‹ Ancienne et nouvelle discipline de l'ÉgliseChapitre 38 sur 291 · DU PALLIUM DES LATINS PENDANT LES HUIT PREMIERS SIECLES · texte numérisé non relu

DU PALLIUM DES LATINS PENDANT LES HUIT PREMIERS SIECLES

I. II. Saint Césaire est le premier qui ait obtenu le pallinm d'Arles, qu'il l'accorda, et puisque les lettres

des papes. Ses successeurs dans l'archevêché d'Arles conti- . -, - j ji ,: . • ,:,

nuèrent de le demander et de l'obtenir. Il était nécessaire que ^ ""^ ^^^ peraues, il ^ a lieu oe croire qu 11

les rois le demandassent, et que l'empereur de Constanlinople l'accorda de la même manière que le pape Vi-

y consentit. gjie^ faisant gloire de marcher sur ses pas, le

III. Réfutation d'un auteur nouveau, qui conclut de là que la „„i-„.,„ ' *,,„, • „ r- x-- -i

France relevait encore de l'empire. continua a Auxanius, son successeur. Car Vigile

IV. V. VI. Pourquoi le consentement des empereurs ne fut (Epist. il) témoigne qu'il ne fait que Suivre

pas toujours demandé par les papes. Symmaque : « Ut agenli vices nostras pallii

MI. Mil. Le vicariat et la légation du Samt-Siege apostolique i •< . i-, • . -,

accompagnait souvent le paliium. non desit ornatus, UPUm tibi ejus, sicut prae-

IX. Le paliium était donné sans suspendre ces métropolitains decCSSOri tuo prœdecessor noster sanctœ recordesfonctiousponliticales, jusqu'à ce qu'ils l'eussent reçu dationis Symmachus legilur COntulisSC, beati

X. Exphcation du canon du concile de Maçon, qui fit cette •' ^ ' limitation. Du paliium français. Pétri sancta autoritate concedimus. »

Ce pape ne dit pas qu'il accorde le paliium à

I. Du paliium des Orientaux nous sommes Auxanius, comme les papes ses prédécesseurs

insensiblement tombés à celui des métropoli- l'avaient accordé aux précédents évêques d'Ar-

tains d'Occident. les, mais comme Symmaque l'avait donné à

Le pape Symmaque semble avoir été le pre- Césaire. L'auteur de la vie de saint Césaire dit

mier qui ait donné le paliium à un métropo- la même chose (L. i, c. 20).

litain français. Ce fut à saint Césaire, évêque 11. Or Vigile ne donna le paliium à Auxa-

nius qu'après ses instantes prières, qu'après l'entremise du roi Ciiildebcrt, et enfin après avoir eu l'agrément de l'empereur de Constantinople.

Voici ce que ce pape écrivit à Auxanius (Epist. i) : « De his quœ charitas vestra, tam de usu pallii, quam de aliis sibi a nobis petiil debere concedi , libenti lioc animo etiam in prœsenti facere sine dilatione potuinius, nisi cum Christianissimi Domini filii nostri imperatoris, hoc sicut ratio postulat, voluissemus peiTicere notitia. Ut et Yobis gratior praestitorum causa reddatur, dum quœ postulastis, cum consensu christianissimi principis referuntur, et nos honorem fidei ejus servasse cum competenti reverentia judicemur. »

Dans la lettre suivante (Epist. n), écrite après avoir obtenu le consentement de l'empereur par l'entremise de Bélisaire, ce même pape avertit Auxanius de ce qu'il doit faire à l'égard de l'empereur et de l'impératrice. « Oportet fraternitatem vestram Deo preces effundere , ut clementissimos principes Justinianum atque Theodoram sua semper protectione custodiat, qui pro his vestrœ charitati mandandis, suggerente patricio Belisario, pro quo item vos convenit exorare, pia prœbuerunt devotione consensum. » Quant à la demande et au consentement du roi Childebert, voici ce qu'il en écrit : « Sicut nos pro tuae charitatis affectu, et pro gloriosi filii nostri Childeberti régis mandatis, vices nostras libentissima voluntate contulimus, etc. »

Mais quelque bienséance, ou quelque nécessité qu'il y eût d'avoir le consentement de l'empereur et du roi, c'était néanmoins par l'autorité apostolique que ce pape accordait le pallium : « Beati Pétri sancta autoritate concedimus. »

111. Un docteur nouveau a prétendu que la nécessité du consentement de l'empereur était une marque de la dépendance du royaume et des rois de France à l'égard des empereurs de Constantinople ; d'où vient aussi, dit-il, que saint Grégoire donna le pallium à saint Léandre, archevêque de Séville, sans y faire mention de l'agrément de l'empereur, parce que les rois Goths d'Espagne ne le reconnaissaient plus ; au lieu que le pape Vigile fit consentir l'empereur à ce qu'on envoyât le pallium aux évêques de France.

Ce docteur, ou trop passionné pour l'Espagne, ou trop animé contre la France, eût pu

se détromper de cette fausse imagination, s'il eût fait attention à la lettre que nous venons de citer. Le pape y exhorte Auxanius, en reconnaissance de ce bienfait, de travailler avec une sollicitude vraiment épiscoi)ale à entretenir la bonne intelligence qui était entre le roi Childebert et l'empereur. « Horlamur, ut sacerdotali opéra inler gloriosissimum ^irum Childebertum regem, et antedictum clementissimum principem , conceptae grati.T documenta paterna adhortatione ipervetis. » 11 écrivit la même chose à Aurélien , successeur d'Auxanius, dans l'évêché d'Arles. « Inter clementissimum principem et gloriosissimum Childebertum regem gratiœ intacta^ fœdera custodire (Epist. v). Cette paix et celte bonne intelligence s'entretient entre des égaux ou entre des princes mutuellement indépendants, non pas entre les souverains et leurs vassaux.

Cet auteur eût mieux rencontré s'il eût dit que le pape étant encore sujet de l'empereur, aussi bien que la ville et les environs de Rome, lui rendait ce témoignage de déférence de le consulter dans les affaires importantes, de ne pas communiquer sans son agrément le pallium, qui était une effusion de la gloire et de la majesté impériale, et avait été primitivement un bienfait des empereurs ; de ne pas dispenser lui seul des lois impériales qui interdisaient aux particuliers sous de grandes peines l'usage des habits impériaux : enfin de ne pas faire des grâces extraordinaires et par ce moyen s'unir par de nouveaux liens à des évêques et à des souverains, dont l'empereur pouvait concevoir de la jalousie, sans l'en avoir averti.

Il aurait pu dire aussi avec raison que l'on gardait encore quelques mesures avec l'empepereur dans la disposition ecclésiastique des pays qui venaient nouvellement d'être soustraits de son obéissance , et dans la création d'une nouvelle autorité dont devaient relever non -seulement les évêques du royaume de Childebert, mais d'autres aussi, que le métropolitain d'Arles avait accoutumé d'ordonner, et qui n'étaient peut-être pas encore soumis à Childebert ou soustraits à la domination impériale.

C'est une conjecture qui se tire naturellement de la chose même, puisque le pape Vigile adresse sa lettre du vicariat apostolique d'Arles à ces deux sortes d'évêques. « Universis episcopis, qui sub regno Childeberti régis

consliliiti sunt : sed et his qui ex antiqua consuetiidine ab Arelatensi consecrati sunt, vel consecrantur antistite (Epist. m). »

Enfin cet auteur eût mieux raisonné s'il eût dit que le pape ne pouvant donner le oallium et le vicariat apostolique à l'archevêque, sans lui donner rang et séance entre les patriarches , après les grands patriarches , avec les archevêques de Thessalonique, de la nouvelle Justinienne, etc. , en reculant ('errière eux tous les autres métropolitains dans un concile général ; il était au moins de la bienséance de ne pas faire une innovation si considérable dans la disposition générale de l'Eglise, sans en prendre l'avis des empereurs qui avaient eux-mêmes très-souvent des déférences si respectueuses pour l'Egliss.

Nous en dirons davantage sur ce sujet contre les ridicules prétentions de cet autour, dans la suite de ce discours.

IV. Ce même pape accorda son vicariat apostolique à Aurélien, successeur d'Auxanius, et lui envoya le pallium en même temps , avec charge d'entretenir la paix entre l'empereur et le roi Childebert , et d'écrire une lettre de remercîment à Bélisaire, qui avait aussitôt averti le pape du consentement de l'empereur, et avait épargné la peine de ce long voyage à celui qu'Aurélien envoyait pour cela à Coustantinople. « Qui homini vestro laborem ad clementissimum principem abstulit transeundi, sed mox ut responsum recepit , nobis suis litteris indicavit (Epist. m.) » Le roi Childebert avait demandé cette grâce pour Aurélien non pas à l'empereur, mais au pape. « Childeberti régis voluntas accessit. »

y. Pelage I" (Epist. vi, vu) accorda le pallium à Sapaudus , évêque d'Arles , avec le vicariat apostolique , après que le roi Childebert et Sapaudus l'eurent demandé par lettres et par des envoyés exprès. « Litteras nostrasconsacerdoti Sapaudo secundum petitionem vestram direximus, usum pallii pariter concedentes. » Et dans sa lettre à Sapaudus : « Pariter tibi pallium dirigentes, ut in tanti loci fastigio constitutus, prœclaroquoque habitudecoreris.o En effet il était par là établi le premier évêque du royaume, comme lieutenant du pape. « Ut Sedis nostrœ vicarius institutus, ad instar nostrum, in Galliarum partibus primi sacerdotis locum obtineas. »

VI. Ce pape ne fait nulle mention de l'empereur, ou parce que la même bonne intelligence

ne subsistait plus entre lui et le roi Childebert, ou parce qu'il jugeait que le consentement une fois donné à ses prédécesseurs et aux prédécesseurs de l'évêque d'Arles devait suffire, ou narce que tous les évêques oue celte léj^ation soumettait à l'évêcuie d'Arles, étaient sous la donîmation du roi Childebert.

Saint Grégoire envoya aussi le pallium à Virgilius , évêoue d'Arles , oui avait employé pour cela, non-seulement ses prières, mais aussi celles du roi Childebert. « Quod juxta antiquum m.orem usum oallii ac vices Sedis ApoGiolicœ postulacti , absit ut aut transitoriœ potesta-is culmen , aut exterioris cultus ornamentum in vicibus nostrisacpallio quœsisse te suspicer, etc. Libenti animo postuiata concedimus, neautauidauamvobisdedebito honore subtrahere , aut nrœcellentissimi filii nostri Childeberti petitionem contempsisse videamur (L. IV, en. 50 53.) » Et dans sa lettre au roi : « Virgilio vices nostrasjurta antiouum morem, et excellentiae vestrae desiderium commisimus.»

Il n'est noint ici parlé du consentement de l'emnereur, nour accorder le pallium à l'évêaue ô'Aries, mais quand ce même pape le ûonnaàSyagrius évêque d'Autun(L. vu. ep. 5), il fit savoir à la reme Brunehaut que l'empereur avait agréé cette nouvelle grâce qu'on faisait à un évêque dont les prédécesseurs n'en avaient jamais joui. « Propter quod et serenissimi domni imoeratoris , quantum nobis diaconus noster qui anud eum responsa Ecclesiœ faciebat, innotuit, prona voluntas est, etconcedi hoc omnino desiderat. »

C'est la véritable raison pourquoi ce pape attendit le consentement de l'Empereur pour donner le pallium à l'évêaue d'Autun , et ne l'attendit pas pour l'évêque d'Arles; que le pallium avait été donné aux [)rédécesseurs, et en quelque façon à l'Eglise de l'évêque d'Arles, ce qu'on ne pouvait pas dire de l'évêque d'Autun.

Concluons donc aussi que si le pallium a été donné par saint Grégoire à saint Léandre, évêque de Séville , avec la légation et le vicariat apostolique , sans demander l'agrément de l'empereur de Constantinople , c'est parce que ce n'était qu'une continuation d'un ancien bienfait. Car avant saint Grégoire le pape Simplicius avait accordé la même légation apostohque à l'évêque de Séville, et le papeHormisde avait fait la même faveur à Salluste, évêque de la même ville.

Cela donne un juste fondement de croire que les autres papes n'avaient pas refusé la i.:iêrne grâce aux autres évêques de Séviile. 5n effet, quoique ces grâces semblassent être personnelles, et que chaque évêque dût les obtenir par ses instantes prières, le pape néanmoins confessait en les accordant , que ce n'était qu'une continuation et une suite de Thonneur dont les évêques du même siège avaient joui , comme on a pu remarquer ci-devant, et comme saint Grégoire même témoigne dans la formule de la concession du pallium (L. x, ep. 56.) Enfin , il proteste lui-même en envoyant le pallium à Léandre, qu'il ne fait que se conformer à l'ancienne coutume. « Antiquae parère cons'jetuûini (L. vn, ep. 27. ) »

De tout cela il paraît combien le docteur Flamand s'est éloigné de la vérité, dans les conjectures qu'il a tirées de cette diverse conduite de saint Grégoire pour les nalliums de la France et de l'Espagne. En effet , si saint Grégoire a envoyé à l'archevêque de Séviile le pallium, sans en prendre avis de l'empereur? il en a usé ce même pour l'archevêoued'/ ries. Sa condui^.e a donc été semblable pour les deux royaumes, et on n'en peut pas tirer de conséquences contr?.ires pour la dépendance ou l'indépendance de l'empereur.

Si ce saint pane a demandé le consentement de Temnereur pour le pallium de l'évêqued'Autun,etnon pas pour celui d'Arles, ces deux évêques étant également dépendants du roi Chi^debert, et également indépendants del'empereur, il Îvm'. chercher une autre raison de cette diversité de conduite , et celle que nous avançons est tout à fait vraisemblable. A quoi il faut ajouter que le même pape Grégoire étant pressé par l'évêque de Vienne de lui donner le paiiium, il lui fit réponse qu'il n'avait trouvé dans ies chartes de Rome aucun exemple du pallium donné aux précédents évêoues de Vienne ; que si dans les chartes de l'Eglise de Vienne il en trouvait, qu'il l'en informât (L. VII. ep. 116.)

VII. Or, qu'il fallût employer les plus pressantes prières pour obtenir le paiiium , outre les preuves qui en ont déjà été rapportées, le pape saint Grégoire le dit fort clairement à la reine Brunehaut, l'assurant qu'on ne l'accorde qu'à un grand mérite, et à de fortes sollicitations. a Maxime quia et prisca consuetudo obtinuit, ut honor pallii nisi exigentibus causarum meritis , et fortiter postulanti dari non debeat. »

C'est pour cela qu'il veut que Syagrius , évêque d'Autun, en fasse lui-même la demande et la fasse faire par d'autres évêques: « Facta cum aliquantis episcopis suis petitione, etc. (L. vu, epist. 5.) » Comme si ce saint pape avait prévu, et avait tout ensemble voulu prévenir la médisance de ceux qui ont dans ces derniers siècles décrié le pallium, comme le joug d'une servitude nouvelle , artificicusement inventée pour asservir à Rome les métropolitains.

Au contraire, le pallium ne fut donné qu'aux instantes prières des souverains, aux imursuitcs des évêques, si l'on excepte et Syagrius d'Autun, et l'évêque d'Ostie, à qui Anastase bibliothécaire dit que le pape Marc permit d'en user en consacrant les papes, et Aiglibert évêque du Mans, favori et archichapelain du roi Thierry III, que le père le Cointe prouve avoir reçu le pallium en 685, avec la qualité d'archevêque , c'est-à-dire , la préséance et la primauté entre les évêques de la province de Tours, comme Syagrius avait obtenu une pareille prééminence dans sa province avec le pallium.

Si l'on excepte donc ces trois prélats , le pallium ne fut donné hors de l'Italie , et les pays voisins, qu'aux légats du pape , c'est-à-dire , à un seul métropolitain de tout un royaume , qui bien loin de se voir par là plus dépendant et plus limité dans ses pouvoirs, se voyait au contraire élevé à un nouveau comble de gloire et de puissance, devenant le primat et comme le patriarche de tout un royaume.

Vlïl. En effet nous voyons que conjointement avec le pallium, des papes donnèrent aux archevêques d'Arles, de Séviile, de Cantorbéry, de Mayence, le vicariat ou la légation apostolique, qui était une participation de la puissance patriarcale du pape sur les métropolitains. Les métropolitains eux-mêmes ont recherché avec ardeur d'être aussi honorés du pallium, et encore a-t-il fallu trois ou quatre siècles pour le leur rendre commun à tous. Nous avons assez parlé ailleurs des primaties ou des vicariats apostoliques de divers royaumes de l'Occident, et nous avons montré que ce n'était qu'à ces métropolitains qu'on envoyait le pallium.

Il est vrai que saint Grégoire et ses successeurs envoyèrent deux palliums en Angleterre, pour Cantorbéry et pour York; mais il est aussi certainque ces deuxmétropolitainsavaient réciproquement des droits patriarcaaux, puisque le survivant faisait élire et ordonnait le successeur de l'autre.

Un autre exemple du palliuni donné à de porter la qualité d'archevêque : aussi ce canon

simples mélroi>olilains , est contenu dans la ne parle (ju'au singulier, et se sert du mot

lettredui)apeZacliarieàsaintBoniface(Epist,iv) d'archevêque, et non pas de celui de métro-

où il donne le pallium à. trois métropolitains,, politain.

Grimon, Abel et Artbert. Encore peut-on dire X. Il y en a qui veulent que ce canon com-

que ces métropolitains étaient en même temps prenne tous les métropolitains, et ne parle que

chargés des missions apostoliques, et de lacon- d'un pallium qui fût commun et propre à tous

version des gentils. les métropolitains de France, différent de celui

Confessons néanmoins que ce sont là les de Rome , et qui en tirent une preuve de ce

commencements de la communication du que ce canon commande l'usage du pallium à

pallium à de sinqjles métropolitains : cela n'ar- toutes les messes, au lieu que celui deRome ne

riva qu'au milieu du huitième siècle (An. 7U.) se devait porter qu'à certains jours solennels

IX. Je nedirai rien ici des pouvoirs extraordi- (Marca Concord., 1. vi, c. 7.) Mais ils devraient naires que le pape accordait avec le pallium et nous avoir donné quelques autres preuves de le vicariat apostolique. Nous en avons assez ce pallium français, différent du romain. Car parlé dans le chapitre des archevêques et des il n'en paraît ailleurs aucun vestige. Ils déprimais ou exarques. On peut recourir aux vraient nous avoir montré que ce pallium lettres que nous avons citées, et on peut dire en français était propre et particulier aux métroun mot que c'était une communication de l'au- politains, et interdit aux autres évêques. torité patriarcale. Pourquoi Syagrius aurait-il recherché si pas- Ce n'est donc pas là ce qui augmentait l'au- sionnément le pallium romain pour se distintorité du pape , ni qui diminuait celle des mé- guer des autres évêques , pouvant le faire par tropolitains ; mais l'autorité du pape se com- le pallium français ? Comment les autres évêmuniquait aux métropolitains, qui en vertu de ques de France n'auraient-ils jamais demandé la dignité de primat dont ils étaient revêtus, ou extorqué ce pallium français? Et pourquoi pouvaient connaître in partibus^ c'est à-dire ce canon [se sert-il du mot [d'archevêque , qui sur les lieux , de plusieurs causes , qu'il aurait n'était point encore donné aux métropolitains ? fallu sans cela porter au Saint-Siège: ce qui Quant à la limitation de certains jours solenaugmentait et affermissait la liberté des Eglises, nels, on ne la trouvera point dans les lettres dont les causes se jugeaient sur les lieux. des papes Symmaque, Vigile, Pelage, qui ont

C'est donc en vain que l'on traite l'usage du envoyé le pallium aux archevêques d'Arles, et

pallium de servitude; en effet, quoique les mé- c'est peut-être le sens et le dessein de ce canon

tropolitains fussent obligés de subir le juge- de leur prescrire l'usage ordinaire du pallium

ment de l'exarque, avant que de subir celui à la messe, parce qu'ils n'ignoraient pas que

du pape , ce n'était pas une nouvelle servitude l'usage en était limité pour d'autres à des jours

que l'on imposait aux métropolitains, puisque extraordinaires.

dès la naissance de l'Eglise ils avaient été assu- Il est vrai que saint Grégoire limita l'usage

jétis au jugement du concile provincial; mais du pallium à la messe et dans l'église , en l'ac-

c'était plutôt étendre la liberté du primat et du cordant à l'évêque d'Arles, mais ce ne fut que

diocésain, et rétablir son ancienne autorité. quelques années après ce concile de Màcon.

Enfin , pour revenir à ces épitres des papes , Enfin, quand cette supposition serait véritable, dont nous avons parlé ci-dessus, on ne [leut il faudrait après cela n'être plus surpris, si remarquer dans toutes ces lettres aucun ves- lorsque les métropolitains de France ont pourtige qui nous indique que le pallium ait suivi et enfin obtenu le pallium romain, la apporté aucune altération à l'autorité et aux même limitation qu'ils avaient eux-mêmes droits des métropolitains. établie pour le pallium français, est demeurée

Ce sont les évêques qui se sont eux-mêmes de ne point faire de fonctions pontificales sans

réduits à ces usages. Car c'est le concile I de le pallium.

Màcon, tenu en 581, qui défend à l'archevêque Fortunat parle bien du pallium orné de croix

dédire la messe sans avoir son pallium. «Ut de l'évêque de Tours : « Pallianam meruit,

archiepiscopus sine pallio missas dicere non sunt quœ cruce textile pulchra (L. ii. c. 3) ; »

pra?sumat. » Il n'y avait alors que le métropo-^ mais il ne dit pas que ce pallium fût projjre

litaiu d'Arles qui eût le pallium, et qui pût aux métropolitains.

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