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XX. On en chassait tous ceux qui vivaient mal

XXI. Plusieurs hôpitaux étaient quelquefois confondus en un^ non pas toujours.

XXII. Les bénéûders tiraient leur nom de l'hôpital qu'ils gouvernaient.

I. Après ayoir parlé des communautés ecclésiastiques et religieuses et de leur obligations, il faut passer aux autres sortes de bénéfices, qui se distinguent des autres par les charges qu'on impose aux bénéficiers.

Parlons d'abord des bôpilaux, qui sont des communautés de pauvres, qui ont été souvent joints, ou même confiés à des communautés religieuses.

II. Saint Grégoire de Nazianze se rit de Julien TÂpostat, et de son affectation à imiter et à communiquer aux païens tous les usages ingénieux de la piété et de la charité chrétienne, particulièrement les hôpitaux : m.t%^w^

Ce divin orateur a peint ailleurs (Orat. iii)^ avec les plus belles couleurs de son éloquence, les hôpitaux que saint Basile avait fait bâtir hors de sa ville épiscopale avec une magnificence surprenante, persuadant aux riches d'y contribuer, non-seulement de leur superflu^ mais même de ce qui pouvait leur être nécessaire.

a Pulchra res est benignitas , et pauperum alendorum studium , atque humanae inflrmitati opem ferre. Paulum extra civitatem pedem effer, ac novam civitatem conspice, illud^ inquam^ pietalis promptuarium^ commune locupletum œrarium^ in quod non modo redundantes, ac superflu» opes, sed jam necessariae quoque facultates propter illius cohortationes recondunlur («TMxorpoçia) (Orat. xx). »

Il fallait que retendue et la magnificence de cet hôpital fût extraordinaire , puisque saint Grégoire le compare à une nouvelle ville.

L'auteur de la vie de saint Grégoire de Na-

zianze nous assure qu'il avait eu lui-même bonne part à cet admirable trophée de la charité de saint Basile pour les pauvres. Il nous apprend aussi le soin qu'on prit de faire subsister un si grand ouvrage par des revenus proportionnés. «Âmplissimis œdibus extructis atque annuis proventibus constitutis^ quos a divitibus et copiosis horainibus, prudenti oratione ad largitionem impulsis collegerat, œgrotos omnes in unum coegit, pauperum gymnasia hœc loca appellans. Huic in ea re adjutor operisque particeps fuit Gregorius. »

Il y a bien de Tapparence que c'était un assemblage de plusieurs hôpitaux, les uns pour les malades, les autres pour les pauvres, les autres pour les passants; peut-être même qu'il y avait distinction des vieillards, des vieilles femmes, des veuves , des jeunes filles et des jeunes garçons , pour mériter le nom d'une nouvelle ville, et pour pouvoir avec quelque justice être comparé à ces superbes édifices que la vanité du siècle a tant admirés, et qu'elle a appelés les sept miracles du monde. C'est aussi la comparaison que saint Grégoire en fait (Orat. xx).

III. Hais il faut apprendre de saint Basile même la pieuse somptuosité de cet édifice, dont le gouverneur même de la province, quoique son ami^ conçut même de la jalousie, et obligea le saint évêque de se justifier d'une accusation si honorable. Voici ce qu'il lui écrit de l'hôpital des passants, de celui des malades, des logements des officiers, des lieux destinés aux artisans; et enfin des maisons destinées pour les divers métiers.

< Quid perpetramus mali, dum receptacula ponimus, peregrinis qui hue advenerint? Et praeter istos, in eorum usus^ quibus opus est curatione propter infirmitates suas : necessarium bis solatium procurantes nosocomos, medîcos, bajulos, ductores, et cœteros artifices in promptu habere debent, etc. Quin et œdes prœterea alias operibus faciendis requisitas. (Orat. xx).

IV. Le concile de Calcédoine (Can. viii) nous a fait connaître qu'il y avait plusieurs semblables hôpitaux dans l'Orient, et qu'on ordonnait des prêtres et d'autres ecclésiastiques pour en avoir la conduite, mais c'étaient les évoques qui nommaient ces prêtres, aussi bien que ceux qui devaient diriger les monastères. « Clerici qui prseficiuntur ptochodochiis et monasteriis, sub episcoporum potestate permaneant. »

Ce canon et cet exemple de saint Basile ne nous permettent pas de douter que les évoques n'en eussent la suprême direction, et même qu'ordinairement ils n'en fussent eux-mêmes les fondateurs.

V. Nous en douterons encore moins quand nous aurons appris de Paliade que saint Chrysostome 9 après avoir retranché toutes les dépenses superflues et les profusions excessives des revenus de Téglise et surtout de Tévéché, se servit de l'argent qu'il trouva de reste à bâtir des hôpitaux pour les malades, dont il donna la surintendance à deux prêtres vertueux. Il y établit aussi des médecins, des cuisiniers, et tous les autres officiers qui ne pouvaient être mariés.

a Post haec dispensatoris ecclesiastici scripta relegens, inutilesque Ecclesiœ sumptus depreliendens, amputari hos protinus jubet. Accessit et ad solemnes episcopi sumptus inspiciendos, inveniensque immodicam profusionem, transferri hahc magniûcentiam ad inflrmorum solatia praecepit. Et cum superessent pecuniae, nova quoque infirmorum receptacula construit; pro^ficiens bis duos ex sacerdotum numéro religionis summœ viros; et medicos et coquos et ministros qui sine uxoribus essent^ eis ad obscquium statuens, etc. (Pallad., in acta Chrys., c. v.) »

Ce saint évêque fut donc le réparateur des anciens hôpitaux, il en fonda de nouveaux, il en donna le soin et la direction à des prêtres qui en furent comme les bénéficiers, il y établit des officiers qui ne fussent point mariés.

VI. Le zèle et la charité de ce prélat incomparable ne s'arrêtèrent pas là. 11 proposa un jour à tout son peuple d'entreprendre de nourrir tous les pauvres en commun. Il supposa que le nombre des pauvres de Constantinople montait bien à cinquante mille. Il ne laissa pas de leur faire voir que cette entrefirise était aussi facile que sainte ; et qu'elle serait même avantageuse en ce point, qu'on dépenserait bien moins à nourrir les pauvres en commun que séparés. Enfin il leur remontra que si un si petit nombre de fidèles avait pu au commencement de l'Eglise nourrir tous les pauvres en commun, la même charité se pourrait exercer avec incomparablement plus de facilité lorsque les chrétiens étaient infiniment accrus et en multitude et en richesses.

Cet admirable docteur ne craint pas d'avancer qu'il espère de voir un jour ce grand ouvrage

mis en exécution, et qne ce digne monument de la charité incomparable des chrétiens sera capable de convertir tout le reste des païens. Les orages qui s'élevèrent contre ce saint homme arrêtèrent le cours d'un dessein si digne de la générosité épiscopale.

a Si in bac via progredimur, credo quod et hoc futurum sit. Obtemperate mihi solum, et per ordinem corrigemus negotia; et si Deus vitam dederit, credo quod statim in hanc nos recepturi simus vitœ rationem (Hom. u, in Acta). »

VII. Saint Paul avait recommandé l'hospitalité aux évêques ; saint Chrysostome fut accusé de ce qu'il mangeait toujours seul. Paliade en donne la raison. Ce saint évêque était fort infirme; souventilnemingeaitque le soir; ainsi il eût gêné ses hôtes. Outre cela il ne pouvait souflrir les dépenses excessives qui eussent été inévitables dans une aussi grande ville que Constantinople. Enfin il considérait que l'hospitalité était peu nécessaire à un évêque dans une ville si riche et si puissante : les laïques y exerçaient assez libéralement cette vertu ; et ainsi l'évêque ne devait pas quitter le soin de la prédication pour s'occuper des pensées et des inquiétudes du ménage.

a Enim vero qui civitatem optimis legibus instructam habitat, cujusmodi Constantinopolis est , in qua omnes fere hospitales sunt : si sacerdos est, superflue satis verbi relinquit ministerium,ut opsoniorum computet sumptus seque imprudeus cauponem pro doctore arbitratur (Pallad., vita Chrys., c. xii, 11, xvu, lu,

XIIl). D

Saint Chrysostome témoigne lui-même néanmoins , dans sa lettre au pape Innocent, qu'il avait prié Théophile et tous les autres évêques d'Egypte de venir loger chez lui. Paliade, qui rapporte cela, se plaint des prêtres et des diacres de Constantinople qui ne voulurent pas recevoir chez eux les moines que Théophile avait chassés d'Egypte , et qui laissèrent cette gloire à une sainte diaconisse.

Ainsi il est certain que l'hospitalité s'exerçait dans Constantinople ; mais saint Chrysostome en évitait ordinairement l'embarras, pour s'occuper aux autres fonctions de son ministère, outre qu'il évitait les dépenses superflues du bien des pauvres , les voleries des officiers , la coutume déplorable de traiter plutôt les riches que les pauvres. Voilà ce que Palladius déduit fort au long.

DES HOPITAUX ET DES BENEFICIEES, wc-

Vni. C'est cette même raison qui obligea enfin les éiéqiies à bâtir des hôpitaux pour les hôtes et pour les malades.

En effet, l'hospitalité et la nourriture des pauvres les regarde, tant par l'exemple de J.-C. et de ses Apôtres, que par leur commandement exprès, et par la conspiration même de tous les fidèles, qui mettaient aux pieds des Apôtres, ou entre les mains des ecclésiastiques toutes les aumônes que l'esprit de charité leur inspirait de faire : il n'y avait point de moyen plus convenable et plus avantageux pour s'acquitter de ce dessein que de dresser des hôpitaux, et d'y appliquer la portion des revenus de l'Eglise qui était destinée à un si saint usage.

Le même Es^prit Saint qui avait porté les Apôtres à se décharger du soin de nourrir les pauvres sur les diacres, afin de pouvoir se donner eux-mêmes avec plus de liberté à la prière et à la prédication : ce même Esprit, dis-je , persuada enfin aux évêques de se délivrer des distractions et des inquiétudes de Fhospitalité , et de l'entretien des pauvres et des malades en leur bâtissimt des maisons propres pour cela. Durant le règne des empereurs païens, les évêques avaient le soin et la surintendance des pauvres, des malades, des hôtes, des veuves et des vierges consacrées à Dieu ; et de tous ceux qui , vivant dans une retraite toute sainte, faisaient voir en leur vie comme les préludes de l'état monastique. Mais la crainte des persécuteurs ne permettait pas de faire vivre en communauté toutes ces sortes de personnes.

Dès que l'tmpire chrétien eut mis l'Eglise en liberté , ces solitaires qui avaient vécu séparés commencèrent à bâtir des monastères; les vierges et les veuves suivirent bientôt leur exemple ; les évêques s'efforcèrent de porter le clergé à vivre en communauté : enfin on fonda des hôpitaux pour les pauvres, pour les malades et pour les passants, afin de les pouvoir entretenir avec plus de commodité et avec moins de dépense.

L'im pératrice Placille, digne femme du grand Théodose, allait elle-même rendre les plus humbles services aux pauvres dans les hôpitaux de l'Eglise, a Ecclesiarum hospilia visere, SDgrotis in lecto decumbentibus curationem adhibere, tractare ollas, jusculum gustare, pâti nam illis déferre, frangere panem, offas porrigere, eluere pocula, omnia denique alia munera obire, quae servi et ancillaB exequi soient (Theodoret., 1. v, c. 18). »

Th. «— ToHi II.

Yoilà les lieux où les évêques et les eiiii)ereurs même exerçaient l'hospitalité.

IX. Il est donc très-certain que les évêques ont la surintendance sur toutes ces maisons de charité, puisque les Apôtres furent les dépositaires et les dispensateurs du patrimoine des panvres ; puisque les évêques leur ont succédé dans cet exercice de piété aussi bien que dans tout le reste de leur autorité ; puisque les fidèles ont toujours continué de mettre entre les mains des évêques leurs sacrifices, leurs décimes, leurs prémices, et enfin toutes leurs saintes libéralités; puisque des revenus de l'Eglise il y en avait une troisième ou une quatrième partie consacrée à l'entretien des pauvres dont révoque avait la disposition, comme nous dirons dans la suite ; puisque si la portion de ces revenus afi'eclée à l'éxêque était grande et surabondante, c'est parce que Tapôtre saint Paul et les conciles mêmes l'avaient particulièrement chargé de l'hospitalité ; puisque nous voyons que les premiers et les plus anciens hôpitaux ont été Tondes par les évêques, et ont été gouvernés par des prêtres qu'ils y avaient établis.

X. Nous n'avons encore parlé que des Grecs. Venons aux évêques et aux prêtres de l'Eglise latine. Saint Augustin avait un extrême soin des hôtes, des pauvres et des malades, et il les secourait très - libéralement des revenus de l'Eglise.

Possidius en est un bon témoin, mais il ne dit pas qu*il eût fondé aucun hôpital : il ne recevait les hôtes qu'à sa table, mais il se contentait de distribuer, ou d'enVoyer aux pauvres tout ce qui était nécessaire à leur entretien. (( Hensa usus est frugali et parca, quœ quidem inter olera et legumina, etiam cames aliquando propter hospites, vel quoque inflrmiores continebat (Cap. xx). » Et plus bas: a Hospitalitatem semper exhibuit, etc. (Cap. xxni). » Et dans la suite : a Pauperum vero semper memor erat, eisque inde erogabat, undeet sibi suisque omnibus secum habitantibus erogabatur : hoc est, vel ex reditibus possessionum Ecclesiœ, vel etiam ex oblationibus fidelium. »

Saint Augustin témoigne lui-même que celte nécessité inévitable d'exercer l'hospitalité et de recevoir à sa table les étrangers et les passants, l'avait obligé de quitter le premier monastère qu'il avait fondé aussitôt qu'il eût reçu la prêtrise, et d'en établir un autre de clercs dans la maison épiscopale même.

a Perveni ad episcopatum, vidi necesse habere exhibere humanitatem assiduam quibusque yenieotibus, sive transeuntibus : quod si non fecissem, episcopus inhumanusdicerer. Si autem coDSuetudo ista in monasterio permissa esset, indecens esset : et ideo \olui habere in istadomo episcopi, meum monasterium cle^ ricorum (Serm. 49 de divers.)- »

XL Palladius remarque, au même endroit qui a été rapporté, que saint Cbrysostome voulait qu'on reçût les hôtes et les passants dans rhôpital qu'il avait fondé : adventantes hospites. On pourrait juger, avec quelque vraisemblance, que la même charité animait suint Augustin et saint Chrysostome , quoiqu'ils exerçassent l'hospitalité en des manières si différentes (Cap. v].

Saint Chrysostome aussi bien que saint Basile conservait encore 'quelques restes de son premier amour pour la retraite et pour la solitude : ainsi il ne put se résoudre à recevoir tant de monde à sa table, il aima mieux leur donner à manger en des lieux destinés à cela.

Saint Augustin témoigna plus d'inclination pour la vie civile des Apôtres : ainsi il Gt de sa table une école de frugalité aussi bien que de charité.

Ces deux manières diverses de pratiquer la même vertu d'hospitalité ont été admirées et imitées de tous les évoques des siècles suivants.

XII. Hais il faut avouer de bonne foi qu'il y a eu des hôpitaux qui ont été l'ouvrage de la piété des laïques.

Saint Jérôme écrivant à Pammaque sur la mort de sa femme Pauline, le loue d'avoir aussitôt embrassé la profession monastique, d'avoir bâti un hô[)ital près de Rome, et de s'être élevé d'abord au comble de la vertu, en se rendant Timitateur de l'hospitalité du grand patriarche Abraham, Il l'exhorte à imiter encore Abraham en ce point, à servir luimême les pauvres, et après avoir donné à J.-C. tout ce qu'il avait, à s'y donner encore luimême, a Audiotexenodochiuminpoitu fifcisse Roniano, etc. Initia Iransgrederis, statim summum tenes, primus inler monachos, in prima urbfc, primum sequei is patriarcham, etc. Moneo non solum pecuniam, sed teipsum Christo offeras, etc. »

XIII. Pammaque était de maison patricienne, « palricii generis primus inter primos monachos esse cœpisti^ etc. » Ainsi si sa charité

n'avait point de bornes, ses richesses étaient immenses. Hais saint Jérôme fait bien Toir dans la même lettre que la charité trouve dans elle-même des trésors inflnis. Il assure qu'il avait bâti lui-même à Bethléem un monastère et un hospice, ou un hôpital, dans lequel étaient reçues les personnes religieuses qui accouraient aux lieux saints de tous les endroits du monde. Aussi envoya-t-il son frère Pauliniea pour vendre tout le reste de leur patrimoine commun, afin de ne pas laisser un si saint et si grand ouvrage imparfait. « Nos in ista provincia aediGcato monasterio, et diversorio pro* pter extructo, ne forte et modo Joseph cum Haria in Bethléem veniens non inveniat hospitium, tantis de toto orbe confluentibus turbis obruimur monacborum, etc. »

C'est apparemment du même hôpital qu'il parle, dans l'épitaphe de la bienheureuse Paule, à laquelle il en donne la gloire: a Donec extrueret cellulas etmonasteria, et diversorum peregrinorum juxta viam conderet mansiones, in qua Haria et Joseph hospitium non invenerant (In Epitaph. Paulse); » à moins de distin« guer les deux hôpitaux, aussi bien que les deux monastères qui étaient certainement différents, l'un pour les moines, l'autre pour les filles religieuses.

XIV. Si Pammaque futle premier qui dressa un hôpital en Italie pour' recevoir les passants, Fabiole eut la gloire d'en avoir la première bâti un très-magnifique pour les malades. Elle y employa des richesses immenses, et elle surpassa toutes ses libéralités, en s'y consacrant elle-même au service des pauvres.

a Omnem censum quem habere poterat, erat autem amplissimus, et respondens generi ejus dilapidavit et vendidit, et in pecuniam congregatum usibus pauperum praeparavit, et prima omnium vcdCKcuelov instituit, in quo aegrotos colligeret de plateis, et consumpta languoribus atque inedia miserorum membra fovebat. Quoties morbo regio et pxdore confectos humeris suis ipsa portavit? quolies lavit purulentam vuloerum saniem, quam alius aspicere non valebat? prœbebat cibas propria manu, et spîrans cadaver sorbitiunculis irrigabat (In Epitaph. Fabiolœ). »

Voilà comme cette sainte dame surmontait la délicatesse de son sexe et faisait la leçon à tant de riches qui, pour exercer ces œuvres de miséricorde, empruntent les mains d'autrui : a Clémentes pecunia, non manu, 9 dit ce Père.

DES HOPITAUX ET DES BÉNÉFICIERS, etc.

XV. n fait encore ailleurs mention de plusieurs 1 ïques qui s*arlonnaient à Thospitalité avec lant de zèle et tant de libéralité^ qu'ils attiraient sur eux la jalousie^ et quelquefois même la persécution des é\èques et des prêtres.

Au reste, saint Jérôme dit fort sagement que cette vertu doit être commune aux ecclésiastiques et aux séculiers, mais que les évêques y doivent exceller par-dessus tous les autres, parce qu'il suffit aux laïques de donnera manger à quelques passants; mais c'est le devoir de révoque de n'en exclure aucun de sa table et de sa maison.

a Si omnes illud de Evangelio audire desiderant, hospes fui, et suscepistis me : quanto magis episcopus, cujus domus omnium commune débet esse hospilium? Laicus enim unum,aut duos, aut paucos excipiens^implebit bospitaiitatis offlcium : episcopus nisi omnes receperit, Inbumanus est. »

XVI. Tous ces exemples d'bôpitaux fondés par des personnes séculières ou religieuses, mais nullement ecclésiastiques, pourraient facilement nous surprendre et nous persuader que les évêques n'y avaient aucune juridiction. Mais saint Paulin nous apprend fort à propos que, dès que ces maisons saintes étaient consacrées à la charité, elles appartenaient à l'Eglise, et par conséquent elles étaient soumises au pouvoir et à l'autorité de l'évêque.

Sévère Sulpice a^ait vendu une partie de ses héritages, et en avait distribué le prix aux pauvres. Il avait réservé lautre partie et en avait fait uu hôpital où il servait lui-même les pauvres. Son humilité lui persuada qu*il était bien loin et bien au-dessous de la vertu achevée de saint Paulin, qui avait tout vendu et tout donné sans se rien réserver.

Saint Paulin, au contraire, par une sainte contestation d'humilité et de charité, lui remontre que c'est Tiffet d'une plus haute perfection d'avoir réservé un fonds non pas pour soi, mais pour l'Eglise ; non pas pour le posséder, mais pour y être possédé lui-même par les pauvres.

c Ideo sine animi captivitate possessor, quia qu8B reservasti, Ecclesia te serviente possideat, etc. Illud Aposloli comples, ut habens, non habeas, quia non tibi, sed non habentibus habens, domus tuae hospes es, ut sit hospitum domus, etc. Tuorum confamulus vernulorum, temporale habitaculum tui tecti, non ut paterfaaiilias usurpas, sed ut mercenariusyelinqui-

lînus mânes, stipendinm quasi precariœ mansionis Domino pensitans, de socia et corporis tui, et animi servitute (Epist. ad Severum). »

XVII. Palladius raconte une histoire toute semblable de deux frères fort riches, dont Tun vendit tout et distribua tout aux églises et aux pauvres, vivant d'un métier qu'il apprit, et s'occupant tout entier de la prière. L'autre fonda un monastère et un hôpital , où il recevait tous les pauvres et tous les passants (Hist. Laus., c. XV, xvi).

Le saint abbé Pambon voyant ses religieux divisés sur la préférence de ces deux frères , leur apprit que, quoique leur conduite fût si diverse, leur mérite était égal; l'un ayant imité l'hospitalité d'Abraham, et l'autre ayant été enflammé du zèle et de la ferveur d'Elié. Mais, dans toutes ces rencontres il faut généralement supposer que TEglise possédait toutes ces maisons dédiées au soulagement des pauvres , comme nous l'a appris saint Paulin, en parlant à un illustre fondateur : a Ecclesia te serviente possidet. D

XVIII. Il ne sera pas hors de propos de faire encore cette réflexion que plusieurs des exemples et des auteurs rapportés dans ce chapitre, nous ont fait voir les monastères et les hôpitaux joints ensemble. Les religieux avaient apparemment l'intendance de ces hôpitaux, et on ne doute pas qu'en ces temps-là ils ne fussent parfaitement assujétis à l'autorité des évêques. Il faut donc conclure la même chose de ces hôpitstux. Il y eut dans les siècles suivants des hôpitaux où l'on observait les règles monastiques.

XIX. Il est encore bien juste de remarquer que, SI les évê(iues ont fondé des hôpitaux, ce furent le plus souvent les libéralités des laïques qui leur en donnèrent le moyen. Car , saint Basile , dans une de ses lettres (Epist. cccxcn), après avoir parlé de son bôpilai des pauvres, nnoxor^ciov, donne cette règle importante, que ceux qui se dépouillent de leurs biens ne doivent pas les dispenser euxmêmes, parce qu'ils ne peuvent pas faire le discernement des vrais pauvres , mais qu'ils doivent en commettre Temploi et la distribution à celui qui est chargé du soin des pauvres.

Il y avait donc un économe des pauvres^ constitué sans doute par l'évêque, qui était ordinairement le dépositaire des libéralités extraordinaires de ceux qui renonçaient au

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