‹ Ancienne & nouvelle discipline de l'EgliseChapitre 178 sur 297 · XV. Des mansionnaires · texte numérisé non relu

XV. Des mansionnaires

XVI. Des hebdomadiers, et de ceux qui avaient le soin d'enterrer les morts.

I. Les prîirticîers et les secondiciers tiennent d'être plusieurs fois nomrtiés : il en faut dhre un mot, et leur joindre dans ce même chapitre les sacristains, les trésoriers, les scévophylaces ou gardes de vaisseaux sacrés.

II. Quand le diacre ou archidiacre de Constantinople, en même temps qu'il était promoteur des conciles, a été nommé primicier des notaires, il est assez clair qu'il était comme le président du collège des notaires, et par conséquent il était écrit le preihier dans le catalogue, à quoi servaient alors des tables de bois couvertes de cire, sur lesquelles on écrivait. Voilà d'où vient le nom de primicier. Ainsi, dans toutes les sortes d'offlces ou de dignités qu'on communiquait à plusieurs personnes en un même temps, le premier était appelé le primicier. Dans le même concile de Constantinople, sous Menas (Act. 5), on trouve, parmi les souscriptions de quelques suppliques, un prêtre primicier de la laure de saint Sabas, et un simple moine primicier de son monastère.

III. Dans TEglise latine, saint Grégoire parle aussi du primicier des notaires, Primicerius notariorum. Il parle ailleurs de son second, Secundicerius. Patérius même avait eu cette dignilé. « Hanc epistolam Paterio secundicerio Dolario Ecclesiae nostrœ scribendam dictavîmus, cui et subscripsimus (L. ii , ep. 22 ; 1. vi,

ep. 29; 1. n, c. 22, 33). » Jean Diacre dit de même: « Patérius notarius, qui ab eo secundicerius factus, etc. (L. ii, c. li). » Ce qui pourrait être une preuve que ce n'était pas l'antiquité qui leur donnait ce rang, mais leur mérite et le jugement du prélat.

IV. L'Eglise de France «vait aussi ses prîmiciers , puisque saint Rémi , archevêque de Reims, se plaignait que Tévêque Falco, qui avait entrepris de créer des archidiacres et un primicier des lecteurs dans une église qui n'était pas de son diocèse, a Archidiaconos institueris, primicerium scholse darissimae, militiœque lectorum (Conc. GalL, tom. i, p. 205).» Voilà des primiciers et des secondiciers dans le collège des lecteurs, dont la dignité est conlérée par révêque.

V. Mais que dirons-nous du primicier qui se lit dans le titre de la lettre écrite en Angleterre, après l'élection et avant le couronnement du pape Jean IV, où nous lisons en tête Tarchiprêtre, puis Jean, diacre, élu pape, suivi de Jean, primicier : « Joannes primicerius et servans locum sanctœ Sedis Apostoliœ (Baronlus, an. 639, p. 6, 7); » et enfin de Jean , conseiller du Siège Apostolique? Il est certain que ces quatre dignités gouvernaient le Siège Apostolique, et même TEglise universelle, pendant que le Siège romain était vacant. Cette lettre, écrite en Angleterre, pour y terminer plusieurs différends, en est une preuve.

Le saint pape Martin 1" confirme manifestement cette yérité quand il dit, qu'en l'absence du pape, le Saint-Siège est gouverné par Tarchidiacre, l'archiprêtre et le primicier. a Quia in absentia pontificis archidiaconus, et archipresbyter et primicerius locum praesentant pontiiicis [Epist. xv). »

VI. Comme nous n'avons pas remarqué dans l'Eglise romaine d'autre primicier que celui des notaires, et que cet office nQ|}s a paru si important que ceux qui en étaient honorés

DES PRIMtaERS, PRIMIGLERCS, SACRISTAINS, btg.

étaient aussi chaînés des commissions les plus honorables dans les conciles mêmes, nous pouvons croire avec fondement que le primicier des notaires passait pour le chef de tout le clergé inférieur, et ainsi le pape absent était représenté, et son siège était alors régi par les trois chefs des trois ordres qui composaient tout son clergé, c'est-à-dire par Farcbiprêtre, par l'archidiacre et par le primicier; car, nous avons vu les notaires quelquefois nommés devant les sous-diacres.

Dans la vie du pape Constantin, par Anastase Bibliothécaire, le secondicier même , le défenseur et d'autres officiers sont nommés avant les sous-diacres. Ainsi le primicier des notaires pouvait bien passer pour le chef du clergé inférieur.

Le conseiller du Siège Apostolique, qui est le quatrième dans la lettre de Jean IV, élu pape, était un religieux, et ainsi il représentait le corps des réguliers, qui pouvait être considéré comme un quatrième membre du clergé de Rome, selon les diverses divisions arbitraires qu'on 7 a faites en divers temps.

VU. Nous trouverons peut-être la confirmation de cette vérité dans les conciles d'Espagne. Le concile de Hérida enjoint à tous les évêques d'avoir dans leurs églises cathédrales un archiprêtre, un archidiacre et un primicier, qui y est néanmoins appelé, selon le style d'Espagne, PrimicleruSy au lieu de Primicerius.

Voici les paroles du concile : a Sancimus ut omnes nos episcopi in cathedralibus nostris ecclesiis, singuli nostrum archipresbyterum, arcbidiaconum et primiclerum habere debeamus (Can. x). d

Et afin que cette élévation ne leur fit point oublier le profond respect qu'ils devaient à révoque, qui était l'auteur de leur dignité, et dont ils étaient comme les créatures , l'obéissance leur est en même temps très-étroitement recommandée.

On ne peut pas douter que ce primiclerc ne fût le chef de tous les clercs inférieurs. S'il en restait encore quelque doute, il serait entièrement levé par un canon suivant du même concile (Can. xiv), où il est ordonné que les revenus de l'Eglise seront divisés en trois parts, l'une pour l'évêque, l'autre pour les prêtres et les diacres, l'autre pour les autres clercs à qui la distribution en sera faite par le primiclerc, selon la connaissance qu'il a de leur travail et de leur diligence, a Tertia subdiaconibus et

clericis tribuatur; ut a primiclero juxta quod in offlcio eos praescit esse intentes, ita singulis dispensetur. »

Il est donc certain que ce primiclerc était le président de tous les clercs inférieurs , et des sous-diacres même , ce qui pourrait nous persuader qu'il était lui-même ordinairement sous-diacre. Car la qualité de primiclerc, de primicier et de notaire, marquait un office et non un ordre, et il est certain que cet office pouvait être donné à un sous-diacre, puisque nous avons vu dans l'Orient les diacres et les archidiacres même de Constantiuople être en même temps primiciers des notaires.

VIII. Garcias a donc eu raison, dans les souscriptions du concile VIII de Tolède, ne live Siculus prindclerus^ et non pas Prirmceirus, dont la souscription suit celle de rarchiprétre de Tolède. Au concile XV de Tolède, le primiclerc souscrit aussi après l'arcliidiacr?. Saint Isidore de Séville nomme aussi le primiclerc dans sa lettre à Tarchidiacre Braullon, et il y a de l'apparence qu'il faut aussi lire Primiclerus, dans les autres endroits où il parle du primicier, surtout quand il explique au long ses pouvoirs et sa supériorité sur tous les clercs mineurs : « Ad primicerium pertinent acolythi, exorcistœ, psalmistœ, atque lectores, signum quoque dandum pro officio clericorum, etc. (Pag. 616). » Voilà ce qu'il en dit immédiatement après avoir parlé de Tarchidiacre et de l'archi prêtre.

Après cela, il est indubitable que le primicier qui gouvernait l'Eglise romaine avec l'archiprêtre et l'archidiacre, pendant l'interrègne ou pendant les longues absences des papes, était le chef de tous les clercs inférieurs, dont le nombre, qui était d'autant plus grand que leur dignité était moindre, rendait aussi leur corps fort considérable, surtout si Ton considère les offices plutôt que les ordres.

IX. Ce furent apparemment les clercs inférieurs qu'on commença de nommer ettle connaître, plutôt par leurs dignités et leurs offices que par leurs ordres; d'où naquirent ensuite tant de titres divers de bénéfices et de dignités.

Il ne faut pas facilement croire que leur ambition fut le principe de cette nouveauté : on leur donnait plutôt ces noms qu'ils ne les prenaient. Mais leurs offices étant en beaucoup plus grand nombre que leurs ordies, et euxmêmes paraissant en beaucoup d'occurrences

dans les fonotiôii»de leur office et de leur dignité plutôt qœ dans celle de leur ordre. Tusage s'introduisit nécessairement et insensiblement de les nommer plutôt par les noms de leurs dignités que de leurs ordres.

X. L'archidiacre, dans les ftges précédents, avait eu la juridiction et la supériorité immédiate sur tous les clercs inférieurs; au lieu que nous voyons, dans celui-ci que nous développons, cette supériorité résignée à une nouvelle dignité, qui est celle du primicier.

La raison de ce changement est que Tarchidiacre avait acquis une nouvelle autorité sur les prêtres mêmes, sur les paroisses et les curés de la campagne, sur Tarchiprêtre même, et enfin sur tout le diocèse, comme le vicaire-général et l'ofûcial universel de Tévêque. Or, il s'en fallait beaucoup que, dans les siècles précédents, son pouvoir eût eu la même étendue; ainsi il fut nécessaire de lui donner comme un substitut, pour l'intendance qu'il avait auparavant exercée sur les clercs inférieurs (L. ii, c. 23).

XI. Quant aux sacristains, Théodore, lecteur, parle d'un trésorier des vases sacrés qui est aussi sacristain. Ce Hacédonius qui succéda à Euphémius, patriarche de Constantinople, était prêtre et sacristain de la grande église.

L'empereur Anastase, qui avait placé Hacédonius dans cette dignité, le trouva dans la suite plus zélé à en faire valoir les droits qu'il ne s'y était attendu ; il l'en chassa donc avec aussi peu de sujet qu'il en avait eu lorsqu'il chassa son prédécesseur pour le mettre en sa place. Il donna à ce Hacédonius pour successeur l'impie Timothée, prêtre et sacristain de la même église.

Cyrille, moine, qui a écrit la vie de saint Euthime, remarque qu'Euthime avait prédit au prêtre Anastase, chorcvêque et sacristain de l'église patriarcale de Jérusalem, qu'il serait un Jour le chef de cette église patriarcale : ce qui nous fait voir de quel poids était la dignité de trésorier, et qu'on la donnait toujours à des prêtres.

Jean Diacre, dans la vie de saint Grégoire, parle de celui qui est appelé Sacellarius. Je ne sais si ce ne serait point le clerc de chapelle ; car nous avons dit ailleurs que les évéques avaient une chapelle domestique dans leur palais épiscopal.

Anastase Bibliothécaire, dans la vie du pape Constantin, nonune le sacristain ou clerc de

chapelle, Sacellarius y entre les officiers du bas clergé qui suivirent le pape à Constantiao(de. Ce SacellariuSy ou plutôt Saceellarius pourrait néanmoins bien être le trésorier du prélat. Car saint Grégoire même nomme le trésor de Téglise Saccus. En voici les termes : a Nos sacculum ecdesisB lucris turpibus nolumus inquinare (L. i, Ep. xui). »

Jean Diacre, dans la vie de ce pape, donne clairement la qualité de Saceellarius au trésorier de l'église ou à l'aumônier : a Gregorius juxta consuetudinem pra3cepit sacellario, ut duodecim peregrinos ad prandium invitaret (L. II, c. xxiii). »

Saint Grégoire dit lui-même que, comme l'empereur avait un trésorier pour ses armées d'Italie, il était lui-même en quelque manière son trésorier pour les profusions qu'il fallait faire aux Lombards à Rome : « Sicut in Ravennae partibus dominorum pietas apud primum exercitum Italiœ sacellarium habet, qui causis supervenientibus quotidianas expensas faciat : ita et in bac urbe in causis talibus eorum sacellarius ego sum (L. iv, ep. xxxiv). »

Si ce trésorier était Taumônier ou le chapelain, ce nom peut venir de Saeellum.Otï peut néanmoins le dériver du terme de SaccuSj comme il a été dit. Isidore, dans ses origines, favorise ce dernier sentiment : c Fiscus saccus est publicus. »

XII. Ceux que saint Isidore, évêque de Seville, appelle gardes des vaisseaux sacrés : a Custodes sacrorum , custodes sacrarii , » étaient bien différents des précédents , car c'étaient des diacres avancés en âge et d'une probité reconnue, à qui on confiait le trésor des vaisseaux sacrés de l'église : c Custodes sacrarii levitce sunt. Ipsis enim jussum est custodire tabernaculum, et omnia vasa templi; quique ab anno quinquagesimo eliguntur, etc. Ne fidem deserant, etc. ( De Offic Eccl., 1. II, c. IX).»

XIII. Le même saint Isidore parle en un autre endroit du trésorier, dont les pouvoiis sont bien difTérents : a Ad thesaurarium pertinet ostiarii basilicarum ordinatio, incensi praaparatio, cura chrismatis conflciendî, cura baptistei'ii ordinandi, prae.paratioluminarionun insacrario et in sacrifiais (Ibid., p. 616, 693). »

Ces portiers, que le trésorier nommait, étaient apparemment des officiers laïques , bien difiérents des clercs qui sont honorés du nom de portiers. Ceux que ce même auteur appelle Ba-

DES PRIMia£KS, PRIMICLERCS, SACRISTAINS, vra.

silicanos, étaient aussi yraisemblablement des laïques, qui étaient nommés par le primiclerc : ff Basilicanos ipse constituât, et matriculam ipse disponat. »

L'office du trésorier est encore expliqué plus au long en un autre endroit, où on le charge du soin des ornements de toutes les basiliques où il n'y avait point de prêtre titulaire,

XIV. Revenons au garde des vaisseaux sacrés. Le synode assemblé à Mopsueste, dont on relut les actes dans le V* concile général (Act. 5) , commanda au scévophylace, Custos vasorum^ ou au ciméliarque, Cimiliarcha, de produire les diptyques sacrés de cette église, pour savoir si le nom de Théodore en avait élé effacé, et si on lui avait substitué celui de saint Cyrille d'Alexandrie.

Ces deux termes qui se trouvent dans la version latine nous feraient douter si c'était un seul office qui portât ces deux noms de scévophylace et de ciméliarque. Il est marqué que ce Jean ciméliarque était prêlre, aussi bien que le ciméliarque de Conslanlinbple, qui est nommé dans la conférence tenue sous Justinien, entre les catholiques et les sévériens. Théodore, lecteur, nomme aussi deux prêtées et scévophylaces de Constanlinople, qui furent faits patriarches (L. u).

Les Grecs se servaient aussi du nom latin de Sacellarius, comme il est notoire que l'empire romain s'étant étendu dans TOrient, et surtout depuis la translation du siège de Tempire de Rome à Constanlinople, on y fit aussi passer beaucoup de termes de la langue latine, et surtout les noms des offices. Car il n'en faut pas croire Anastase Sinaïte, quand \\ dit que le terme de Sacellarius vient du syriaque (Vise Dux. , c. Il) ; à moins que de faire allusion au terme de saccics. Dans ce sens le terme de saccus , étant devenu commun à toutes les nations et à toutes les langues^ pour exprimer la même chose, si on le reprend dans son origine, il sera vrai de dire, qu'il dérive de la langue hébraïque ou syriaque ^ car ce que nous appelons en latin saccus porte le même nom chez tous les peuples; mais il n'est pas également certain que le mot de trésor public ait la même signification chez toutes les nations.

XV. Saint Grégoire le Grand fait souvent mention àe% Mansionnaires^ etde ce qu'il en dit on pourra conjecturer quel était leur office. U raconte que Constance, mansionnairede l'église de saint Etienne^ n'ayant plus d'huile pour y

allumer les lampes , les remplit d'eau , qui s'alluma de même que si c'eût été de l'huile (Dial.,l.i, C.5); que Théodore, garde de l'église de Saint-Pierre, à Rome, Custos ecclesiœ^ s'étant levé la nuit pour garnir les lampes, saint Pierre lui apparut et lui dit : a Colliberte, quare tam citius surrexisti (L. ïu, c. 24). »

Ce terme de Collibertus, a été donné dans la basse latinité aux serviteurs des ecclésiastiques, apparemment comme ayant été affranchis de la servitude ancienne, et devenus clients d'esclaves qu'ils étaient ': il était déjà en usage du temps de saint Grégoire.

Enfin ce pape (Ibid., c. xxv), raconte qu'une fille paralytique priant saint Pierre de la guérir, il la renvoya à Abundius, garde et mansionnairé de son église, Custos ecclesiœ^ mansionarhts^ qui lui rendit la santé ; que les gardes des églises en fermaient les portes, éteignaient et rallumaient les lampes (Ibid., c. xxiv, xxx' Epist., I. III, epist. l). Il est facile de conclure* de là quels étaient les devoirs de ces officiers..

Jean Diacre en parle dans la vie de ce saint pape, et leur attribue les mêmes offices (L. m, c. 58). Denis le Petit a traduit maiisionariu ^ Ieirapap.cvapic;du coucile dc Calcédoiue. Il en est aussi fait souvent mention dans le concile de Constanlinople tenu sous Menas. Et il se pourrait bien faire que cet officier, à qui l'on donnait le nom de mansionarius^ était le portier.

Saint Paulin proteste que s'il se soumit avec peine à la prêtrise, à laquelle on le força, ce ne fut pas par dégoût, parce qu'il avait toujours désiré de commencer sa conversion par le plus bas office de l'Eglise. <x Ab aeditui nomine et officio optavi sacram incipere servitutem (Epist. vi). » U est probable néanmoins que c'étaient quelquefois des prêtres même qui faisaient cette fonction. A peine peut-on douter que les mansionnaires-des Grecs ne fussent prêtres.

Saint Jérôme loue le saint prêtre Népotien' du soin et de l'adresse qu'il avait à orner les églises avec des fleurs, et d'autres ajustements d'une agréable verdure, a Quod basilicas ecclesiœ et martyrum conciliabula diversis floribus et arborum comis, vitiumque pampinis adumbravit; utquidquid placebat in Ecclesia, tam dispositione, quam visu, presbyteri laborem et studium testaretur (In Epitaphio Nepotiani). »

Tous ces termes irpooiMva^oç , lUansianarius, MdUuus, marquent la résidence que ces olA«

tàers deTaîent faire dans l'église qui leur était commise. Je ne les ai pas appelés sacristains, parce que ce nom sied mieux au garde des Tases sacrés.

Je n'ai pu exprimer le scéYophylace des Grecs par un autre terme plus propre que celui de sacristain^ parce que cet office n'était pas connu dans l'Occident^ et c'était le diacre ou l'archidiacre, ou Tévêque même qui en fai-, sait la charge. Car Optât raconte comment Hensurius, évoque de Cartbage,. étant obligé d'aller se présenter aux empereurs païens, confla tous les ornements sacrés à des vieillards d'une fidélité éprouvée, à ce qu'il pensait, pour les rendre à son successeur s'il ne revenait pas ; il ne revint pas : on rendit, ou plutôt on dut rendre le tout à Cécilien qui lui succéda (Opta* tus, contra Parmen., 1. n).

XVI. L'évêque de Chypre qui a écrit la vie de ddint Jean l'Aumônier^ patriarche d'Alexandrie, |)arle des nebdomadiers (Cap. xiii], et il raconte comment ce saint prélat ayant une fois interrompu la célébration du sacrifice, entra dans la sacristie, in cimiliachium^ et envoya vingt faebdomadiers pour chercher un ecclésiastique qu'il voulait obliger de se réconcilier avec lui.

II est aussi très-probable que c'étaient des laïques qui étaient officiers de l'église, et servaient par semaines, comme dans toutes les règles des moines il est parlé du tour que les religieux doivent garder entre eux, pour servir par semaines dans les plus bas offices.

Saint Epiphane a mis au rang des officiers de l'Eglise, plutôt que des clercs, ceux qui étaient destinés à enterrer les morts. Il les appelle Kcnûtrac, Laborontes ^ qui mortuorum cadavera curant (Expos, fid., n. 22). Mais il ne donne pas un autre rang aux portiers que nous mettons entre les clercs, et saint Jérôme honore de ce même nom ceux qui sont chargés

du soin des sépultures ; c'est-à-dire, de faire les fosses, d'ensevelir et d'enterrer les corps et les mettre en terre, a Clcrici quibus id officti erat^ cruentum Ifnteo cadaver obvolvunt, et fossam bumom lapidibii^ construentes , ex more tumulum parant, etc. Recens a clericis cespes ostenditur, etc. (De muliere septîes icta). »

Voilà ce que saint Jérôme dit de cette femme qui survécut à ses funérailles, parce que sept coups d'épée de la main du bourreau n'avaient pu lui abattre la tête. Or, si les clercs faisaient ces fonctions pour les victimes de la justice publique, on ne peut douter des autres fidèjes.

On en doutera bien moins quand on apprendra du même saint Jérôme que les évoques ne crurent pas déshonorer leurs têtes couronnées en les soumettant au cercueil de la sainte et illustre Paule. a Translata episcoporum manibus et cervicem feretro subjicieutibuâ, cum alii pontifices lampadas cereosque prsferrent, alii choros psallentium ducerent in média spelunca ecclesias salvatoris est posita (In Epitaph. Paulœ). »

Saint Grégoire, évêque de Nysse, témoigne qu'ils portèrent, lui et l'évêquc du lieu , un côté du cercueil de sainte Macrine^ l'autre côté étant porté par deux des plus considérés entre les ecclésiastiques, quoiqu'il y eût sept ou huit stades jusqu'à Téglise des Martyrs, où on devait l'enterrer, et où ceux dont elle avait pris naissance étaient déjà enterrés.

11 est donc certain que saint Epiphane et saint Jérôme ont eu raison de dire qu'il y avait des clercs dont l'office était d'enterrer les morts. (In vita sanctae Macrinae). Car ce n'était pas par office, mais par l'excès d'une humble piété que ces évêques s'abaissaient à rendre ces mêmes devoirs à des personnes d'une sainteté extraordinaire (!}.

(1) D'aprè» Oill«ttf, dam son aaTsnt Une del prr'mte«ro, lat prexi«n dignitaires do lacré palais de Latrao, durant l'époque carlotiogienoe et longtemps après étaient : lo le primicerius notariorum, appelé quelquefoia prùniceriiia sanclœ Sedis. Il avait le gouvernement de la cbancellcne et de la secrélairerie d'Etat, la surveillance de toutes les autres charges et dignités ; c'était réellement ce qu'aujourd'hui on appelle le secrétaire d'Etat avec tontes ses attributions; 2o le secun» di:eriuMt qni était le vicaire du premier; aujourd'hui il est appelé fQbstitttt du secrétaire d'Eiât. On sait que de nos jours l'habile cardi- .nal AntooeUi a pour substitut Mgr Bérardi, archevêque deNicée; ^ ÏAreariM», chaxgé d« radoûDtftfation dM revenus publics i c'éuùt

le ministre des financée; 4a le êaeeéîlariut, alDii appelé d« dmI êaeeellus, bourse, parce qo'il était le payeur général de la milioe et des fonctionnaires, le distributeur des aumônes et des laigeesee dee papes; 5o le protoscriniariuSy était le chef des archiTistes et lecoo- Bervateur des titres et papiers publics; 60 le primicerius defaunrmm était le chef des avocats préposés à la défense des églises, des pao- Tres et des établissements charitables ; 7e le nomenclator arait pour fonction d'annoncer les personnes admises à la table du pape on ia« troduites à l'audience, de recevoir les pétitiooe, de les classer, de les présenter en temps opportun, de soigner lat intérêts des veuves et â«a orphelins auprès du papa, ' (Dr AiumulJ

DES CARTULAIRES, CHARTOPHYLACES, etc.

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