se pourrait faire que Fassociation des
prêtres et des diacres cardinaux avec les sept
évêques aussi cardinaux, eût alors commencé
à se former et que ce fut ce sacré collège à
qui l'auteur ancien des vies des papes donne la
qualité de princes du clei^é. « Proceres cleri
(Anast. Biblioth., in vita Leonis III]. »
Léon Iir fût élu par ces princes du clergé,, par les autres ecclésiastiques, par les personnes de qualité , et par le peuple, de Rome. < A cunctifi sacerdotibus, seu proceribus , et pnmi dero, neçnonetoptimatibus, vel cuncto populo romàno. »
Ces sacrificateurs et princes sont très^probublement les évêques, les prêtres et les diacres . cardinaux^ que leur rang et leur dignité distinguait du reste du clergé.
Cela est encore plus claii^ dans la suite, où il est dit que Léon III revenant à Rome, fut reçu avec une extrême joie des princes du clergé, de tout le clergé, du sénat et du peuple, a Tarn proceres clericorum, cum omnib.us clericis, quamque optiniates, et senatuâ et populus. » Dans l'élection de Yalentin P', les évêques sont nommément exprimés : « Collectis in unum episcopis, et gloriôsis Romanorum proceribus. » Dans celle de Serge II, ils sont mêlés inditréremment avec les autres cardinaux : « Cum proceres, et' Romanse urbis optimales, universusque populus pro eligendo pontiflce in unum coissent. »
IV. Léon IV fit faire le procès dans un concile, à Anastase, prêtre carditial du titre de Saint-Marcel^ pour avoir été cinq ans sans résider dans sa paroisse. On rendit cet honneur à ce cardinal, de le taire citer par trois évêques : < Per très Tocatus episcopQS. » A quoi néahmoios il ne se rendit pas (Anast. Bibl.].
On peut inférer de là que œttQ épuioence du. cafdinalat était déjà fort révérée, quoique tous les évêques eussent toi:^ours la préséance avant les prêtres et les diacres cardinaux.
Ce concile même, qui fut tenu en 853, où Anastase fut déposé, en est une preuve couyaincante; car les évêques, au nombre de soixante -sept, y précèdent et y Souscrivent avant tous.les prêtres et tous les diacres cardinaux.
V. Dans réle*ction de Benoît III, les électeurs du pape sont exprimés d'une autre manière, a Cterus et cuncti proceres , i> ou bien : a Episcopi cum clero et populo. » Et dans la vie de Niqplas P': aUpiscopi , presbyteri, proceres et optimatos. i> Dans celle d'Adrien II , le roi des Bulgares demande un des cardinaux pour être fait archevêque de Bulgarie, c Aliquem ex cardinalibus. »
Jean VIII ordonna que le patriarche de Cens* tantinople ne serait plus élu à Tavenir que d'ej^tre les prêtres et les diacres cardinaux d^ la même Eglise, a Nisi de cardinalibus presbyteris et diaconibus Constantinopolitanse sedis (Ep. Gxcix]. » Il donna le même ordre à ceux de Milan, d'élire le plus digne de leurs diacres ou prêtres cardinaux. « Qui de cardinalibus presbyteris aut diaconibus dignior fuerit repertus
(Ep. GGXXl). »
Gautier^ évêque d^Orléans, ààM ses capitulalres, chap. n, cofnmande aux archidiacres de Teiller sur les prêtres cardinaux, c'est-à-dire sur les curés : à Et per archidiaconos vita et doctrina j)resbyterorum cardinalium investigetur. »
Atton, évêque de Verceil, dans son capitulaire, chap. xc^ ordonne aux curés de s^adresser au chapitre en l'absence de l'éTêque. « Quod si defuerit , cardinalibus primsB . sedis intérim suggeratur. »
VI. Le titre de cardinal se donnait donc aux prêtres et aux diacres des autres églisefi , mais les évêques ne prenaient point encore cette qualité dans le sacré collège.
Dans le concile romain qui fut tenu hn 963, sous Othon P', où Jean XII fut déposé, tous les évêques précèdent les cardinaux , les seuls prêtres ou diacres de Rome se ((baliflent cardinaux, les évêques suthragants- de la métro-' pôle de Rome se distinguent toutefois admirablement par le titre d'éyéques romains.
Voici comment ils sont exprimés dans les actes .du concile : or Tune Romani Pontifices, episcopi scilicet suffraganei, et cardinales presbyteri,
ac diaconi, cum uniyena plèbe dixenmt, etc. > L'empereuf Othon en parle ainsi dans sa lettte au pape Jean : « Dum fllios yestros, Romanos scilicet episcopos, cardinales presbytères ,' et diaconos et uniyersam plebem de yestra absentia percontaremur, etc. » .
n est donc évident que les' éTèques suffiragants de la métropole de Rome étaient alors nommés^ non pas évoques cardinaux, mais Evêques Romains, Pontifes Romains. C'est apparemment' en ce mêmie sens' que Févèque George , envoyé de Rome, fut appelé plusieurs fois évoque romain dans le concile de Complègne, sous le roi Pépin. Georgius, episcopus Romanus (Anno 757 , Gonc* Compend. , can. IX, XI). Ce fut en ce même sens que Charlemagne consulta Léon III^ et les autres'évëques romains : a Consultu Leonis apostolici , csBterorumque RomanaB Ecclesiœ episcoporum (Çapit., L v, cap. 34). ft
Pour revenir au concile romain sous Otbon, il y a encore cela de fort remarquable , qu^on y nomme un Jean, sous-diacre cwlinal^ Cardi-^ rialem subdiaconum. On sera peut-être encore plus surpris d*y entendre nommer un archiacolytbe. aStephanusarchiacolythus, cum omnibus acolythis (Luitprand., 1. vi, c. 6, 1, il). » Hais ces exemples ont été très-rares et sans conséquence.
VII. Quant à ce rang extraordinaire des evêques romains, c'est-à dire suffragants de Rome, qui ont depuis été nommés évêques cardinaux^ il n'y a rien ni de nouveau, ni d'extraordinaire. On sait que comme un évêque, selon les Ibis canoniques, concertait toutes choses avec le clergé, c'est-à-dire avec les prêtres et les diacres de son église, ain^i Te métropolitain, selon les mêmes ordonnances de TEglise, devait agir dans toutes les matières importantes avec le conseil de tous les évêques de sa province.
11 suivait de là, que comme pendant quelle siège épiscopal était vacant, toute l'autorité épiscopale résidait dans le corps du clergé, ainsi, lorsque le métropolitain était mort, ses pouvoirs et ses obligations retombaient sur les évêques de la province. Mais soit que le siège -soit rempli ou vacant, il est indubitable|, selon les canons, que l'adminisâratibn de toutes les affaires de quelque conséquence, appartient aux évêques de la province et au chapitre de l'église métropolitaine, qui doivent ou coqpou- Tir avec le métropolitain , ou suppléer à son défaut.
vm. Quelque grande que puisse aToir éV l'élévation des prêtres et des diacres cardioaBx et quelque étroite liaison qu'ils puissent avos eue avec les évêques romains, ou salBraganh de Rome , ces évêques ne se séparaient poin encore du corps des autres évêques; et pv conséquent les prêtres et les diacres cardimn ne marchaient encore qu'après tous les évêques.
En effet, il y a toutes les apparences Ai monde, que la préséance que les prêtres et Is diacres cardinaux de Rome ont enfin emportée sur les évêques, est en partie provenue de l'union très-étroite que les cardinaux ont contractée avec les évêques suffhigants , en sorte que ne faisant plus qu'un corps, il n'ont phe voulu se séparer, ni dans les séances , ni dans les souscriptions. Mais cela n'est arrivé que vers le xii* siècle. Tous les conciles romains tenus avant Tan mil, font foi que tous les évêques précédaient les cardinaux, et ^e les diacres cardinaux n'étaient pas même assis dans ces conciles, mais ils se tenai^t debout derrière le siège des évêques et des prêtres cardinaux.
IX. On voit bien hors de Rome, en France et en Orient, des diacres cardinaux de Rcsne qui président aux conciles avant tous les évé-* ques; mais c'était en qualité de légats du Siège Apostolique et comme représentant la personne du pape.
Les évêques du concile IV de Tours, tenu en ' 849, reprochèrent à Nomenoy, duc de Bretagne, l'insolence inouïe avec laquelle il avait refusé de recevoir les légats et les lettres do Saint-Siège : « Maximum reatum te contraxisse scimus, quod epistolam Sedis Apostolicae respuisti, etc. Propterea parati-. sumus, si vis, secundo tegatum sedis memoratae cum scriptis toti miindo venerandis dirigere. »
C'étaient Jes rois et les évêques de Prince qui avaient demandé au pape l'envoi de ces légats. Le roi Lothaire demanda depuis aa pape Nicolas qu'il envoyât des légats pour tenir un concile dans son royaume : a Regalis excdlentia vestra nuper apostolatui nostro direxit, ut pro perficienda synodo misses e latere nostro dirigere dignaremur (Epist. xix). »
On ne peut douter que lès légats apostoliques ' qui présidèrent au concile de Ponthyon, tena en 876, n'eussent été demandés par l'empereur Charles le Chauve,, puisqu'il voulut y présider comme légat du ^aint-Siége, persuadé que, s'ii honorait cette légation, la légation ne Is