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XIV. Exemple de saint François Xavier

XV. D'Albert le Grand, d'un saint cardinal, et de saint Charles.

1. Nous avons déjà parlé amplement de Tobligation des ecclésiastiques à réciter les offices divins ; nous ne croyons pas néanmoins devoir finir cette matière sans l'approfondir encore davantage ; c'est pourquoi je me propose de faire voir : i*" que cette obligation est plus ancienne qu'on ne s'est quelquefois imaginé, par les exemples des grands hommes^ et par les canons réitérés de plusieurs conciles; 2°je viendrai à la solennité des offices dans les églises cathédrales et collégiales, ou même dans les paroissiales ; 3^ il faudra ensuite dire quelque chose de roffîce de la sainte Vierge^ et de celui des morts; 4** enfin ^ nous parlerons aussi de réchange qu'on a fait pour les ignorants, à qui on a déterminé au lieu du psautier et des heures canoniales, un nombre réglé d'Oraisons Dominicales et de salutations angéliques.

IL Conunençons par la récitation des heures canoniales en particulier, et faisons voir,. premièrement par des exemples célèbres, qu'on Fa toiyours regardée comme d'une obligation très-étroite. Ditmar, évêque de Mersebourg, faisant réloge d'un saint archevêque de son temps, c'était Tagmon de Hagdebourg, assure qu'il disait tous les jours le psautier et la messe, si quelque dangereuse maladie ne l'en empêchait, c Nisi infirmitas obsisteret, omni die missam et psalterium cantavit [Baron., an. 1011, n. â).B

Pierre Damien raconte l'histoire d'un religieux qui fut repris par un ange travesti en pèlerin, de ce que le jour précédent, étant las, il avait dit ses compiles après s'être couché sur son lit. a Jacendo horas canonicas compteyerat. b Les paroles de l'ange furent, a Completorium in lecto, nec salus est, nec profectus (Baron., an. 1062, n. 82). »

III. Le même Pierre Damien en sgoute une plus étonnante du saint évêque de Cologne, Séverin , qui apparut à un clerc de son église, lorsqu'il traversait une rivière, et l'assura qu'il souffrait les flammes dévorantes du purgatoire, pour avoir récité ses heures canoniales toutes ensemble dès le matin , lorsqu'autrefois, étant dans le palais impérial, il était tout le jour occupé aux affaires publiques.

< Quia dum in aala regia constitutus, imperialibus me consiliis vehementer applicui, canonicae synaxis officia , per distincta horarum spatia non persolvi. Mane quippe omnia coacervans simul, tota die negotiis ingruentibus secura libertate vacabam. Ob banc itaque negligentiam horarum, ardoris hujus fero supplicium (Baron., ibid., n. 83). i>

Il faut remarquer : l*» Que ce saint prélat étant appliqué au conseil d'Etat et aux affaires de l'empire se fût apparemment dispensé des heures canoniales, s'il eût jugé qu'elles n'étaient de nulle obligation ; 2* si la récitation en eût été purement arbitraire, ce n'eût pas été une faute qu'il eût fallu expier par un si rigoureux châtiment, de ne pas réeiter chaque heure séparément en son propre temps. Et au contraire, s'il était d'un devoir si précis de réciter toutes les heures en leur temps propre, il était d'une obligation bien plus indispensable de les réciter en quelque manière que ce fût ; 3"" il n'y avait pas de nécessité si pressante d'assister aux heures canoniales du chœur, comme de les réciter au moins en secret. Et ceux dont les occupations étaient une excuse canonique , pour se dispenser du chœur, ne laissaient pas d'être obligés de réciter l'office en particulier.

Quand cette histoire pourrait être révoquée en doute, au moins on ne peut nier que Pierre Damien, qui en est l'auteur, ne présupposât comme une vérité certaine et incontestable dans son siècle, que ceux même qui ne pouvaient assister aux offices du chœur et qui étaient engagés dans les affaires les plus importantes, ne pouvaient néanmoins se dispenser de la récitation secrète des heures canoniales. A quoi Pierre Damien ajoutait* et il le prouvait par cet exemple, qu'ils devaient les réciter chacune séparément en son temps propre. Voici ses paroles : « Distmguenda sunt ergo per momenta temporum ecclesiasticse institutionis officia, et sub magna divini timoris ac reverentis dicenda sunt disciplina (Damia* nus, 1. u, epist. xv). d

Enfin, l'autre histoire que Pierre Damien a ajoute d'un moine exorciste , à qui réuergu* mène reprocha qu'il disait ses compiles dans son lit, a Tune ille es, qui sub cotto quotidie completorium insusurras? b Cette histoire^ dis-je, confirme encore cette vérité, que les moines et les clercs étaient dans les mêmes obligations pour la récitation de l'office, et que

DE L'OBLIGATION A RECITER L'OFFICE DIVIN, etc.

Ton ne s'en dispensait pas pour les affaires ou pour les indispositions corporelles qui dispensaient du chœur.

IV. Le même Pierre Damien a fait un traité qui porte pour titre Dominus vobiscwriy où ce savant homme fait voir que ces termes ne doivent pas être ni omis ni changés par ceux qui récitent roffice en particulier, parce qu'ils sont alors même dans une union très-sainte et dans une présence très-véritable avec tout le corps de l'Eglise : cet ouvrage tout entier est une preuve de cette récitation secrète de Fofflce divin, surtout quand il y rapporte l'exemple du souverain Pontife, de tous les évêques et de tous les prêtres qui y usent des mêmes termes.

« Certum est enim, quod neque beatissimus Apostolicse Sedis autistes, cum videlicet obsequente ministro privata Deo reddit obsequia, neque quisquam omnino pontiûcum, vel catholicorum aliquis sacerdotum, his verbis ad alterum singulariter utitur (Cap. xni). x>

V. Ives de Chartres nous apprendra peutêtre à garder des mesures justes dans les conséquences qu'on pourrait tirer du récit de Pierre Damien, à Toccasion de saint Séverin, évêque de Cologne.

Ce religieux et savant canoniste déplore nien à la vérité le malheur qui lui était commun avec tous les évêques de son temps, d'être si embarrassés des affaires tumultueuses du monde, qu'à peine pouvaient-ils respirer pour goûter un peu la suavité de Toraison, mais il leur était impossible de dire toujours les heures canoniales aux temps déterminés. a Nos enim publicorum negotiorum tumultibus occupati, cum ipsis compescendis tota die laborando sufficere non possimus , internse quietis suavitatem vix aliquando admitUmus. Raro et canonicum pensum determinaUs horis solvere prsevalemus (Epist. xcix. Baron. , an. 1095). »

Ce saint prélat disait souvent ses heures hors des temps, mais non pas toujours. Il cédait à la nécessité inévitable de quelques affaires extraordinaires. Au lieu que saint Séverin semblait s'être fait comme une loi et une habitude de ce petit dérèglement. Mais enGn dans quelque accablement d'affaires que se trouvassent ou Ives de Chartres ou les plus saints évêques de son temps, ils ne se dispensaient au plus que du temps des heures canoniales, mais non pis des heures mêmes. Les

termes mêmes Canonicum penswn en mar^ quent Tobligation.

VI. Guillaume de Malmesbury assure que le pieux et savant Bède n'interrompit jamais la récitation de son office, même dans les langueurs de sa dernière maladie, a Totis diebus, ; . prœter debitum psalmodiae pensum, assiduis lectionibus gravedinem valetudmis decipere nitebatur(De geslisRegumAngl.,!. i, p. 23).»

Le même auteur raconte comment saint Wolstan, évêque de Vorcester, étant appelé au concile ou au conseil, qui ne le menaçait de rien moins que de la déposition, au lieu de penser à défendre son innocence , célébra rheure de sexte, parce que c'en était le temps, (K Nondum cantavimus horam sextam, cantemus ergo. Prius faciamus Dei servitium, et pçst agitabimus hominum litigium [L. m, p. iJ8, an. 1072). b Aussi la simplicité soutenue de l'invisible secours qu'il venait d'implorer, demeura victorieuse de tous ses adversaires.

Ce saint prélat disait tous les jours la messe, le psautier tout entier et les offices courants des Saints, a Quotidie missam cantans, addebat psalterium, omniumque sanctorum memorias, quorum toto anno singula solemnia succedunt, smgulis in septem divisis, per septem non omittebat horas (De gestis Pont. Angl., 1. IV, p. 280). D Ce qui semble dire que nonseulement il récitait toutes les heures canoniales séparément, mais qu'il ajoutait le psautier aux offices des Saints; « Ut qui quotidie psalterium cum orationibus non minoris numeri evolveret post missam. s Aussi dans ses voyages il trompait agréablement le temps en chantant des psaumes sans se lasser, a Equo quocumque vadens psalterium frequentabat, orationales versus qui occurrebant, ad fasUdium concantantis crebro repetens. b

Cet historien fait toutes ces curieuses remarques, parce qu'il y a quelque chose de singulier et au delà du devoir commun de réciter Toffice divin.

VIL Saint Thomas, archevêque de Canlobéry (an. 1164-), récita premièrement tout son office et de la nuit et du jour avant que d'entrer dans cette assemblée fameuse de Northampton, où il devait défendre les libertés de l'Eglise au péril de sa vie. « Noctumis vigiliis cum summa devotione peractis , etc. Totumque officium cum ad id pertinentibus complevit^ etc. b Cela se peut entendre de la

messe. Hais les heures de tierce et de sexte semblent jointes à la messe, comme il paraît par le narré du second concile de Lyon, où le pape n'entra qu'après avoir dit tierce et sexte, parce que c'était un jour de jeûne, a Dixît tertiam et sextam quia erat dies jejeunii (An 1274. ConC; tom. ii, par. i., p. 955, 931). »

Henri, éTêque de Liège, fut déposé dans ce concile par le pape Grégoire X, qui nous a[H prend, dans la lettre qu'il lui écrivit, qu'un des crimes dont il était chargé était l'omission des heures canoniales, a Quid plura? Horas canonicas, maxime cum eas nescias, et illitteratus existas, in anlmse tuae periculum prsetermittens, etc. »

C'était donc un crime d'omettre la récitation de l'office, et c'était ensuite une irrégularité de ne savoir pas lire ou de ne savoir pas même par cœur le psautier. Aussi le concile de Coyac, en Espagne, voulut que tous les clercs sussent le psautier. « Ut archidiaconi taies clericos constitutis quatuor temporibus ad ordines ducant, qui perfecte totum psalterium, hymnos et cantica, epistolas , evangelia, et orationes sciant (An. 1050. Can. v). »

Parmi cent accusations criminelles qu'on forma contre le pape Jean XXIII dans le concile de Constance (Sess. ii), où il fut enfin déposé, on n'oublia pas celle-ci qu'il avait négligé de dire ses heures canoniales , ou en public ou en particulier, a Hissis et vesperis papalibus interesse non curavit. Horas canonicas dicere sprevit. b

YIII. Au contraire, l'auteur de la vie du pape Léon IX lui donne presque la même infatigable application aux offices divins, que nous avons déjà vu attribuer à saint Wolstan, évèque d'Angleterre.

a Nocturnis horis paululum somni sumebat, reliquumque noctis spatium, cum integri decantatione psalterii , ac innumera genuum inflexione excurrebat. Idem quoque psalterium per singulos repetens dies, cum oblatione divini sacrifiai, cursum multiplicium orationum indefesse transigebat (Surius, die 19 April. 14). »

Ainsi ce saint pape disait tous les jours deux fois le psautier » outre un grand nombre d'autres prières. Saint Antonin, archevêque de Florence, disait le psautier toutes les bonnes fêtes et l'office des morts deux fois la semaine, outre l'office ordinaire de chaque jour, l'office d» la Tierge et les psaumes pénitentiels.

a Hitto nunc, quod prœter horarum munus, quo septies Deus quotidie laudatur, eos etiam psalmos, qui pœnitentiae dedicantur, tum litanias ac Deiparse Yirgiuis horas , cum etiam liceret^ nuUo unquam die destilit, quin sedulo recitaret. Mitto nunc quod recurrentibus hebdomadis bis semper defunctorum animas, usitato illo psalmorum, quo passim utimur, officio expiabat (Surius, die 2. Maii, c. xiv].»

IX. Nous ne lisons pas que l'incomparable saint Hugues, évéque de Lincoln, prolongeât les heures canoniales par des récitations particulières du psautier. Hais il les chantait ou il les récitait durant le jour et la nuit, en leur propre temps, avec une fidélité et une exactitude inimitables.

Un jour même qu'il était en campagne avec d'autres évêques, ces prélats ayant pris résolution de se lever et de partir plus matin qu'à l'ordinaire pour prévenir les embûches de quelques voleurs, ce saint aima mieux dire ses matines avec sa lenteur et sa dévotion ordinaires ; puis se mettant tout seul en chemin, il évita tout seul le danger où tous les autres» s'étaient précipités par leur empressement.

« Preces canonicas statuto persolvebat temporel nec induci poterat, ut aut pneveniret illud , aut differret. Contigit aliquando cum prœlatis quibusdam et clericis infesta loca equitare, etc. Omnium una sententia fuit, ut ante lucem surgerent et iter suspectum in tenebris conficerént , etc. Quibus ille : Et quo ibimus, inquit, matutiuis precibus nondum absolutis? etc. Qui capit, capiat; et qui timet^ timeat ; ego hinc non exibo , donec solito more preces matutinas persolvero. Mira res. Solus episcopus postquam laudes Deo tractim admodum obtulit, licet cum suis per eamdeoi viam equitaret, nihil mali passus est, alii ia periculum, quod cavere moliebantur, inciderunt (Surius, die 17. Novem, c. xxii). 0

Thomas de Chantepré, évêque suffraganl de Tournay, fait mention du pieux évêque de Hildeseim Conrad, qui se levait la nuit pour dire ses matines, et passait de la prière à Té* tude pour préparer ses prédications. « Ad matutinas intempestœ noctis silentio surrexerat, illisque dictis resedit ad studium , facturus ia die sermonem (Cantiprat., L i, c. 3, n. 3). p

X. Saii)t Dominique n'était pas moins ponctuel à observer les heures de ce pieux devoir même dans ses voyages^ non-seulement durant le jour^ mais aussi durant la nuit

DE L'OBLIGATION A RÉCITER L'OFFICE DIVIN, etc.

a Quando extra monasterium erat , audito primo signo nocturDarum precum , surgebat et fratres excitans , cum multa devotione totum divinum officiuui absolvebat, horis et temporibus suis, tum nocturnis, tum diurnis : nibil penitus omittens. Persoluto completorio etiam in itinere positus cum sociis, silentium non minus servabat, quam si esset in monasterio (Surius die 5. Aug., c. m, 1. iv). »

XI. Cette multitude d'exemples montre clairement que les évéques, les clercs et les religieux ne croyaient pas pouvoir, sans crime, se dispenser de cet offlce de piété, même pendant leurs voyages, et dans l'embarras de leurs plus importantes occupations.

Ce furent apparemment les religieux de saint François et de saint Dominique qui ayant les premiers d'entre les communautés régulières, entrepris de fréquentes courses apostoliques par tout le monde, donnèrent cours à ces petits bréviaires qui ont été depuis en usage.

Le religieux Franciscain qui rendit compte à son général de son voyage dans la Cbine, en Tan 1305, demanda qu'on lui envoyât les livres du chant et des ofQces de l'Eglise, parce qu'il n'avait porté avec lui qu'un bréviaire où les leçons étaient accourcies, et un petit missel, a Quia non habeo nisi breviarium portatile cum lectionibus brevibus^ et parvum missale (Rainald.^ an. i30a, n. 20). &

XII. Il y en a même qui prétendent que le terme de bréviaire ne vient que de l'office divin abrégé^ qui y était contenu , et qui parut plus commode aux premiers Franciscains pour leurs missions apostoliques que rofûce plus étendu.

Radulphe, doyen de Tongres, dit que ce fut l'otÛce qu'on chantait dans la chapelle du pape à Saint-Jean de Latran^ et qu'on abrégeait très - souvent , selon la foule extraordinaire d'affaires dont le pape et les cardinaux se trouvaient accablés. Qu'au reste^ dans toutes les autres églises de Rome les offices divins étaient beaucoup plus longs.

a Clerici capellares, sive de mandate papœ, sive ex se offlcium romanum semper breviabant, et sœpe alterabant, prout domino papœ et cardinalibus congruebat observandum. Et istud offlcium breviatum secuti sunt fratres minores. Inde est quod breviaria eorum et libros officii intitulant secundum consuetudinem Roman© curiae ( De canonum observ., c. xxii]. »

Enfin le pape Nicolas III ordonna que dans toutes les églises de Rome on fit à l'avenir le môme office, et qu'on se servît des mêmes livres que les cordeliers, ayant banni tous les anciens livres du chant et des offices.

a Sciendum quod Nicolaus papa III, de génère Ursinorum, qui cœpit anno Domini 1277, fecit in Ecclesiis urbis amoveri anliphonarios, gradualia, missalia, et alios libros officii antiques quinquaginta, et mandavit, ut de cœtero Ecclesiae urbis uterentur libris et breviariis fratrum minorum, quorum regulam etiam conflrmavit. Unde hodie in Roma omnes libri sunt novi, et Franciscani. »

XIII. Ce récit de Radulphe donne sujet aux réflexions suivantes : l"" ni les papes, ni les cardinaux, ni les autres officiers de la cour romaine, ne s'exemptaient jamais des offices divins qu'on chantait dans la chapelle, quelque embarras d'affaire qui leur survînt. On accourcissait les offices, mais on ne les omettait jamais; ^ les missionnaires apostoliques ne se dispensaient pas non plus de la récitation de l'office ; S"" les ecclésiastiques et les religieux se jugeaient engagés dans la même obligation de réciter les heures canoniales ; 4* l'office des cordeliers fut emprunté d'abord' de la chapelle du pape, mais ayant été ensuite approuvé par Nicolas III, il devint l'office commun de toutes les églises de Rome, et enfin ce fut le bréviaire de l'Eglise romaine ; b"" la liberté même qu'on se donna d'abréger les* offices est une preuve de l'étroite obligation où l'on se croyait être de réciter les heures canoniales parmi les occupations les plus pres-^ santés.

XIV. Il ne faut pas priver l'incomparable^ missionnaire de ces derniers siècles, saint François Xavier, de l'éloge qu'il a si justement mérité dans cette matière. Quoiqu'il eût d'abord obtenu la permission d'user du bréviaire nouveau du cardinal Quignon , qui était encore plus court que l'ancien, c'està-dire que celui des cordeliers , il ne voulut jamais user, de cette indulgence , quoique de tous ses précieux moments dépendit le salut de tant d'âmes.

«Nuper noYum temarum lectionum brevia* rium, sanctffi Cnicis dicebatur, occupatorum hominum levamen, editum erat; ejusque usus. Francisco propter occupationes ab initio con-, cessus. Ille tamen quamvis ingentibus curi0 negotiisque distentus nunquam permissa uti

266 DU SEœND ORDRE DES CLERCS. — CHAPITRE QDATRE-VINGT-GINQUIËME.

voluîtlicentia,vetu8que breviarium noyenarum lectionum baud paulo longius^ perpetuo recitavit; ut qui jucundissime cum Deo ageret, cum eodem quam diutissime coUoqueretur (Turselin., vitae Xaverii, ult. 1., c. v).»

XY. Les occupations et les études n'empêcbaient pas Albert le Grand de réciter tout le psautier presque tous les jours : a Multis annis fere quotidie cum tamen in cathedra theologiae regeret, tantum de die ac nocte orationibus incumbebat^ ut psalterium Davidicum legeret, et interdum dictis boris, contemplation! diyinae insudaret (Cantiprat., 1. ii^ c. lvii). »

Gobelin fait mention d'un saint cardinal qui employait tous les jours six beures à dire son bréviaire : aPreces horarias non absorbebat, ut focimus plerique omnes. Testor hoc sacratissimum in quo sumus templum , singulis diebus sex illum boras solitum consumere in ofûcio exsolyendo (Rainald., an. 1463^ n. 112). »

Le cardinal de Pa\ie fait Téloge du cardinal de Saint-Pierre, qui ne cessa jamais de dire

son ofDce pendant les langueurs même de sa dernière maladie, jusqu'à ce qu'il eût entièrement perdu la parole : <r Horas canonicas non ante dimisit^ quam a voce est ipse dimissus (Epist. cxxxYi). »

Saint Charles, archevêque de Hilan, au rapport de Giossano, récitait le matin avec ses ecclésiastiques matines et prime , après un quart d'heure d'oraison mentale , puis ils disaient le reste de Tofôce aux heures conyenables (Giossan., 1. ii, c. m; et 1. m, c. n). Les autres de ses ecclésiastiques qui n'étaient pas obligés au grand office, recitaient le matin tous ensemble le petit office de la Vierge tusqu'à vêpres^ qu'ils disaient après avec compiles en son propre temps.

Ce saint prélat aOècta toujours de lire son office^ sans en rien dire par cœur, et il ne manqua point de le réciter, que le jour de sa mort, auquel il l'entendit réciter au pied de son lit par un de ses camériers. Ce sont !es termes de Giossano.

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