‹ Anchiennes cronicques d'EngleterreChapitre 84 sur 128 · I. Voir le troiëèdie vohnne de Commynes, p. 28f · texte numérisé non relu

I. Voir le troiëèdie vohnne de Commynes, p. 28f

288 CRONICQUES D'ENGLETERRE.

Warvich, sachant que le roy venoit pour le combatre, se mist saulvement, luy et tous ses gens, dedens une forte cité nommée Conventry, devant laquelle cité le roy se mîst, tost aprez, en battaille; et fist sommer au conte de Warvich qu'il se mist aux champs pour terminer leur querelle par battaille, ce qu'il refusa par six jours continuelz, dont s'en alla le roy à la ville de Warvich, tendant afBn de tirer Warvich hors de Conventry. Le roy issit à Tencontre de son firere, le duc de Clarence, lequel, à belle compaignie de gens d'armes, s'en vint rendre et submettre à luy, et il le receupt en sa grâce. Lors eut le roy nouvelles que le duc d'Uxestre, le seigneur de Beaumont, et aultres, venoient en Fayde du conte de Warvich : si s'en alla jusques en la cité d'Uxestre, pour le trouver. Mais ilz mirent en Tuitte et ne l'osèrent attendre : il estoit lors le m* jour d'apvril. D'illec retourna le roy devant Conventry, pour faire issir le conte de Warvich, et y fiit deux jours : mais ne vault soufirir que la ville fîit assaillie, pour la pitié qu'il avoit du poeuple qui y estoit en grant nombre, car c'est une moult belle ville. Quand il veit que son ennemy ne voUoit issir, il s'achemina pour aller à Londres, où estoit Henry, son principal ennemy : et il y vint le xi* jour d'apvril. Et incontinent qu'il y vint, il fit la tour ouvrir et y saisist de la personne du roy Henry et de l'archevesque d'York, frère de Warvich, et d'aulcuns aultres, ses rebelles et contraires. Pensant doncques Warvich que le roy entenderoit illec à solempniser la feste de Pasques, qui estoit prochaine, et que, en ce faisant, il le porroit surprendre en cité de Londres, et que la tour se tenist encores, et que la plus part du poeuple de Londres frissent pour luy, il présuma d'issir de Conventry, et d'illec à Londres hastivement, avec toutte sa puissance. Mais le roy, adverti de son propos malicieux, se partit de Londres, à toulte sa puissance, la veille de Pasques, xiii* jour d'apvril, et s'en alla de tire tenir les champs au plus prez qu'il peust de son ennemy : là où,

toutte la nuict, il se tint en bonne ordonnance, jusques à docq heures da matin, qui estoit le jour de Pasques, que lors il courut sus à ses ennemis, et les envayst si baudement qu'il les mist à desconfiture, non obstant qu'ilz fussent plus de XXX mille combatans et trop plus qu'il n'en avoit avec luy ; car avec Warvich estoit le duc d*Excestre, le marquis de Montagu, frère de Warvich, le conte d'Exenfort et le seigneur de Beaumont, avec touttes leurs gens, qui se combatirent très durement. Neantmoins Warvich fut occis sur le camp, en fuyant, et le marquis son frère, avec grant nombre de chevaliers et d'escuyers, et d'aultres gens qui, neantmoins, se combatirent très vaillanmient par Tespace de trois heures.

Aprez celle desconfiture, vindrent nouvelles au roy, le XVI* Jour d'apvril, que Marguerite, royne, femme du roy Henry, et Edouart, son filz, que Ten nommoit prince de Galles, et leurs adherans, estoient retournez en Eugleterre, vers le pais du West, et qu'ilz tiroient à la cité d'Excestre, devers leurs amys qu'ilz avoient là entour et en Cornoille, si comme le duc de Sommerset, le conte Dorset, le seigneur de Vonchie, et pluseurs aultres, avec grant nombre de poeuple. Le roy, adverti de touttes ces choses, se remîst aux champs à toutte son armée, et tant chemina qu'il vint à xviii mille du pais du Ueu où estoient ses ennemis, et fut rapporté au tqj qu'il seroit combatu le lendemain. Et lors il se mist en bonne ordonnance sur le camp pour les combatre. Mais, quant ilz sceurent qu'il les attendoit illec pour combatre, ilz muèrent leur propos et se retrairent vers la cité de Resteville ', qui est bonne cité et forte, là où ilz se raffireschirent de vivres et de gens, et prindrent corage de volloir combatre le roy. Et, pour ce faire, se mirent aux champs et choisirent ung beau camp, à ix mille d'illec;

Page 1