où sont les nobles du pays d'Engleterre y devant lesquelz je feray ce serment ? prenez espace de deux ou trois jours, sienvoiez quérir le conte de Northumbelland', quy est prez decy, et aulcuns autres princes du pays, devant lesquelz je face le dit serment; autrement il ne serroit pas honneste que moy, qui suis filz du duc d'York, vostre naturel seigneur, feisse serment. »

Tandis que ces paroUes estoient entre le roy et le dit Martin, le duc de Clocestre, frère au roy, et le conte de Rivières et seigneur de Scalles, estans en la chambre et oyansces parolles desraisonnables, se tyrerent à part,

f . Henri Perci, mort le 28 ayril 1489. Le titre de comte de Northumberlaod lui fut reodu en même temps qu'on créait John Nevill ^ qui i'ayait possédé, marquis de Montagu. (Dugdale, I, 282.) Voy. d-deasos, tome II, p. 250, note 3.

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et dist le duc an seigneur de Scalles qu'il n Vstoit point aparaot qu'ilz peussent partir de ceste ville sans dangier, sinon qu'ilz tuassent illec, en la cbainbre, les dis recordeur et Martin de la Mer : ce qu'ilz conclurrent ainsi faire, se autrement n'en povoient venir à chief. Mais le dit conte, voyant le péril aparant, vint parler au roy en secret, et lui dist qu'il entretenist de parolles ces recordeur et Martin , et il yroit faire mettre leurs gens en ordonnance [pour vuidier la ville], comme il (ist : et s'en alla à une porte, autour de laquele tous ses gens estoient logiés ; si les fist armer et monter à cheval, commandant qu'ilz se tenissent saisis de la dite porte, et ycelle toute ouverte : puis retourna, tout armé, en la chambre du roy, auquel il dist : <c Sus! sus! à cbevaK»Et prestement le roy, descendant de sa chambre , trouva au pié des degrez son cheval prest , sur lequel il monta et fist sonner les trompettes du deslogement. Si vuiderent tous de la ville sans nul dangier, et prindrent le chemin vers Thedeatre, ' une ville dont le conte de Northumbelland estoit seigneur, [qui] dix milles [loin estoit] de la cité devant dite. Et lendemain tyra le roy vers Waghefled *, Sendalle •, une grande seignourie apartenant à la ducié d' Yorck , laissant la cité et chastel de Pontfret^ à la bonne main*, où pour lors estoit le marquis de Montagu , qui en riens ne le troubla , aius le laissa paisiblement passer oultre, feust voullentiers ou non. De ce peult on ju-

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