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DU CLERGÉ DU PALAIS OU DE LA CHAPELLE ROYALE

Paschasc ne condamne pas ces emplois, puis- et appliqué ensuite au gouvernement du palais,

que le palais des princes chrétiens a toujours et des att'aires d'Etal ; ce fut par ce degré qu'il

eu ses chapelains et son clergé, et que ces s'éleva à l'archevéclié de Cantorbéry.

places ont été si souvent remplies par d'excel- Saint Mainverc , évoque de Paderborn, avait

lents et de saints ecclésiastiques. Mais il avertit été dès sa jeunesse clerc de chapelle. « Regia

ceux qui s'y engagent de l'extrême d;inger où stirpe genitus, evocatns ad palaliuni , regius

ils sont de n'y être attirés que par une secrète capellanus efficitur, ut Deo ordinante longius

cupidité des richesses de ce monde et des innotesceret. »

dignités ecclésiastiques. Lauteur de la vie de ce Saint (Cap. lxxxvii)

Ce reproche que leur fait Paschase, de vivre outre saint Mainverc , et saint Aribon , évéque

dans une entière indépendance des évèques, de Mayence, nomme plusieurs autres saints

montre qu'on avait mal observé le règlement évèques du même temps, qui joignaient une

contraire , dont il a été parlé, et que le clergé inviolable observation des canons au gouver-

du |)alais tâchait de s'affranchir de l'obéis- nement temporel auprès des empereurs, duquel

sance canonique que tous les clercs doivent la nécessité du temps ne leur permettait i)as de

à l'évoque, pour ne relever que de l'archicha- se dispenser. « Secundas imperii i)artes sancte

pelain. et juste administrantes, sacerdotii rigorem nul.

XIIl. L'empereur Charles le Chauve déclara latenus relaxantes. »

dans le concile de Toul, l'an 859 (Conc. apud La cour des Othons était riche et féconde en

Saponarias), que selon la coutume des rois ses saints et savants ecclésiastiques. Comme ces

ancêtres, il avait donné l'archevêché de Sens à empereurs avaient beaucoup de pouvoir dans

Ganelon, clerc de sa chapelle, avec le consente- les élections, on peut croire avec quelcjuc fon-

ment des évèques de la province. dément qu'une partie des plus excellents évê-

« Juxta consuetudinem pn-cdecessorum meo- ques d'Allemagne sortirent de leur palais,

rum regum, Weniloni tum clerico meo, in ca- Pierre Damien (In vita sancti Roman. ,c. xxviin

pella mea mihi servienti , qui more liberi cle- témoigne que ce fut dans l'office même de

rici se mihi commendaverat , et fidelitatem clerc de chapelle près de l'empereur Othon que

sacramento promiscrat . consensu sacrorum saint Boniface, proche parent de cet empereur,

episcoporum ipsius metropolis , ad gubernan- conçut ce généreux dessein, qui donna un

dum commisi, et apud episcopos, quantum ex apôtre à la Russie , et un martyr à l'Eglise

me fuit , ut eum ibidem archiepiscopum ordi- « Cum in capella regia moraretur, etc. (Surius*

narent, obtinui. » die 20 Nov., c. ni). »

Ce clerc de chapelle avait prêté serment de Saint Bernard , évêque d'Hildesheim, avait

fidélité au roi. D'où on peut conjecturer que aussi été attaché au palais de l'empereur Othon

c'était une loi générale , et que c'était appa- 111 , dont on le fit ensuite précepteur; il joignit

remment cet engagement qui portait le souve- à cette qualité celle de ministre d'Etat après la

rain à confier les places les plus importantes mort de l'impératrice.

de l'Eglise de son royaume à ceux qui lui Enfin le roi Charles le Chauve ayant nommé,

étaient attachés par un lien si étroit et si saint, pour les évêchcs d'Autun et de Chàlons, deux

Il y a aussi (luelque sujet de croire que les clercs de son palais, fit écrire par l'archevêque

peuples élisaient plus volontiers ces ecclésias- de Sens, Ganelon, ix Amulus, archevêque de

tiques du palais royal, tant pour faire uneélec Lyon, qu'il ne devait faire nulle difficulté de

tion qui ne fût pas contestée par le prince, que sacrer ces évèques nommés par le roi, et choi-

pour flatter le prince dans ses inclinations, en sis entre les ecclésiastiques de son palais, puis-

choisissant ceux qui probablement lui étaient que le pape Zacharie, et le concile de France

agréables. C'est ainsi que le clergé et le peuple sous le légat Boniface, avaient autrefois donné

de Chàlons élurent pour leur évêque Villebert, cette autorité à Pépin. « Non esse novitium

prêtre de la chapelle royale : « Quondam sacri aut temerarium, quod ex palalio honorabilio-

palatii presbyterum (Surius, die 19 Maii, c. iv, ribus maxime Ecclesiis rex procurât antistites.

xni; Junii die o, c. vi). o Nam Pipinus, exposita necessitate hujus regni

Saint Dunstan s'étant attaché à l'archevêque Zacharia^ Romano papa^, in synodo, etc. (Inter

de Cantorbéry après qu'il eut reçu les ordres Epist. Lupi, ep. lxxxi]. » Ceux qui étaient

inférieurs, fut par lui-même présenté au roi envoyés du palais (Ex palatio) pour remplir les

ilO DU SECOND ORDRE DES CLERCS. — CHAPITRE CENT-ONZIÈME.

ôvêchés, étaient probablement des clercs; assistait avec ses ecclésiasti(|nes à la psalmodie

Crodefj^and , néanmoins, et (pielques autres, du jour et de la nuit : « Cojjia vero clericorum

étaient de simples laïques. semper eum comitabatnr, cum (piibus in di-

XiV. Le moine de Saint-Gall a observé que la vino opère jugiter insudabat. Nocturno tem-

cliapelle du roi a tiré son nom de la chape de pore cunctos in oratorio diulius prievenire

saint Martin, (|ue nos rois faisaient toujours solebat, (juo expleto soins remanere solilus

porter dans leurs expéditions militaires, comme erat (Hibl. Clun., p. 95, 100). »

un sanctuaire de religion et un augure de la Les ai)procbes de la mort ne purent ralentir

victoire. l^'S saintes ardeurs de ce comte pour la jisal-

« Qnemdam optimum dictatorem et scripto- modie des offices; il les faisait chanter dans sa

rem Carolus Magnus in capellam suam assum- chambre aux mêmes heures qu'on les célébrait

psit, quo nomine Francorum reges, ])roi)ter dans l'église : « Jussit ut nocturnale coram se

cappam sancti, quam secum ob sui tuitionem, capellani peregissent, episcopo cum suis in

et hostium oppressionem jugiter ad bella por- ecclesia illud célébrante. Cum psallentibus au-

tabant, sancta sua appellare solebant (L. I, c. 4; tem et i|)se psallebat, donec i)ost matitunale

Du Chesne, tom. u, p. 103, J05). » officium omnes etiam diei horas compleret. »

Dans le testament de Charlemagne, le terme C'est ce qu'en raconte saint Odon, abbé de

de chapelle est appliqué à tous les vases d'or Cluny, dans la vie de ce saint comte. Il est

et d'aro-ent, aux ornements et aux livres de la aussi remarqué, dans la vie de saint Udalric,

sainte chapelle, dont il ne voulait point qu'on qu'il menait partout ses chapelains pour célé-

fît aucun partage : « Capella, id est, ecclesia- brer avec eux le divin service,

sticum ministerium, etc. (An. 877. Du Chesne, Ce qui a été dit de la chape de saint Martin,

tom. u p. 464). » f'iit assez connaître que nos rois avaient aussi

XV. Charles le Chauve fait mention de ses une sainte chapelle déambulatoire, qui les ac-

aumôniers dans ses capitulaires, et leur or- compagnait toujours dans leurs campagnes,

donne de faire après sa mort les charités qu'il connue une arche de sainteté et de protection,

leur avait recommandées : « Si nos in Dei, et qu'on y chantait toujours les offices divins.

sanctorum(iue ipsius servitio mors prœoccupa- La remarque de Valafride Strabon justifie que

verit eleemosynarii nostri, secundum quod les reliques des saints martyrs étaient aussi

illis commendatum habemus, de eleemosyna portées avec la chape de saint Martin. Nous

nostra decertent (Capitul. Raluz., p. '2-4-2, -262, avons ailleurs donné assez de preuves que l'on

célébrait continuellement la psalmodie divine

Il paraît, par les mêmes capitulaires, que devant les saintes reliques. les évêques, les abbés, les comtes et les gen- Les paroles de Valafride Strabon confirment tilshommes avaient aussi leurs aumôniers, et une partie de ce qui a été avancé dans ces que tous ces aumôniers n'étaient autres que deux chapitres. « Quemadmodum sunt in pales exécuteurs testamentaires. Ainsi, ils n'a- latiis comités palatii, qui sœcularium causas valent nul rapport avec les chapelains ni avec ventilant ; ita sunt et illi, quos summos capell'archichapelain. lanos Franci appellant, clericorum causis prœ-

XVI. Les offices de l'Eglise se chantaient lati. Capellani minores ita sunt, sicut hi quos

avec une piété exemplaire et avec une sainte Vassos Dominicos Callica consuetudine nomi-

majesté dans la chapelle royale : nous l'avons namus. Dicti sunt autem i)rimitus capel-

déjà fait voir en parlant du chant des psaumes lani, a cappa beati Martini, quam reges Fran-

ct des offices de l'Eglise, et de l'assistance édi- corum , ob adjutorium victoriœ in prœliis

fiante de nos rois à tous ces exercices de reli- solebant secum habere : quam ferentcs et cu-

gion. Nous venons de voir le pape Léon, (lui stodientes, cum cseteris sanctorum reli(iuiis

fait espérer que toutes les églises du royaume cierici capellani cœperunt vocari ( De rébus

se conformeraient au changement qu'il jugeait Eccl., c. xxxi). »

à propos de faire dans les offices de la sainte XVIL La chapelle des empereurs de Con-

chapelle. stantinople ne pouvait pas être moins privi-

Saint Gérard, comte d'Aurillac, avait une légiée que celle des rois et des empereurs

sainte chapelle, pour ainsi parler, déambula- d'Occident. Il est fait mention en diverses ren-

loire qui l'accompagnait toujours, et où il contres du prêtre du palais et des primiciers,

DU CLERGÉ DU PALAIS DU PRINCE, etc. 511

6 TTaVa; Toù ira).aT(ou, cl T:pt|xu.r.x7ipici (Cedrcnus, |), 418, ment poiii' la (léfeiise de la relifïion et de lem-

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