‹ Anchiennes cronicques d'EngleterreChapitre 54 sur 128 · Samaroand, en Bookharie · texte numérisé non relu

Samaroand, en Bookharie

et tellement que^ à la fin, ilz laissèrent le dit JofTroy de Tfaoisy tout seul, lequel fut prins et navrés; et, depuis sa prinse, fut doucement traictiés; car, non obstant que en ce dit pais, que Ton appelle Mygrelye, soient estranges gens et d'estrange vie, toutesfois entre eulx cely seroit deshonnorés qui aroit mal traicter, ne fait vilonnie à ung prisonnier. Le dit Joffroy de Tfaoisy y demoura prisonnier tout le mois de may. Et, pour la doubte qu'ilz avoient des dites gualees, lesquelles faisoient grant guerre au dit pays, et par le moien du dit ampereur de Trapezonde, le dit Joffroy fust délivrés, moyennant que il promist que des dites gualees ne seroit faicte guerre audit pais. Et, de là, retournèrent à Trapezonde, vers le dit ampereur; lequel les receu très honnorablement, et leur fist de beau présent : en laquelle cité trespassa Pierre de Moroges, d*unne plaie qu'il avoit eue en Turquie.

De là, alerent les dites gualees en la mer de Latane\ en ung lieu nommé Copa', où ilz prinrent anviron quatre cens tartres; et, de là, retournèrent à Cafa et à Constantinoble, où ilz trouvèrent lettres, par lesquelles mon dit seigneur le Légat et monseigneur de Waurin le mandoient; lesquieulx estoient en la Dunoe, où ilz alerent et aidèrent à prandre aucunnes plaœs que les dis Turs tenoient, ou grant préjudice des Hongres et des Walacques. Et, de 1^^ retournèrent au Tenedon, et se departy la dite armée; car le dit Légat et mon dit seigneur de Wavrin alerent à Venise desarmer ; et les

i . La mer d'Azov.

9. Aojoardliiii Kopani, dans le pays des cosaqaes de la mer Noire.

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dites ^ualees de mon dit seigneur le duc alerent courre toute la coste d'Egipte et d^ Surie, où ilz prinrent pluseurs navires. Et devant Barut^ à ung matiD, trouvèrent la gualiache du Souldan, laquelle estoità la voele : et^ taqtost qu'elle les vi^t, s'en retourna ^u dît Barut. Et là, la tirèrent le plus près de terre qu'ilz pourent et le plus près de la tourt^ et y entra des gens de la dite ville tant que y lieur sambloit que en y avoit asses pour la defTendre de dc:^. gualees,. considéré, awy, que <ie la dite tourt et de la terre les deffandoi^nt de trait, de canons et.de pierres. Les dil^ gualees des Bourguignons s'armèrent et myrent en point pom* assaillir^ et s'assainirent, par .l'esp^e 4e sinq ^ures, et tellement que, après se que tous .eulx estans en ladite gualia,çbe furent mors ou blessés, il,z la gu^igpereut et ammenerent en Çhipre :.4ont entre les dits mores de tout le dit pais fut grande renonupee de l'oultrageux assault que ilz avoient veu faire en prenant la dite gualiache ;i car, considéré les gens y estant ft qujL la deflendoîent, james n'eusse pensé que trois ne quatre gualees l'eussent ozer assailly, ou lieu où elle estoit. Et, de là, les dites gualees prinrent leurs chemins pour venir desarmer à Marsaille; et, en vens^qt, coururent la Barbarie, depuis le mont de Barque* jijsques ou gouffre de Tunes, où ilz prinrent pluseurs peiis navire; et, à ung matin, trouvèrent deux grosses naves de. mores., et; ne faisoit goûte de vent. L'assauU fut donpé à la plus grosse, et tantost fut prinse : et ceulx l'aultre dite B^ve, quant ils virent

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