V. Ces quatre divisions regardent l'ordre
VI. La cmquième et la sixième division ont été prises des Eglises diverses, ou ou a asservi les clercs; et des offices, dont on les a chargés
VU. La septième et huitième se prennent des collèges des clercs, et des communautés soit régulières ou ecclésiastiques.
VIII. On a parlé des quatre premières jusqu'à présent; on parlera ensuite des quatre dernières.
I. Le Fils unique de Dieu s'élant revêtu de noire nature, et ayant ensuite possédé lui seul toute la plénitude du sacerdoce, communiqua celte même plénitude à ses apôtres, sans partage et saus division.
Ce fut néanmoins en exécution de ces ordres que les apôtres instituèrent des diacres pour le ministère du sacerdoce, et répandirent même sur les prêtres une partie de la plénitude du sacerdoce, en leur donnant la puissance de (juelques fonctions sacerdotales , mais non pas de toutes. Voilà la première division qui fût jamais faite des bénéiices.
II. La seconde division fut celle qui se fit de répiscopat même, quand on soumit les évêques les uns aux autres, et qu'au-dessus des évêques on établit des métropolitains, des exarques et des patriarches.
On aurait pu donner le premier lieu à cette division et la reconnaître de droit divin, aussi bien que la précédente, si l'on avait uniquement considéré la primauté que J.-C. donna à saint Pierre sur les autres apôtres, et par conséquent à ses successeurs sur les évêques qui
• le premier. Il semblait à Joseph Bonaparte qae cet honneur lui
• était dû comme au frère du chef de l'Etat. J<; lui 6s remarquer de 0 la manière la plus douce et avec la fermeté nécessaire en cette ren- 0 contre, que ma qualité de cardinal et de légat du pape ne me per- 0 mettait pas de prendre le second rang dans les signatures à appo- 0 ser; que dans l'ancien régime de France comme partout, les car- 0 dinaux jouissaient d'une préséance non contestée , et que je ne n pouvais pas céder en un point, ne regardant pas ma personne, mais 0 la dignité dont j'étais revêtu. Je rends à Joseph cette justice, qu'ao près quelques difficultés, il fit retraite de fort bonne grâce, et me o pria de signer le premier. Il devait signer le second, puis le prélat 0 Spina, le conseiller Crétet, le père Caselli, et enfin l'abbé Ber- « nier. » Plus loin, et après avoir raconté le triste incident que nous avons mentionné, il dit, p. 385 : a Minuit sonnait quand les six com- « missaires apposèrent leur signature dans l'ordre indiqué plus ■ haut. •
Nous demandons, après une telle révélation, comment il se fait
que, dans tous les exemplaires du concordat imprimés en France, même sous la surveillance de l'autorité ecclésiastique, dans le préambule, le nom de Napoléon Bonaparte est avant celui de Pie VII, et dans les signatures celui de Joseph Bonaparte avant celui du cardinal-légat Consalvi, celui de Crétet avant Spina, et Dernier avant le père Caselli? Nous avons sous nos yeux le texte de douze concordats; dans tous, le nom du pape est avant celui du chef de l'Etat, qui reçoit le concordat, et la signature du légat apostolique avant celle du délégué du prince.
Le légat Caprara exerça plus ostensiblement sa légation, et quoique gêné en tout il reçut cependant quelques honneurs.
En 1856, le cardinal Patrizzi, envoyé légat a latere pour la cérémonie du baptême du prince impérial, fut conduit à Notre-Dame comme un souverain, dans un carrosse à huit chevaux, avec une csci rte royale. Mais sa légation fut bornée au fait du baptême.
(Dr Andué.)
DIVISION DES BÉNÉFICIKRS, ET LEURS DIVERSITÉS, etc.
sont les successeurs des autres apôtres. Car enlin, ce n'est qu'un apostolat, ce n'est qu'un épiscopat : mais c'est un corps qui a un chef et (les membres. La primauté des métroi)olitains et des exaniues ou des patriarches sur les évèques de leur ressort est certainement une imitation et peut-être une participation de cette primauté de saint Pierre sur les apôtres; mais il est certain qu'elle ne peut aspirer à la même gloire d'avoir été immédiatement instituée par J.-C.
III. La troisième division est celle qui se fit par le démembrement du diaconat et par l'institution des sous-diacres, lecteurs, exorcistes, acolytes, portiers, chantres; car c'étaient autant de portions du diaconat.
Cette division n'est pas marquée dans les lettres saintes comme les deux précédentes. Ainsi, l'époque n'en peut être marquée au vrai avec une entière certitude. Au moins, on ne peut nier que tous ces ordres et tous ces bénéfices n'aient paru dès le troisième siècle, peutêtre même dès le second, comme nous l'avons montré en parlant des ordres mineurs.
IV. La quatrième division fut celle qui donna à l'Eglise des chorévêques, des archi prêtres et des archidiacres. Tous ces titres paraissent dès le quatrième siècle; il serait difficile d'en prendre l'origine de plus haut. On peut en voir les preuves dans les chapitres où nous avons parlé de ces dignités.
V. Les quatre divisions précédentes ont été faites par la seule considération de l'ordre. Quoique des personnes savantes aient cru que tous les ordres mineurs n'ont été d'abord que des offices institués pour soulager les diacres, c'est toujours par relation aux fonctions des ordres qu'ils ont été institués, et ils sont effectivement comme des ruisseaux émanés de la plénitude du diaconat. Les charges de chorévêques, d'archiprêtres et d'archidiacres ne sont aussi que des charges et des offices, mais avec un rapport essentiel aux ordres.
VI. Il se fit après cela deux autres divisions dans les bénéfices, qui n'eurent plus de rap-
|)ort aux ordres : la première se prit des lieux ou les clercs étaient asservis par leur ordination ou parla provision du bénéfice; la seconde concerna les offices qu'on leur commit. Les lieux où on les attacha furent des basiliques, ou des chapelles des martyrs, des oratoires domestiques, des cimetières, des hôpitaux, des monastères; les charges qu'on leur donna furent celles d'économe, de défenseur, de notaire, de sacristain, de mansionnaire, de syncelle, et autres. Je ne parle point ici des curés et des pénitenciers, parce cjue ce sont des charges inséparables de l'ordre de la prêtrise ; ces deux nouvelles sortes de bénéficiers parurent aussitôt après que l'Eglise eut été mise en liberté par l'empire du grand Constantin.
VIL Dans ces six divisions différentes, nous considérons chaque bénéficier en particulier. On peut les considérer comme composant un corps ou une communauté. On ne peut même nier que le premier clergé du monde, qui a été le collège des apôtres, n'ait été un corps de communauté pendant que le Fils de Dieu a vécu sur la terre, et dans les premiers commencements de l'Eglise naissante de Jérusalem. Il y a deux sortes de ces compagnies de bénéficiers : la première est de celles qui composent un corps ou un collège, sans vivre en communauté, tels que sont présentement les chapitres des églises cathédrales ou collégiales; la seconde est de ceux qui vivent en communauté : telles sont les abbayes et plusieurs congrégations purement ecclésiastiques.
VIII. Nous avons parlé ci-devant des quatre premières sortes de bénéfices, qui ont une connexion essentielle avec l'ordre. Il nous reste à traiter des quatre autres dans ce livre. Nous commencerons par les communautés soit ecclésiastiques, soit monastiques, parce que le corps du clergé a été institué par le Fils de Dieu même dans le collège des apôtres, qui a été la première, la plus sainte et la plus auguste des communautés qui furent et qui seront jamais.
Th. — Tome II.
Am
DES CONGRÉGATIONS. — CHAPITRE DErXIÉME.