‹ Ancienne & nouvelle discipline de l'EgliseChapitre 104 sur 297 · X. On y lût sa yie longtemps après sa mort · texte numérisé non relu

X. On y lût sa yie longtemps après sa mort

XI. Preuves tirées des autres papes pour Tobllgation des offices.

I. Nous passerons d'Afrique en Italie après avoir dit un mot de TEglise anglicane, qui n'a été formée que sur celle de Rome.

L'apôtre d'Angleterre Augustin apprît par la réponse de saint Grégoire à ses consultations le soin extrême qu'il devait avoir d'appliquer tous les ecclésiastiques à la psalmodie, a De clericorum stipendio cogitandum est, et sub ccclesiastica régula sunt tenendi ; ut bonis moribus vivant^ et canendis psalmis invigilent (Reda, hist. AngL, 1. 1^ c. 27 ; 1. in^ c. 5). d

Le saint évoque d'Angleterre Aidan^ ne se contentait pas d'obliger ses ecclésiastiques à une psalmodie et à une lecture continuelle, qui sont les deux parties essentielles des ofQces de l'Eglise : il imposait la même loi à tous les laïques de sa famille : c'est à quoi il les appliquait en toutes sortes de lieux et en toute sorte de temps, en public et en particulier. Si le roi lui faisait quelquefois l'honneur de le faire manger à sa table, ce qu'il évitait néanmoins autant qu'il lui était possible, il y allait accompagné d'un ou deux ecclésiastiques^ et sortait au milieu du repas pour aller s'acquitter de son office et pour vaquer à la lecture.

a In tantum autem vita illius a nostri temporis segnitia distabat^ ut omnes qui cum eo incedebant, sive adtonsi, sive laici, meditari deberent : id est, aut legendis scripturis, aut psalmis discendis operam dare. Hoc erat quotidianum opus illius, et omnium qui cum eo erant fratrum^ ubicumque locorum devenissent. Et si forte evenisset, quod tamen raro evenit, ut ad régis convivium vocaretur, intrabat cum uno clerico,aut duobus, et ubi paululum reflciebatur, accelerabat ocius ad legendum cum suis^ sive ad orandum exivit. d

IL U est vrai que saint Aidan avait passé du cloître à Fépiscopat, mais dès les premiers siècles de la liberté de l'Eglise on a vu une foule de saints religieux monter sur les trônes de l'Eglise, et remplir les plus hautes dignités du clergé : et ce serait une raison invincible (juand il n'y en auiait pas d'autres, pour nous persuader qu'ils y auraient introduit la sainte coutume de chanter tous les jours l'office canonial en public, ou de le réciter en secret.

Le même Bède de qui tout ceci est tiré^ parle ailleurs de saint Egbert, religieux anglais^ qui

se bannit pour jamais de sa patrie, et voua de n'y plus rentrer, et de réciter tous les jours tout le psautier, outre les heures canoniales. <<r Quod prêter solemnem canonici temporis psalmodiam, si non valetudo corporis obsisterct^ quotidic psalterium totum in memoriam divinœ laudis decantaret (L. m, c. 27 ]. b

Saint Wilbrord et ses compagnons, dans sa mission apostolique, en semant dans les pays barbares la doctrine évangélique, passaient la meilleure partie du temps à la psalmodie et au terrible sacrifice de l'Agneau céleste : a Qui cum cogniti essent a barbaris, quod alterius essent religionis, nam hymnis et psalmis semper et orationibus vacabant, et quotidie sacrifîcium Deo victimœ salutaris offcrebaut, habentes secum vascula sacra, et tabulam altaris vice dedicatam (L. v, c. ii). »

III. Ce n'est pas tant cet autel portatif que je veux remarquer, ou cette divine ardeur de célébrer tous les jours le divin sacrifice, même en courant les pays inconnus et barbares , que cette fidèle exactitude à ne jamais omettre, ni le chant, ni la récitation de l'office sacré , parmi les plus pressantes et les plus ennbarrassantes occupations de l'apostolat, ou de Fépiscopat.

Wilbrord et Aidan faisaient la fonction des apôtres en annonçant J.C. à ceux qui n'avaient jamais ouï parler de leur céleste Rédempteur ; saint Fulgence passait les journées entières, comme nous venons de voir, à terminer les différends, ou à guérir les blessures intérieures de ses diocésains. Cependant ces hommes apostoliques sachant bien que les apôtres, témoin saint Luc dans les Actes, avaient protesté de se partager entre la prière et la prédication, et qu'ils avaient appris cette importante leçon de leur divin Maître, ils ne crojaient pas que les plus pressantes fonctions de Tépiscopat les pussent jamais dispenser de la prière, qui en est la première et la plus pressante, aussi bien que la plus sainte.

IV. Concluons ce que nous avons à dire de l'Eglise anglicane et de ses offices, par le témoignage que le même Bède rend, qu'ils étaient originairement émanés de l'Eglise romaine, à laquelle il nous faut passer.

Un saint abbé d'Angleterre étant allé à Rome obtint du pape Agathon qu'il envoyât en Angleterre Jean, archichantre de Saint-Pierre de Rome, pour enseigner à son monastère, et par le mujen de celui-ci à tous les autres

DE L'ORIGINE DE L'OFFICE DIVIN, etc.

monastères de la Grande-Bretagne, le chant, Tordre et les cérémonies des offices romains, aussi bien que le cours des fêtes et des solennités annuelles, selon les usages de Téglise de Saint-Pierre de Rome.

a Quatenus in monasterio suo cursum canendi annuum, sicut ad sanctum Petnim Romae agebatur, edoceret, etc. ordinemritumque canendi, etc. Eteaquae totiusannicirculus in celebratione dierum festorum poscebat (L. lY, c. 18). D C'est presque autant que s'il avait dit en un mot qu'on portât le bréviaire et le missel romain pour être suivi dans les monastères d'Angleterre. Cela est prouvé par ce qui est dit ensuite^ que tous les autres monastères d'Angleterre vinrent prendre des lepons de cet archicbantre romain.

y. Nous voilà insensiblement arrivés à l'Eglise de Rome et d'Italie. Et pour ne point quitter si tôt les ruisseaux qui s'en sont écoulés en Angleterre, ajoutons à la remarque précédente^ que ce furent les Anglais qui demandèrent au pape Agathon la communication des offices de Rome, et non pas ce pape qui les leur prescrivit. Aussi le grand saint Grégoire avait plutôt conseillé à l'apôtre des Anglais, Augustin^ de ne pas se restreindre dans la seule imitation de l'Eglise romaine^ mais de recueillir tout ce qu'il pourrait remarquer de plus saint et de plus excellent dans TEglise de France, et dans iDutes les autres^ et de transporter dans sa nouvelle Eglise d'Angleterre tout ce saint et riche butin.

«Novit fraternitas tuaRomanœEcclesiaîconsuetudinem^ in qua se meminit enutritam. Sed mihi placet^ ut sive insancta Romana, sivein Galliarum, sive in qualibet Ecclesia aliquid invenisti^ quod plus omnipotenti Deo possit placerez sollicite eligas, et in Anglorum Ecclesia infundas. Non enim pro locis res, sed pro rébus bonis loca nobis amandasunt. Ex singulis ergo quibusque Ecclesiis quœ pia^ quœ religiosa, quœ recta sunt, elige, et hœc quasi in fasciculum collecta, apud Anglorum mentes in consuetudinem depone (Gregor. Reg.^ 1. xii, epist. XXXI ; Beda, 1. i, c. 27). d

VI. Ce même pape défendit, dans un synode romain^ que les diacres ne fissent plus l'office de chantres, parce que c'était alors l'offlce des sous-diacres, ou des clercs inférieurs^ et de s'appliquer au chant et de s'étudier à une mélodie qui inspirât la dévotion aux cœurs des fidèles, au lieu que les diacres devaient s'oc-

cuper tout entiers à la prédication de l^vangile^ et à assister les pauvres.

C'est de l'étude du chant, dont il faut entendre ce décret, et de Tapplication à rendre sa voix harmonieuse , pour se bien acquitter des devoirs d'un chantre^ ce qui ne convenait pas aux diacres, et non pas ou de l'assistance aux divins offices dans l'église, ou de la récitation en secret.

a In Romana Ecclesia dudum est consuetudo valde reprehensibilis exorta, ut quidam sacri altaris ministri can tores eligantur^ et in diaconatus ordine constituti, modulationi vocis inserviant^ quos ad preedicationis officium, eleemosynarumque studium vacare congruebat.

Unde fit plerumque ut ad sacrum mînisterium dum blanda vox quœritur, quseri congrua vita negligatur ; et cantor minister Deum moribus stimulet, cum populum vocibus delectat (L. iv, epist. 44) .D

Ces deux offices, de ministre, c'est-à-dire, de diacre et de chantre étaient incompatibles selon les lois de la bienséance et de la modestie. Il ne sied pas mal à des jeunes enfants, ou à des jeunes clercs de faire retentir la douceur harmonieuse de leur voix dans l'église enchantant les louanges de Dieu : mais il n'est nullement bienséant à un diacre, qui est avancé et en âge et en dignité^ de faire paraître qu'il fait sa principale étude de ces délicatesses du chant.

a Qua in re prœsenti décrète constituto, ut in bac sede sacri altaris ministri cantare non debeant, solumque evangelicœ lectionis officium inter missarum solemnia exsolvant. Psalmos vero ac reliquas lectiones censeo per subdiaconos, vel si nécessitas fuerit, per minores ordines exhiberi. z>

Dans rOrient il y avait un ordre particulier des Psalmistes , et les lecteurs y faisaient aussi ordinairement la même fonction de chantres; dans rAfri(iue et en beaucoup d'autres endroits de rOccident, on instituait des psalmistes, et les lecteurs se joignaient à eux, aussi bien que plusieurs autres clercs inférieurs. Hais à Rome, comme il parait par ce passage que nous venons de raiiporter, la fonction des psalmistes fut réservée par saint Grégoire aux sous-diacres, et ce n'était qu'à leur défaut qu'on y appelait les autres moindres clercs.

En quoi il faut observer que la dignité de chantre devenait tous les jours plus relevée, de manière que la récitation et le chant des

offices divins s'est trouvé dans la suite la principale fonction dans les chapitres des églises cathédrales. Car au lieu des lecteurs, ou des psalmistes^ qui avaient été autrefois au-dessous des lecteurs, ce pape n^admet ordinairement que des sous-diacres à Toffice des chantres, et ce n'est pas sans peine qu'il l'interdit aux diacres.

Cela fait voir que dès ce temps-là on commençait à laisser introduire dans les églises cathédrales une nouvelle discipline, qui est parvenue aux points où nous la voyons aujourd'hui.

VIL Le même pape saint Grégoire ne voulut pas ordonner évêque le prêtre Jean parce qu'il ne savait pas le psautier, ettémoignait par là le peu d'amour qu'il avait pour la prière et pour la piété. Or si les diacres ne pouvaient pas faire Tofûce de chantre dans Téglise, les prêtres le pouvaient encore moins. Pourquoi ce pape exige-t-il donc avec tant de sévérité que les prêtres et les évêques ne soient point ordonnés, s'ils ignorent le psautier, si ce n'est parce qu'ils sont obligés de le chanter ou de le réciter soit dans l'église, soit hors de l'église ? a Sed uec Joannem presbyterum psalmorum nescium prsesumpsimus ordinare^ quia hœc eum res minus sui profecto habere studium demonstrabat (L. IV, epist. 45). »

Ceux de Bagnarea avaient élu le diacre Jean pour leur évêque. Saint Grégoire ne voulut pas l'ordonner qu'il n'eût été informé de son application à la prière , et s'il savait le psautier, a Et si nihil est^ quod ei canonice possit obsistere, requirendum quoque est^ si in opère Dei studium habuit , vel psalmos novit. Et si talis fuerit^ eum ad nos cum testificationis epistola dirigat , etc. »

UAbbruzze manquant d'évêque depuis longtemps, ce même saint pape fut d'avis d'y ordonner un nommé Opportunus , à cause de sa piété singulière , et de sa ferveur dans la prière et la psalmodie : a Sed quia Opportunus mihi in moribus suis, in psalmodise studio, in amore orationis valde laudatur et religiosam vitam omnino agere dicitur , hune volumus, ut, etc. (L. m, epist. xxxiv ; 1. ix, epist. xiii). »

Enfin, révêché d'Ancône étant vacant , ce même pape rejeta un archidiacre , quoique savant dans les Ecritures : a Scripturœ quidem sacrae scientiam habere , d parce que son âge trop avancé le rendait incapable de soutenir le poids de l'épiscopat (L. xii, epist. vi). Il hésita

sur le diacre Rustique, parce que bien qtffl ttkt très-vigilant il ignorait le psautier : a Rnsticoâ autem diaconus ejusdem EcclesiaB, qui siniîfiter fuerat electus, vigilans quidem homo dicitur, sed quantum asseritur, psalmos ignorai.» Dans la difficulté de trouver un évêque aocompli, ce pape voulut être informé combien il s'en fallait que le diacre Rustique ne sût tout le psautier : a Sed etiam de Rustico diacono, qoantos psalmos minus teneat, perscrutandomest.»

VIII. En voilà ce me semble assez pour prouver l'obligation des bénéficiers à s'acquitter du divin office , que ce pape semble avoir excellemment appelé l'œuvre de Dieu , Opus Dei:

Le sacramentaire de ce saint pape, et oe que nous avons dit ci-devant de son application et de son assiduité personnelle, à faire apprendre le chant aux jeunes clercs, nous font connaître la haute estime et l'ardent amour qu'il avait pour cette divine fonction.

Le même pape saint Grégoire nous apprend, dans un autre endroit , qu'on lisait à Rome un martyrologe où étaient marqués les noms des martyrs, avec le lieu et le jour de leur martyre, mais non pas les Actes. Ainsi on n'y lisait pas encore les vies des Saints dans l'office : a Non tamen in eodem volumme quls qualiter sit passus indicatur, sed tantammodo nomen, locus et dies passionis ponitur (L. vn, c. xxix). »

Il dit ailleurs que la coutume de dire Allehda hors de la cinquantaine de Pâques, était venue de Jérusalem à Rome au temps du pape D^ mase, par le moyen de saint Jérôme : « Ut Alléluia hic diceretur, de Hierosolymorura Ecclesia ex beati Hieronymi traditione tempore beatœ memoriae Damasi papae traditur tractum (L. vu, epist. LXiv). » Qu'il n'avait feit que renouveler Fancienne coutume de faire aller les sous-diacres avec des tuniques de lin seulement, sans autre ornement ^ in lineis tunids. Que dans ITglise grecque tous les fidèles ensemble disaient le Kyrie eleison, au lieu qu'à Rome les clercs le disaient et le peuple répondait, et qu*on y disait autant de fois Christe eleison : qu'aux simples fériés on disait le Kyrie eleison d'un chant plus étendu, mais qu'on n'ajoutait pas le Gloria in excelsis. Qu'on disait rOraison Dominicale à la messe , parce que la messe que les Apôtres disaient ne contenait que cette divine prière, et la consécration du corps de Celui qui Ta instituée. Qu'au reste à Rome c'est le prêtre 6eul qui la dit, an lieu

DE rORIGINE DE L'OFFICE DIVIN, etc.

que tout le peuple la [chante chez les Grecs. Enfin ce pape proteste qu'il a rétabli les anciennes coutumes, et s'il en a institué de nouveUes, ce n'a été que parce qu'il les a jugées très-utiles , et qu'il est toujours prôt à imiter à Rome tout ce que les autres moindres Eglises pourront avoir de bon. a Si quid boni, yel Constantinopolitana, yel alia Ecclesia habet, ego et minores meos, quos ab illicitis prohibeo, in bono imitari paratus sum. 2>

IX. L'humilité de ce pape ne put souffrir que l'évêque de Ravenne, Marinien, fît lire les commentaires sur Job aux veilles ou aux offices de la nuit. Il jugea plus à propos qu'on y lût les commentaires sur les psaumes, comme plus propres à instruire les peuples.

a Quia frater et coepiscopus meus Marinianus legi commenta beati Job publiée ad vigilias liaciat, non grate suscepi, quia non est illud opus popuiare, et rudibus auditoribus impedimentum magis, quam provectum générât. Sed die ei^ ut commenta psalmorum legi ad vigilias faciat, quœ mentes secularium prœcipue ad mores informant (L. ix^ epist. xxu). »

Outre cette raison^ il en ajoute une autre qui le touchait plus vivement^ qu'il ne voulait pas que de son vivant ses ouvrages se rendissent si publics, a Neque enim volo, dum in bac carne sum^ si qua dixisse me contigit^ ea facile hominibus innotesci. d

C'est ce qui l'oblige de se plaindre que son Pastoral eût été communiqué à l'empereur de Constantinople^ et que le célèbre Ânastase, évêque d'Antioche, Teût traduit en grec. « Et sicut mihi scriptum est, ei valde placuit, sed mihi valde displicuit, ut qui meliora habent, in minimis occupentur. »

Enfin, ce même pape saint Grégoire ayant appris que l'abbé Claude avait recueilli et mis par écrit ce qu'il lui avait ouï dire de beau sur les Proverbes, sur le Cantique des cantiques, sur les Prophètes, sur les livres des Rois et sur l'Heptateuque, dans Fespérance de lui lire un jour ces recueils et les lui faire corriger, il se les fit lire, et, ayant trouvé que ses sentiments y avaient été altérés en beaucoup de choses, il donna ordre qu'on en retirât soigneusement toutes les copies qui s'en étaient faites et qu'on les lui rapportât. « Quae cum mihi legissct, in- Teni dictorum meorum sensum valde inutilius in multis fuisse permutatum. Unde, etc. o

X. Jean Diacre, qui écrivit la vie de ce saint pape, dit que l'ordre lui en fut donné par le

pape Jean pendant les veilles ou les offices de la nuit qui précède le jour de sa fête. Comme on y eut lu la vie de saint Paulin, évêque de Noie, écrite par ce saint pape dans ses Dialogues, le pape Jean ne put plus endurer qu'on n'eût pas écrit la vie d'un saint qui avait donné à la postérité celle de tant d'autres, surtout après qu'il eut appris que les Saxons mêmes et les Lombards en avaient une, quoique fort abrégée.

Ce savant diacre acheva le premier livre dans l'année même que le commandement lui en avait été fait; il le lut tout entier la nuit de la veille de la fête du même saint Grégoire, en présence de tout le peuple et du pape même, qui l'approuva et commanda de le publier, et Tarn imperiosis autoritatibus tandem compulsus, vix primum librum Gregorianœ vitae compleveram, quando hune in ejusdem vigiliis annua vertigine revolutis tua probavit pariter ac publicavit autoritas (Praefatio vHae Grcg. papœ). »

C'est de cette manière qu'on lisait les vies et les ouvrages des saints, et qu'on passait les nuits entières dans l'église, en mêlant si agréablement et si saintement la lecture et la psalmodie.

XL Si nous avions les vies et tous leâ ouvrages des autres papes, nous en tirerions de grandes lumières pour l'éclaircissement du sujet que nous traitons. Le pape Hormisde eut ^oin de faire apprendre le psautier à son clergé. On a encore le même soin dans les monastères les plus réformés. Ce n'est et ce ne peut avoir été que dans la vue de l'obligation de réciter ou de chanter tous les jours l'office canonial, a Hic composuit clerum et psalmis erudivit (Ex libre Pontif.). »

Grégoire II, envoyant des missionnaires apostoliques en Bavière, leur donna une ample instruction, dont le premier article est d'établir dans le clergé de cette nouvelle église le chant, la psalmodie, les offices de l'Eglise romaine : a Ministris quorum canonicam adprobaveritis promotionem, sacrificandi et ministrandi, sive etiam psallendi ex figura et traditione Âpostolicse et Romanae Sedis ordine tradetis potestatem, etc. Qualiter unusquisque sacerdos, seu minister, sacra missarum solemnia, sive csetera diumarum et nocturnarum horarum officia, sive etiam lectionum sacrarum novi atque veteris Testamenti ordinabilia prœdicamenta studeat observare, secundum traditum Apostolic»

2îi DU SECOND ORDRE DES CLERCS. — CHAPITRE SOIXANTE-DIX-HDITIÈME.

Sedis anf iquitus ordioem disponetis (Capilulare Gregorii II). »

Grégoire III, dans le Livre pontiûcal, est appelé savant dans les Ecritures, liabile dans la langue grecque et latine, très-versé dans les sens mystérieux du psautier, qu'il savait par cœur, a In divinis Scripturis sutficienter instructus, grœca latinaque lingua eruditus, psalmos omnes memoriter per ordinem reiiuens, et in eorum sensibus subtilissima exerci-

tatione Itmatus (Ex libro Pontif.; Baromus, an. 741, n. 7). »

Je ne pense pas que Valafride Strabon ait raison d'inférer de là que peu de personnes savaient alors le psautier; mais cela est remarqué par Anastase, parce que c'était alors une condition qu'on exigeait pour les ordres supérieurs. Ceux qui ne savaient pas entièrement le psautier se servaient de livres.

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