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IX. Significations mystérieuses des habillements sacrés

X. Réflexions édifiantes sur la manière dont saint Fulgeuce, évèque de Ruspe, en usait pour ses habillements communs et sacrés.

L Les habits et les ornements consacrés au service divin ont été aussi de plus en plus distingués de ceux qui servaient aux ecclésiastiques dans l'usage commun. Mais quoiqu'ordinairement on affectât toujours quelque singularité sainte dans les ornements qui servaient à l'autel, il y avait néanmoins plusieurs sortes d'habits somptueux qu'on y apportait de la

Th. — Tome II.

vie civile. Or ce sont ces habits empruntés d'abord de l'usage commun, qui devinrent enfin propres aux ministres de l'autel par leur somptuosité, aussi bien que par leur antiquité, après que les séculiers eurent changé leur manière ancienne de se vêtir.

II. Rome était la capitale et de l'empire et de la religion ; c'est d'elle aussi que se répandirent dans le reste de l'Occident plusieurs usages divers dans les habits consacrés à l'autel.

Saint Grégoire le Grand eut de lia peine à accorder aux premiers diacres de l'église de Ravenne de se servir de certains linges ou manipules, en assistant leur évèque au service de l'autel, et il protesta à ce prélatque c'avait été contre la volonté, et nonobstant les oppositions du clergé de Rome qu'il lui avait accordé cette grâce, ce privilège ayant été réservé au seul clergé de l'Eglise romaine.

« Quod pro utendis a clero vestro mappulis scrip3istis,anostrisestclericisfortiterobviatum.

dicentibus niilli hoc un(iuain alii cuilibet Ecclesia; fuisse conctssiun. Scd nos servantes hoiiorem fraternitatis tnœ, licet contra voluntatem cleri nostri, tamen priniis diaconibus vestris, (juos nobis (juidain testiticati sunt, etiam ante eis usos fuisse, in obsequio duntaxat tuo mappulis uti i)ermittinuis : alio autem tempore, vel alias personas hoc agere, vehenientissinie prohibemus (L. ii, ep.rii, 5rs).»

L'évèque de Ravenne répondit à saint Crégoire que les prêtres et les diacres de Ravenne pouvaient bien user de cet ornement, puisqu'ils en avaient usé à la vue de tout le clergé de Rome, lorsque la nécessité des affaires ecclésiastiques les y avait appelés, et que les moindres églises des environs de Rome en usaient de même : et il envoya en même temps à Rome les originaux desprivilégesaccordés jusqu'alors [)ar le Siège apostolique aux évèques de Ravenne. aNam cum hocmiuoribus circaurbem ecclesiis licitum sit, poterit etiam apostolatus domini mei, si venerabilem clerum primai Apostolicœ suae Sedis requirere dignatur, modis omnibus invenire (EpistL). »

Nous dirons ailleurs qu'Alcuin, Raban et Amalarius sont demeurés d'accord que cet ornement de linge servait de mouchoir. « Mappula qua pituitam oculorum et narium delergimus. Sudarium, ut eo detergamus sudorem. »

Saint Grégoire même nous confirme dans la même pensée, quand il parle dans ses Dialogues de certaines religieuses qui firent présent à un moine de quelques mouchoirs. « Ab ancillis Dei mappulas accepisti. » Si c'était là l'origine et l'usage de ces manipules, il y a quelque sujet de s'étonner comment les églises de Rome et de Ravenne, le pape saint Grégoire et l'archevêque de Ravenne contestèrent avec tant de chaleur sur un sujet de cette nature. Mais il faut apprendre de là même que les petites choses ne sont plus petites dès qu'elles sont consacrées à la religion (L. ii Dial., c. 19).

On a agité, et on a résolu dans des conciles généraux des i)rati(iues qui ne paraissent pas aux yeux de la chair de plus grande conséquence. Ce sont comme les franges de la robe de J.-C. ou de son Eglise, qui ont toujours quelque chose de miraculeux et de divin , et qui méritent notre vénération.

III. Le même saint Grégoire défendit aux diacres de Catane en Sicile, d'user d'une chaussure plus magniûque que l'ordinaire , parce

que ses prédécesseurs n'en avaient permis l'usage qu'aux diacres de Messine. « Calceatos compagis procedere, etc. Quod solis diaconis Ecclesiœ Messanensis a pranlecessoribus nostris olini non dubitatur esse concessum (L. vu, ep. xxvui). » Les historiens romains ont parlé de cette chaussure royale , qu'ils api)ellent Compagiim rerjium.

Capitolin parle de la chaussure énorme de Maximin, « Calceamentum ejus, id est, compagum regium constat pede majus fuisse hominis vestigio. » Trebellius Pollio, en parlant de Galien, empereur, «Caligas gem matas ad nexuit, cum compagos reticulos appellaret, »

Revenons à saint Grégoire. Il écrivit à l'évêque de Syracuse, que si les sous-diacres de Sicile usaient des tuniques de lin, c'était parce que l'Eglise romaine, leur mère, le leur avait permis. « Unde habent hodie Ecclesiœ vestrœ, ut subdiaconi lineis in tunicis procédant, nisi quia hoc a matre sua Romana Ecclesia perceperunt (L. vu, ep. lxiv) ? » Il accorda à Arégius, évêque de Gap, en France, l'usage des dalmatiques qu'il avait demandé pour lui et pour son archidiacre, et les lui envoya de Rome. « Charitatis tuœ bona revocantes ad animum, hujus autoritatis nostrœ série, i)etita concedimus, atque te, et archidiaconum tuum dalmaticarum usu decorandos esse concedimus ; easdemque dalniaticas transmisimus (L. vu, ep. cxu). »

Jean, diacre, dans la vie de ce pape, dit qu'allant à cheval, et suivant la procession, il était reconnaissable par la foule de ceux qui l'accompagnaient, vêtus de chasubles et de tuniques de lin. « Cumque ex planetatorum mappulatorumque processionibus magnum pontificem cognovissent, etc. (L. u, c. 43; L. m, c. 59). » Il dit plus bas que les tuniques étaient à manches étroites, et qu'on en apporta une à ce saint pape, qu'on disait avoir été à saint Jean l'apôtre ; mais que la dalmatique était à larges manches , comme il paraissait par celle de Paschase, diacre de l'Eglise de Rome.

Cet auteur nous a retracé dans ses écrits les peintures de Gordien, père de saint Grégoire, avec une dalmatique et une chasuble par dessus. « Cujus habitus castanei coloris planeta est, sub planeta dalmatica (L. iv, c. 83, 8-4). » Et celle de saint Grégoire même vêtu en pontife, avec une dalmatique, une chasuble par dessus, et le pallium. « Planeta super dalmati-

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