II. Leur niagiiificence
III. C'étaient autrefois des habits communs. lîOIl serViaïU. »
IV. Des daimaliques et des cliasnbles repliées des diacres en Qn ne défeiulrait paS dc SO servir de CCS
certains jouis. , ,,.. , liabits sacrés daiis le commerce chil, s'ils n'y
V De la masnificence des habits sacrés. . . , ,. • . • i
VI. Divers usages de l'Eglise grecque. avaient servi aiitrelois , et SI (iiicl(iues-uns
vu. Les babils impériaux accordés au sacerdoce par Tempe- nioins respectueux ne les y eussent encore fait
reur Conslanlin, dans sa piélendue donation . ^ approprier CnCOrC davantage à
VIII. Du sac, du pluTnohon, des ornements de pourpre. cv.i»ii.iw ia ,| , ^ ^ o
IX. Des ornements propres aux patriarches et aux évèques. l'autel, on les cnricillSSait d or et de bro-
X. Raisons mystérieuses de ces ornements et de plusieurs ([q^ïq,^ comme il nous I)araît par le testament
""xL Des chasubles, des sacs, des étoles larges et étroites. de Riculphe, cvèque d'Elne.
xu. Du manteau et du paiiium. « Amictos cum auro quatuor, albas quinque,
XIU. Autres remarques du pallium des Grecs. ^^^^ claras, et planas duas. RoquOS quatuor,
unum purpureum cum auro; zonas quinque,
I. Des babits communs des ecclésiastiques, unam cum auro et gemmis pretiosis, et alias
il faut venir à ceux qui servent à l'autel. quatuor cum auro , stolas quatuor cum auro,
Tliéodulplie, évoque d'Orléans, renouvela unam ex illis cum tintinnabulis, et manipulos
dans son capitulaire (Can. xvui) les anciennes sex, unum ex iis cum tintinnabulis : casulas
défenses de faire servir aux usages communs episcopales optimas très , annulum aurcum,
les calices, les patènes et les autres vaisseaux unum cum gemmis pretiosis, et wantos paria
sacrés, pour ne pas imiter l'impiété sacrilège unum. »
de Baltliazar, à qui une semblable profanation n. Les reines mêmes consacraient leurs
ne coûta rien moins que la vie et l'empire. royales mains à ces i)ieux et magnifiques ou-
II n'est pas permis, suivant Réginon (Pag. 27), vrages , comme il paraît par la lettre que la
de célébrer la sainte messe avec la môme aube reine Ermentrude, femmede Charles leChauve,
qui servait aux usages communs : « Si absquc écrivitàPardulus, évêque deLaon : «Stolœcu-
alba, aut cum illa alba, qua in suos usus {juo- jus imposuistis laborem, libenter experiri cu-
tidie utitur , missam cantare prœsumat. » rabimus, etnoxium studebimus otium evitare.
Riculphe, évoque de Soissons (Cap. vu), avait (Lupus Ferrar., epist. lxxxix). »
tait la même défense dans son cai)itulaire : Eginliard témoigne que l'empereur Charle-
« Hoc omnimodis probibeinus, ut nemo illa magne fournit des vases et des ornements à
alba utatur in sacris mysteriis, qua in quoti- l'église avec une somptuosité qui égalait sa
diano vel exteriori usii induetur, » piété et son zèle , en sorte qu'il ne permettait
Les anciennes instructions synodales des pas seulement aux portiers qui sont dans le
évoques à leurs curés répètent cette même dé- dernier rang du clergé, de faire leurs fonctions
fense, et représentent tous les habits sacerdo- pendant le service divin, s'ils n'étaient revêtus
taux : « Nullus cantet sine amictu, alba, stola, d'ornements ecclésiasticiues dilférents des ha-
fanone, casula, et hœc vestimenta nilida sint , bits communs.
et ad nullos usus alios sint. Nullus in alba qua « Sacrorum vasornm ex auro et argento ves-
in suos usus utitur, prœsumat cantare missam timentoriimque sacerdolalium tantam in ec-
(Append. Baluzii ad Regin., pag.003, 607.)» Et clesia copiam i)rocuravit, ut in sacriiiciis cele-
dans un pontifical romain : « Missam jejuni brandis, ne janiloribus qiii(!em t|iii uitimi
tantuin, et non in vestibus communibus, sed ecclesiastici ordinis sunt, privato habitu mi-
DES HABITS SACHES DES ECCLESIASTIQUES
nistrarc iiecesse fuisset. (Du Chcsne, toni. ii, \niii. 103.) »
III. D'où il paraît encore que la coutume de célébrer le sacrifice avec les habits commuas s'abolissait peu à peu et par degrés jusqu'aux moindres ministres de l'Eglise. Ce (|u'on peut encore confirmer parce que le moine de Saint- Gall raconte du même empereur Cbarlemagne, qu'il allait à la chasse avec un habit fourré de peau de brebis de même prix à peu près que celui avec lequel saint Martin célébrait autrefois la messe : « Carolus habebat pellicium berbicinum, non multum amplioris pretii, quam erat roccus ille sancti Martini , quo pectus ambifus, nudis brachiis Deo sacrificium obtulisse, astipulationedivina comprobatur. (L. ii, c. 10).»
En eifet tous ces termes : a Alba, Casula , Cappa, Stola, » étaient les noms des habits communs, aussi bien que ceux des dalmatiques et des palliums, dont le même Charlemagne fit présent aux églises épiscopales d'Angleterre, afin qu'on offrît à Dieu des prières pour le rei)0s de l'àme du pape Adrien : « Aliquam benignitatem de dalmaticis nostris , vel palliis ad singulas sedes épiscopales direximus, in eleemosynam donmi apostolici Adriani. (Du Chesne, tom. n, p. ^23, 509.) »
Les dalmatiques étaient des habillements royaux aussi bien que le pallium, comme nous en assurent les Annales de Fulde , quand elles représentent Charles le Chauve, empereur, avec les habits des empereurs de la Grèce : « Nam talari dalmatica indutus , et balleo desuper accinctus, pendente usque ad pedes, etc.»
IV. Alcuin dit que les dalmatiques furent substituées parle pape Sylvestre aux coules, colobia , qui n'avaient point de manches : « Usus dalmaticarum a beato Sylvestro institulus est. Nam anlea colobiis ulebantur. Colobium vero est vestis sine manicis. Cum ergo nuditas brachiorum culparelur, a beato Sylvestro dalmaticarum reperius est usus. Est autem vestimentum in inodum crucis. (Dedivinis Offic, c. xxxix.) »
Cela peut servir à expliquer ce que le moine deSainl-Gall vient de nous dire que saint Martin avait autrefois dit la messe ayant les bras nus.
Le même Alcuin ajoute que les dalmatiques avaient les manches fort larges, et qu'aux jours que le diacre n'us;iit point de la dalmatique, il se ceignait le corps avec la chasuble, pour être plus dispos aux fonctions de son mi-
nistère, et pour montrer qu'il est l'exécuteur universel des mandements de l'évèciue : « Diaconus, qui non est indutus dalmatica, casula circumcinctus legit , ut expedite possit ministrare; vel quia ipsius est ire ad comitatum, propter instantiam necessitalis. »
Ce passage d'Alcuin mérite une réflexion toute i)articulière , parce (juil nous développe la raison d'un usage fort singulier dans l'Eglise. Le diacre, au lieu de la dalmatique, qu'il quitte presque tous les dimanches de l'Avent et du carême , se couvre d'une chasuble, mais en la façon qu'Alcuin le représente, s'en ceignant le corps, afin d'être plus libre et [dus dégagé dans l'exercice de ses fonctions. « Casula circumcinctus legit. »
Il est vraisemblable que ceux qui n'ont pas agréé cette mode de se ceindre avec la chasuble ont inventé l'étole large, qui tint lieu de la chasuble pliée et ceinte à l'entour du corps. Ainsi la dalmatique ayant été originairement un habit impérial, ou au moins d'une éminente dignité, on ne trouva pas bon que les diacres s'en servissent tous les jours, et aux jours qu'on la leur ôla, on leur rendit la chasuble, qui était l'ancien ornement.
y. Revenons à la magnificence et à la somptuosité des vases sacrés et des ornements sacerdotaux. Saint Odon, abbé de Cluny, ne désapprouve que la vanité de ceux qui ne sont passionnés que pour cet éclat extérieur qui frappe les yeux des hommes charnels , et qui négligent en même tem[)s de purifier leur cœur, pour se rendre agréables aux yeux de la vérité éternelle. «Nonnullivanitatis studio dediti auratis et accuratis vestibus , et vasis pretiosi metalli ad hoc sanclum mysterium celebrandum delectantur. Qui bene quidem facerent, si corda sua pariter in divinis oculis ornarent. ^Collât., 1. H, c. 3-â.) »
Il faut donc référer à la gloire de Dieu toute cette pompe extérieure de riches ornements, qui réveillent en nous le souvenir et l'amour des véritables richesses de la pieté intérieure. «Qui autem pulchritudini vasorum , vel vestium studet, ad solius Dei laudem in facial. »
Quant aux religieux propriétaires, qui amassent des trésors pour les consacrer à l'autel , c'est avec beaucoup de justice que ce saint abbé blâme ce désordre , et proteste que ces offrandes ne peuvent être agréablesàCelui auquel ils avaient voué le trésor incomparable de la pauvreté volontaire,
VI. Venons aux Grecs. Ijrnace, patriarche de romains : « Clericos sanctae Romana^ ecclesi.c
Constantinople, voulut être enterré avec la ornari decernimus , et ilhun liabcre amplitu-
cliape ou la cliasiihle de saint Jacipies , qu'on dinem et niajestatem, quaornatns eratma^rnus
lui avait envoyée de Jérusalem : « Venerandum noster senalus, seu patritii et consules et reli-
Jacobi fratris Domini su[)erhumerale { l-iw.'.: ) qnîr dignitates. »
cum venerationeilli induuut, (juod antealiciuot Cette donation ne fut pas fabriquée pour
aunos Hierosolymis sibi missum, etc. ( In vita donner quelque chose au pape, ou à ses cardi-
Ignatii). » nanx, mais pour donner une origine plus
C'était révoque de Jérusalem , qui avait en- haute et plus éloignée à tous les avantages
voyé cet estimable présent au patriarche Ignace, dont ils étaient déjà en possession. Il nous
par ceux même qu'il envoyait au concile Vlll suffit de remaniuer que tout le monde était
général pour y tenir sa place en (jualité de bien persuadé (juc les plus riches habillements
légats. Voici les termes de sa lettre, qui se lit du sacerdoce de l'Eglise avaient été commu-
dans la première session de ce concile. « Pode- niques par les princes temporels qui voulaient
rem etsuperhumerale cum mitra, pontificalem honorer ces honneurs mêmes , et donner un
stolam sancti Jacobi apostoli , primi archie- nouvel éclat à ces ornements royaux , en les
piscoporum , quam antecessores mei patriar- approchant de la royauté sacerdotale et céleste
cha- circumamicti semper in sancta sanctorum de l'Eglise.
ingrediebantur, sacerdotio fungeutes, qua et Le patriarche de Constantinople prétendit à
ego ipse indutus sum, transmisi, etc. » ces mêmes ornements impériaux du pape,
L'auteur de la vie du même saint Ignace, parce que leconcile I" de Constantinople cornremarque que Photius, faux patriarche de Cons- muniqua à la nouvelle Rome les avantages de tantinople , pour attacher plus étroitement les l'ancienne. Mais cette prétention ne réussit pas, prélats à son infâme parti , bénissait des cha- comme le dit Balsamon au même endroit. Le subies et des étoles, (ûac^op'.a, (opo-fta) et leur en fai- droit dont tous les patriarches d'Alexandrie sait des présents, « Humeralibus, et orariis et ont usé après saint Cyrille de porter le phryaUis status sacerdotalis coemj)tis iusignibus, gium , c'est-à-dire, la mitre précieuse , a été secreto preces super ea quasdain, si tamen pre- mieux fondé, au rapport de Balsamon au même ces, et non poliusdiraBexecrationes appellandœ endroit, parce que le pape Céleslin l'avait acsunt, pron untiabatjSicque ea singulis loco cordé à saint Cyrille, en le faisant présider en muneris largitionisque dabat. » sa place au concile œcuménique d'Ephèse (In
Le patriarche Ignace, dans la session II du Nomocan., tit. 8. c. i.) concile Vlll (Act. 2. Synod. vui), rendit la Vlll. Dans le droit oriental, Cahasilas, archechasuble ou le pallium aux évêques qu'il réta- vêque de Durazzo, demande si l'on peut ajoublissait en leur dignité, dont ils avaient mérité ter au sticliarion , et au phsenolion de pourpre d'être dépouillés par leur attache criminelle les figures des rivières et des croix en brodeau parti de Photius. « Sumens patriarcha rie qu'on ajoute aux ornements épiscopaux superhumeralia , tradidit eis. » Les prêtres blancs : et si l'ornement qu'on appelle le sac, complices du même crime furent rétablis en peut être fait de pourpre. L'archevêque dé recevant leur étole : « Susceperunt a patriar- Bulgarie, Demétrius Chomaténus lui répond cha oraria sua. » que les ornements de pourpre sont toujours
Vil. La donation prétendue de Constantin, simples dans l'Eglise, et qu'on n'y ajoute ni
rapportée par Balsamon, sur le Nomocanon de fleuves, ni croix. (Tom. i, p. 318.) Quant au sac,
Photius, fait accorder au pape tous les orne- comme les pontifes n'en usent que les jours de
ments impériaux, qui sont les mêmes que ceux Pâques, de Pentecôte et de Noël, il ne peut pas
du royal sacerdoce de l'Eglise : Prœterea etiam être de pourpre, puisque la couleur de pourpre
diadema, seu coronam capitis nostri; simul est destinée à marquer le deuil, et n'est em-
etiam lorum , et superhumerale , quod impe- ployée dans l'Eglise qu'aux jours de jeûne et
ratorium collum circumdat ; et simul etiam aux mémoires des morts,
purpuream chlamydem, ettunicamcoccineam « Interrog. An consentaneum sit, in purpu-
et indumenta regia,etc. » Cette libéralité se reis pontificalibus vestimenlis poni , quemad-
répaud sur tout le clergé, à qui sont accordés niodum et in albis, in stichario quidem flu-
tous les pompeux ornements des sénateurs mina (aTiy.âpiov «paivoXiov), in phœnoho autem cru-
DES HABITS SACRÉS DES ECCLÉSIASTIQUES
Gl
ces; et an purpureiis sacciis fieri debeat? Respons. (lonsuetiulo Ecclesiaî |)Oiitiricaliapurpurea indiiiiioiita simjjla vull esse, et sine |)rœdictorum lluminuin cruciuinque adjeclione. Saccum aulem purpiireum nequaquam novit ; quandoquidem saccus in tribus duntaxat anni celebribusdominicis festis suum usum prœbet nimirum niagno Pastlialis Dominico, Poutecoste et Natali Christi. Hoc ij^^itur satis pleuam fidem facit , saccus ut sit purpureus, necesse non esse. Cum etiam sint luctus insigne purpurea bujusmodi vestimenta. In solis enim jejunii diebus et mortuorum memoriis. »
IX. Entre les réponses de Balsamon à Marc, patriarche d'Alexandrie , en voici une à notre sujet. (Ibidem, pag. 381, û.) Comme les ornements qui sont propres aux patriarches ne peuvent être conmiuniqués aux évoques , tels que sont le sac et le polystaurion , c'est-à-dire la chape parsemée de croix : ainsi les habillements sacrés (jui sont réservés aux évoques ne doivent point être usurpés ni par les curés, ni par les abbés.
« Int. Licitum est, sacerdotes, quisuntabbates vel protopapa) , et pontifices super manicis et supergenualibus insigniri, an estvetilum? Resp. Supermanicarum , et supergenualium sacratissinms amictus , solis pontificibus attributus est , velut figuram obtinentibus Domini et Dei Salvatoris nostri Jesu Christi. Indeciue peccata etiam hominum remitiunt, aliaque majora ad imilationem Christi faciunt, quœ sacerdotibus data non sunt. Quare nec supermanicarum , nec supergenualium merebuntur aniictum. Nam supermanicœ figura sunt manicarum, quibus erant constriclœ manus Domini et Dei nostri Jesu Christi , quando ad voluntariam passionem contendebat. Supergenuale autem figura est lintei , quod induit Dominus , cum discipulorum pedes lavit. Quemadmodum igitur quaî patriarchis per indumenta gratiœ tributœ sunt, ulli alii non dantur episcopo, saccus videlicet et polystaurion; eosenimhiscedecorariplacuit utpote quorum nomina referuntur in sacris ad exlrema usque orbis habitabilis : sic et episcopis concessa privilégia sacerdotibus non dabunlur, ne Ecclesiaslicorum privilegiorum fiât confusio , et Creatori dicat creatura , exœquor tibi. »
X. Outre les raisons générales de la bienséance et de la magnificence des fonctions sacerdotales, dont il fallait imprimer le respect
et la vénération dans les esprits du vulgaire, il y avait encore des raisons mystérieuses qui autorisaient l'usage de tous ces sacrés ornements, comme nous venons d'apprendre. 2" II y avaitdesornements particuliers et plus riches atTectés aux dignités supérieures. ,T II y avait des couleurs affectées à certains offices. 4" Et tout cela était déjà d'une grande antiquité au temps que ces auteurs écrivaient, c'est-à-dire avant le douzième siècle.
Saint Germain, patriarche de Constantinople, qui vivait au commencement du huitième siècle, nous fait encore bien mieux connaître la nature , la forme et les significations mystérieuses de tous ces ornements sacrés. Il ditcjue l'étole (cTCAT.) représente l'habillement d'Aaron qui descendait jusqu'aux pieds, et si elle est rouge, c'est pour faire ressouvenir de l'humanité de J.-C. trempée dans son propre sang.- Les prêtres revêtus d'étoles représentent les séraphins avec leurs ailes. Les diacres, par la légèreté des ailes de leurs étoles imitent Tactivité et les courses des anges. La tunique blanche marque l'éclat et l'innocence de la vie céleste des ecclésiastiques. Les cordons de la tunique figurent les liens dont J.-G.futchargé. Le « peritrachelium, » qui environne le col, et « l'epitraclielium, » qui descend sur les deux épaules, figurent les chaînes, la croix et le roseau du Fils de Dieu dans sa passion. La ceinture marque sa divinité et son empire. La chasuble représente la robe de pourpre dont J.-C. fut revêtu. Le pallium de l'archevêque figure l'étole du grand prêtre Aaron. Le pallium des évêques signifie la peau de la brebis égarée ; les croix dont il est chargé montrent la nécessité de se joindre au Fils de Dieu pour porter sa croix.
XI. Le çE/.ûvi&v ou oxiv'Jxicv des prêtres grecs, à quoi répond le terme latin « penula, » n'est autre chose que la chasuble des Latins, en forme de sac , n'ayant qu'une ouverture au milieu pour passer la tête , et du reste couvrant tout le corps, telles qu'étaient les anciennes chasubles, qu'il fallait rejdier sur les bras de part et d'autre. La chasuble des prêtres était ou violette, c'est-à-dire de pourpre, pour les jours déjeune, ou blanche pour le reste de l'année : celle des évêques était enrichie de croix. Mais cette distinction rapportée par Siméon de Thessalonique, était postérieure au temps de Balsamon, qui vient de réserver aux patriarches le Polystaurion.
(12 DU SECOND ORDRE DES CLERCS. — CHAPITRE QrARANTE-NEUVIÈME.
Le sac était un orncmt'iit iiii|)érial , comniii- diacres, il lui (Ma la cliasubh^ et rélole, « Omni nique ensuite au\ patriarches et aux métro- jmntificatus et presbyteratus honore privapolitains, ayant efïectivenient la figure d'un mus. » Nous reviendrons à la matière du palsac, sans manche et sans plis, pressant le corps lium , après avoir remarqué , que le « sticliade près; les patriarches même ne le portaient rium » des Grecs ( (7Tt-/.!xptcv aTcr/.âf t&v ) était l'aube qu'aux trois plus grandes fêtes de l'année, des Latins, et était commune aux sous-diacres Codin assure (jue les empereurs en usaient aux et à tous les ordres su|)érieurs. jours solennels. « Quando imperator lert stem- Le patriarche Cermain nous a assuré qu'il ma, aliud indumentum non gestat, prœter était blanc. Siméon de Thessalonique en dit saccuni et diadema. ( De officiis aulœ Const., autant. Codin fait cette peinture de l'archic. VI. » diacre du palais. « Gestans consuetum sibi sti-
L'étole commune aux prêtres et aux diacres charium, et super ii)sum phelonem, casulam,
était appelée «orarium ; les prêtres la portaient non aulcm epitrachelium , sed orarium. (De
sur les deux épaules et la laissaient flotter de officiis Eccl. Const., c. ix). » N'étant que diacre,
part et d'autre , sans la lier. Les diacres ne la il ne pouvait pas porter l'étole large; mais
portaient que sur l'épaule gauche. Mais les i)arce qu'il était l'archidiacre du palais, il por-
prêtres avaient encore une étole qui leur était tait par privilège la chasuble. Les sticharions
propre, qu'on appelait « epitrachelium ; » elle étaient de couleur de pourpre ou violette en
était plus large que l'autre étole, et on la liait carême, excepté aux jours de l'Annonciation,
devant l'estomac. Enfin sur l'étole commune des Palmes et du grand samedi, selon le même
le mot à-|-n; était écrit ou brodé trois fois , ce Codin.
qui n'était pas dans l'épi Irachelium. Ce que le XIII. Le polystorium, dont il a été aussi parlé,
patriarche Germain a appelé «peritrachelium,» n'est autre chose que le pallium, ou omoplio-
ne semble être autre chose que l'étole étroite rion des évêques. Ce n'est qu'une bande large
des prêtres. environ de quatre doigts on un peu plus , qui
XII. 11 y avait encore un manteau, u-av^ua?, environne le col, et descend devant l'estomac
qui était conmiun aux empereurs et aux évê- par-dessus la chasuble, jusqu'au-dessous des
ques. Codin parle souvent de celui des empe- genoux, toute parsemée de croix (L. i, ep. 136).
reurs, « imperator induit super saccum et On le donne à tous les évêques de l'Eglise
diadema mandyamaureiim. (Ibid., c.xvu. » 11 grecque quand on les ordonne, et Isidore de
n'a pas oublié celui des évêques, « episcopi Péluse dit qu'il est tissu de laine et non de lin,
ad honorem impcratori habendum profecti , afin de rei)résenter plus proprement la brebis
venerantur illum,cum mandyis suis fluvios égarée, que le bon Pasteur rapporte sur ses
habentibus (De officiis Eccl. Const., c. xx.) » épaules.
Ce manteau était une chape très-ample et Le VllI" concile général fit une sévère répriflottante de toutes part si l'étoffe ou la broderie mande aux évêques qui portaient ce pallium , était à ondes, et outre cela il y avait au haut en toutes sortes de lieux et de temps , « quovis quatre pièces ajoutées , et vers le milieu des tempore divini sacrificii, autquacumqueecclerubans, de couleur rouge ou blanche; et tout siastica functione, » au lieu que les canons ne cela figurait ces torrents de grâce et de sagesse leur permettent d'en user qn'à des temps et des qui doivent couler, selon l'Evangile, du ventre lieux réglés, « certis statisque temporibus et de ceux qui ont reçu la plénitude de l'Esprit- locis. »
Saint du sacerdoce. C'est ainsi que l'explique Isidore de Péluse a remarqué que pendant
Siméon de Thessalonique. qu'on récitait l'évangile, qui est la parole
Le pallium se donnait aux évêques quand vivante du Pasteur éternel, l'évêque déposait
on les ordonnait; l'étole large aux prêtres, le pallium entre les mains d'un diacre, et Si-
l'étole étroite aux diacres, le sticharion aux méon de Thessalonique dit qu'il ne le reprc-
sous-diacres. On leur ôtaitcesmêmesornements nait que pour communier au corps et au sang
en les dégradant. Nous avons déj<à remanjué de J.-C. Dans les messes où l'on ordonnait un
que le patriarche Ignace , en rétablissant les évêque, le célébrant portait le pallium durant
évêques et les prêtres, rendit le pallium aux la cérémonie de l'ordination,
seconds. Lorsque le pape ou anti[)ai)e Léon Voilà ce qui se dit counnunément du pallium
déposa Benoît V, pape, et l'abaissa au rang des ou de polystaurion des Grecs. Zonare néan-
DES HABILLEMENTS DES CLERCS DANS LA VIE CIVILE
moins assure que les évèqucs de Césarée , rion dans leurs églises. « Quibus etiam propte-
d'Ephèse , de Tliessalonique et de Corinlhe rea prairogative nomiue polyslauria in suis
ayant été déclarés exaniuos, c'est-à-dire primats ecclesiis geslare i)erniissuni est (In Can.xvu,
ou petits patriarches, ce fut comme une suite Calced.). » Nous tâcherons dans la suite de con-
nécessaire de leur laisser porter le polystau- cilier ces contrariétés.