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CHAPITRE SOIXANTE-QUATORZIÈME

LA PIÉTÉ DBS SÉCULIERS A ASSISTER AUX OFFICES DU JOUR ET DE LA NUTT, OU A LES RÉCITER EN PARTICULIER. d'oU L'ON CONJECTURE L'OBLIGATION PLUS PRESSANTE DES CLERCS, PENDANT LES CINQ PREMIERS SIÈCLES.

I. L'obligttion à la prière est la plus imiTerselle et la plus indispensable.

II. Cest le premier et le plas essentiel de tons les devoirs des ecGlésiiwtiques.

m. On le prouve par Tobligation qae les saints Pères ont imposée aux laïques de prier, et de pher toujours. Terlullien, saint Jérôme, Cassien^ saint Augustin.

IV. Saint Ambroise. Ces Pères veulent que les laïques prient souvent, prient pendant la nuit, récitent les psaumes, assistent aux offices.

V. Saint Chrysostome exhorte les laïques à lire les Ecritures, surtout celles du Nouveau Testament.

VI. Et k chanter des psaumes nuit et jour. Saint Basile. Saint Epiphane.

VU. Exemple admirable de l'empereur Théodose le Jenne et de tout son palais.

VUL De sainte Macrine.

L La prière étant le plus saint et le plus indispensable de tous les devoirs y je ne dirai pas des ecclésià^Hques , mais de tous les chrétiens, quelle apparence y a-t-il que les ecclésiastiques n'y fussent obligés par aucune or-

donnance de J.-C. ou des Apôtres, ou de FEglise?

Le Fils de Dieu n'a-t-il pas commandé à ses apôtres^ à ses disciples et à tous les fidèles de prier, et de prier sans interruption ? N'en a-t-il pas donné Fexemple ? Le grand Apôtre n*a-t-il pas exhorté les chrétiens à pWer sans cesse ? Saint Luc ne nous apprend-il pas que ce divin apôtre, dans la prison même, chantait des psaumes à minuit ? Ne nous assure-t-il pas que les apôtres se déchargèrent du soin du temporel , aflp de s'occuper entièrement à la prière et à la prédication ? Saint Etienne, qui fut un de ces admirables diacres qui soulagèrent les apôtres du soin des choses temporelles, ne paratlil pas dans les mêmes Actes un homme d'oraison, et élevé même jusqu'à un très-haut degré d'oraison , où le Fils de

Dieu se montra à lui dans le trône de sa gloire ?

du sait que les prières ordinaires des Israélites dans le Temple^ et ailleurs , étaient les psaumes de Da^id. Ainsi on ne peut douter que l'Eglise naissante de la Judée n'ait conservé une si sainte coutume.

n est donc très-apparent que Ton ne fit aucun canon qui obligeât les clercs à l'office canonique durant ces premiers siècles , parce que Tesprit de piété , et Famour de la prière était encore dans sa première ferveur ; et il n'y avait personne qui ne regardât l'obligation de prier comme la plus douce, et en même temps la plus indispensable de toutes.

Comme les lois ne se font que pour remédier aux désordres qui se sont élevés^ et que le juste trouve toutes les lois écrites dans le fond de son cœur, on n'a recouru à Tautorité, aux lois, et aux canons, que lorsque cette première ardeur a commencé de se ralentir.

II. C'est une défaite ridicule de dire que les ecclésiastiques avaient les occupations propres de leurs ordres ^ et qu'elles leur ont été recommandées par les canons , sans qu'il y soit parlé de la récitation , ou du chant des psaumes.

Bien loin de croire que la prière doive céder, ou être postposée aux autres occupations, quelque saintes et quelque importantes qu'elles puissent être : qu'au contraire les Apôtres voulurent être soulagés des autres occupations , pour s'adonner entièrement à la prière et à la prédication, et à la prière avant la prédication. « Orationi et ministerio verbi instûites erimus (Act. VI, V. i). »

Un exemple si illustre a autorisé cette maxime, qui a depuis toujours été incontestable parmi les Pères et les personnes de piété, que la prière est la première de toutes les occupations non-seulement des évêques et des prêtres, qui ont succédé aux fonctions apostoliques , mais aussi de tous les ecclésiastiques : qu'elle doit précéder toutes les autres occupations : qu'elle doit les accompagner , les régler par ses divines lumières^ et les soutenir par ses puissantes influences.

Quoique dans quelque rencontre particulière, et dans une pressante nécessité, l'on doive laisser ou interrompre la prière pour secourir le prochain , cela n'empêche pas que ce ne soit une règle générale et invariable dans la coniluite et dans la vie des ecclésiastiques, que la

prière fervente , fréquente , ou même continuelle doit être la plus importante et la plus indispensable, aussi bien que la plus sainte et la plus délicieuse de leurs occupations.

ni. Or que l'esprit et l'amour de la prière fut si ardent dans les ecclésiastiques des premiers siècles, que ce soit là la véritable raison qui a empêché les conciles d'en faire des canons, et des commandements exprès : c'est ce qu'il sera facile de justifier par les témoignages des saints Pères, lorsqu'ils racontent les mœurs et la conduite des laïques. Saint Luc ne dit-il pas de tous les fidèles, qu'ils persévéraient dans la prière ? a Erant persévérantes in doctrina Apostolorum, et communicatione fractionis panis, et orationibus (Act. n,v. AS). »

TertuUien nous apprend que les| personnes mariées, et les femmes mêmes se levaient la nuit pour prier : <x Cum per noctem exui^s oratum. » Et un peu plus bas : « Unde sufficiam ad enarrandam felicitatem ejus matrimonii; quod Ecclesia conciliât, etc. Simul orant, etc. Sonant inter duos psalmi et hymni, et mutuo provocant, quis melius Deo suo canet. Talia Christus videns et audiens gaudet. Ubi duo, ibi duo et ipse (Ad uxor., 1. ii). »

Si les laïques vivaient ainsi, que devaient faire les clercs qui étaient leurs directeurs ? Si les personnes mariées vivaient de la sorte, s'ils chantaient des hymnes et des psaumes le jour et la nuit, s'ils faisaient de leur maison une église, que jugerons-nous des ecclésiastiques qui leur donnaient des instructions si saintes? Détruisaient-ils par leurs exemples lesbons enseignements qu'ils leur donnaient ? Si les clercs mariés vivaient de la sorte, que faut-il penser des diacres, des prêtres et des évêques, et de tous ceux qui étaient les sacrificateurs de leurs propres corps par la continence?

TertuUien dit ailleurs que les fidèles commençaient et finissaient leur repas par la prière ; que durant le repas ils s'entretenaient des Ecritures, ou ils chantaient des hymnes à la louange de Dieu ; enfin qu'ils prenaient de telle sorte leur nourriture durant le jour, qu'ils pussent se lever la nuit pour prier: a Ita saturantur, ut qui meminerint etiam per noctem adorandum Deum sibi esse. »

Saint Jérôme écrit à la sainte vierge Eustochie qu'il faut se lever deux ou trois fois toutes les nuits, et interrompre son repos par des prières réitérées, et par la méditation des Ecritures. cNoctibus bis terque surgen-

LA PIÉTÉ DES SÉCULIERS A ASSISTER AUX OFFICES

dum^ et revolvenda quse de Scripturis memoriier retinemus (Ad Eustoch , de custodia virginit.). j>

Le même Père écrivant à Marcelle, pour Finviter de venir à Bethléem^ lui assure que les laboureurs mêmes y somsi avancés dans la piété, que Toraison et le cbant des psaumes accompagne toujours leur travail. « In Christi vero villula tota rusticitas, et extra psalmos silentium est. Quocumque te verteris, arator stivam tenens, alléluia décantât. Sudans messor psalmis se avocat, et curva attendens falce vitem vinitor, aliquid Davidicum canit. Hœc sunt in hac provincia carmina, hae, ut vulgo dicitur, amatoriœ cantiones (Epist. ad Marcell. ut commigret Bethl.). »

Si les vignerons et les laboureurs étaient si savants et si affectionnés au chant des psaumes, et s'ils en faisaient le soulagement de leur travail, on n'aura pas de peine à croire après cela, que les ecclésiastiques, et ceux-mémes d'entre eux qui exerçaient quelque métier, eussent la même application à la prière. Ce Père dit ailleurs, que les femmes doivent chanter les psaumes dans leurs maisons : a Quis ignorât psallendum esse feminis in cubilibus suis, et absq[ue virorum frequentia , et congregatione turbafum (L. i, adv. Pelag.]. d

Cassien nous a appris ^e les moines d'Egypte ne s'assemblaient pas dans Téglise pour les heures canoniales de Fofflce du jour, mais qu'ils travaillaient tout le jour en chantant des psaumes (L. m, c. â). Le même Cassien parle ailleurs de la sainteté miraculeuse d'un paysan qui commençait et finissait toujours son travail de la journée par aller à Téglise, pour attirer par la prière des bénédictions du ciel (Collât.

XIV, c. 7).

Saint Augustin remarque dans une explication des psaumes, que tout le peuple était si instruit des Ecritures, que son auditoire le prévenait quelquefois par un doux murmure dans les allégations qu'il en faisait pour son sujet. « Jam respondetis et audio murmur bene tenentium Scripturas. Deus qui hoc scripsit in cordibus vestris, confirmet et in factis vestris (In Psal. Lxxxv). d

Ce Père composa un psaume abécédaire, sui- Yant les lettres de Talphabet, pour apprendre aux peuples mêmes les points de la créance catholique, contre les donatistes qui les environnaient de toutes parts. Les Pères grecs, comme nous avons déjà dit, en usèrent sou-

vent de la sorte contre les Ariens ; l'expérience ayant appris aux Pères latins et grecs que le chant des psaumes et des hymnes était le moyen le plus propre pour instruire le peuple, l'animer et l'encourager. Il dit dans ses confessions que sa mère allait tous les jours deux fois à réglise, au soir et au matin, pour prier et pour entendre la parole divine, a Mane et vespere, ut te audiret in sermonibus tuis, et tu illam orationibus suis (L. v, c. 9). »

lY. Saint Ambroise dit qu'il faut avoir renoncé à rêtre même et à la nature de l'homme, pour commencer ou finir le jour sans chanter quelques psaumes : puisque les oiseaux mêmes ne manquent pas en ce temps-là de bénir leur créateur, et à nous y exhorter par la mélodie de leur chant, a Quis enim sensum hominis gerens non erubescat, sine psalmorum celebritate diem claudere; cum etiam minutissimae aves solemni devotione et dulci carminé ortus dierum acnoctiumprosequantur (Hexam., L v. c. xii). »

En un autre endroit il tâche de porter tous les fidèles à imiter l^xemple du roi David, en consacrant une partie des nuits à la prière et à l'étude des Ecritures : « Surgebat noctis medio David, <K ut Domino confiteretur, tu totam noctem sopori existimas deputandam? Tune magis tibiorandusestDominus, etc. Non dormiamus ergo totis noctibus, sed maximam partem earum lectioni et orationibus deputemus (In Psal. c. cxviu, Oct. 7). »

Il ne peut souffrir qu'on épouse d'autres que des catholiques, avec qui on peut se lever la nuit pour la prière : et Simul ad orationem nocte nobis surgendum est, et conjunctis precibus obsecrandus Deus (De Abraham, 1. 1, c. ult.).»

Il dit ailleurs que le jour ne suffit pas, qu'il faut encore partager les nuits entre le repos et la prière, qu'il faut prier à minuit, et que l'exemple de J.-C. nous y convie. « Non satis est dies ad deprecandum, surgendum est et nocte, et média nocte. Ipse Dominus pemoclavit in oratione , ut te proprio ad deprecandum invitaret exemplo (Ibid. Octon. 8). »

Si ce saint Père proposait ces règles aux laïques, peut-on douter qu'il ne les suivit luimême, et qu'il n'y assujétit son clergé? Ce qu'il dit ailleurs n'est pas moins beau, ni moins pressant : « Qui rogat itaque, semper roget. Et si non semper precatur, paratum semper habeat precantis affectum. Pernocta bat in oratione Jésus, statuons tibi imitationis

206 DU SECOND ORDRE DES aERCS, - CHAPITRE SOIXANTE-QUATORZIÈME.

exemplum, etc. El tu surge vel média nocte, si non potes tota semper nocte vigilare, ut dum oras nocte, veri solis pectori tuo splendor irradiet. Quia omnis anima, quœ Christum cogitât, in iumine semper est(Ib. Octon. 19). » £t un peu plus bus : a Praeveni orientera solem, etc. An nescis homo quod prirnitias tui cordis ac vocis, quotidie Deo debeas? d

En un autre endroit , après avoir exhorté tous les fidèles à la prière du matin, pour rendre grâces à Celui qui veille pour nous pendant que nous dormons, et qui nous reçoit comme dans son sein, pour nous y faire goûter la douceur du repos, et les délices d'une paix profonde : a Ut ego securus dormiam^ ille pervigilat : Ipse enim nos Deus ituros cubitum quodam gremio quietis suscipit, et tbesauro pacis reconditos servat (Serm. in Halacb.) : » Il veut qu'on finisse la journée par la récitation du psautier, afin que ce soit comme un chant de triomphe après avoir combattu durant le jour, et surmonté les ennemis de notre salut, et que le repos de la nuit soit comme la récompense de notre victoire, a Sed et cum vespera diem claudit, ipsidebemus per psalterium laudem dicere , et gloriam ejus modulata suavitate concinere; qua operum nostrorum consummato certamine, veluti victores requiem mereamur, et laboris quœdam palma sit soporis oblivio. »

Enfin la ferveur de ce Père s'étend jusqu'à exhorter les fidèles de consacrer les jours et les nuits à la prière , à Timitation de ces oiseaux^ dont la nuit même ne peut interrompre les louanges qu'ils chantent à leur céleste bienfaiteur, a Imitare minutissimas aves , mane et vespere creatori gratias referendo. Et si es devotior, imitare lusciniam, cui quoniam ad dicendas laudes dies sola non sufficit , nocturna spatia pervigili cantilena decurrit. Et tu igitur laudibus tuis diem vincens, operi tuo adde nocturna curricula, et insomnem suscepti laboris industriam, psalterii série consolare. »

Il eût été honteux dé faire aux laïques des exhortations si fortes et si pressantes , si les ecclésiastiques et si les diacres , les prêtres et les évêques même n'eussent rien pratiqué de semblable. Enfin ce Père, dans sa préface sur les psaumes^ fait clairement voir que la prière des psaumes était commune à tous les âges, à tous les sexes, à toutes les conditions, en tous lieux, en tous temps et en toutes rencontres. « Psalmus nocturni pavons solatium , diurni

laboris requies, institutio incipientium, perfectorum confirmatio, etc. Domi psalmus canitur, foris recensetur. »

V. Les Pères de l'Eglise grecque ont été animés du même esprit, et ils ont aussi porté les peuples à la même assiduité à la récitation des psaumes et à la lecture des Ecritures.

Saint Chrysostome expliquant ces paroles de saint Paul : a Commonentes vos ipsos in psalmis, hymnis et canticis spiritualibus, etc, » il en conclut que, selon TApôtre, les gens du monde doivent aussi avoir un amour et une application toute particulière aux Ecritures : « Audite quicumque estis mundani et uxori praBestis et liberis, quomodo vobis quoque maxime mandet légère Scripturas : et non leviter, nec temere, sed magno studio ac diligentia (In ep. ad Coloss. hom. il). »

Ils doivent au moins se rendre familiers les livres du Nouveau Testament, qui leur seront comme de célestes médicaments qui guériront toutes les maladies de leur âme, ou comme les armes avec lesquelles ils repousseront tous les efforts de leurs ennemis spirituels; enfin la source de tous les maux ne vient que de l'indifférence qu'on a pour les Ecritures.

« Si nulles alios vultis, novum quidem certe Testamentum vobis parate, Apostolorum Actus, Evangelia, magistros perpétues. Si dolor acciderit, tanquam in medicamentorum apothecam aspice, illinc mali accipe consolationem. Hoc est omnium malorum causa, nescire Scripturas. Absque armis imus ad bellum, et quomodo oportet esse salYOS (In Epist. ad Heb. hom.)?»

Il remarque ailleurs que le lecteur lisait les Ecritures au peuple dans Téglise deux ou trois fois toutes les semaines. Il y a une infinité d^autres endroits où ce saint docteur a employé son admirable éloquence à persuader aux laïques et même aux artisans la lecture des livres saints.

Yl. Hais comme la lecture des Ecritures n'est qu'une partie de l'office divin, et que la prière et la psalmodie est ce qu'il y a de plus important, voyons comment saint Chrysostome a fait connaître aux laïques leur obligation à s'y adonner sérieusement. Il ne leur permet pas de s'en exempter même durant la nuit.

a Non ideo facta est nox, ut per totam dormiamus, et otiosi simus. Testantur hoc et opifices , nautae, negotiatores. Ecclesia Dei mediis surgit noctibus. Surge et tu^ et vide astrorum

LA PIÉTÉ DES SÉCULIERS A ASSISTER AUX OFFICES

cboream, obstupesce admirabilem Dei dispensationeDi. Ad iriros et ad mulieres mihi sermo est, flectegenua, ingemisce, ora, etc. Sitecclesia domus ex -viris mulieribusque constiluta , etc. Si tibi filii sunt^ excita et filios, et fiai modis omnibus domus noctu ecclesia. Si autem teneri sunt et vigiliam ferre nequeunt , unam et alteram orationem faciaut, et iterum sinito quiescere (In Acta. bom. 26 ). »

C'est ainsi que ce Père veut que les séculiers s'efforcent d'imiter TEglise^ où on célèbre durant la nuit les louanges de Dieu ; il n'épargne ni les maris, ni leurs femmes, ni les plus tendres enfants ; il yeut qu'ils fassent de leur maison une église. Il commande ailleurs qu'on prie à toutes les heures du jour : « Imo yero singulis boris precatio est ad Deum adbibenda ; et in ea diei cursus conficiendus. Hiberno ^ero tempore plurimam noctis partem in precibus traducamus , et magno eu m timoré genua flectentes, precationi operam demus (Chrysostomus^ tom. 1^ bom. 67 ; tom. ii, de Anna. bom. 4; tom. m; In.psalm. 41). x>

Saint Basile a exigé des personnes séculières la même assiduité à la prière, a Ne patiareyitse totius dimidium nuUo tuo usu tibi prœripi , dum stupido somno lentescis. Quin tu potius ipsam tibi dispertito noctem, in somnum atque «rationem ( Basilius, tom. i ; In martyrem Julittam hom.).i>

Saint Epiphane dit que FEglise catholique recommande à ses enfants a^ec instance de prier sans cesse jour et nuit avec une ferveur infatigable : a Preces ad Deum assidue fundere , easdemque frequentissimas et sedulas^ genibus intérim opportune tempore flexis, noetes ac dies prœcipit (Epipb.,de expos. fidei caihoL). »

VII. Socrate dit que l'empereur Théodose le feuoe avait changé son palais en un monastère;

dès le point du jour il y chantait les psaumes alternativement avec ses sœurs, il apprenait par cœur les divines Ecritures, il en conférait avec les évêques avec autant de suffisance que s'il eût été Tun d'entre eux; enfin il assembla une bibliothèque de livres saints et de leurs interprètes avec autant de diligence^ mais avec plus de piété que le roi d'Egypte Ptolémée.

« Ejus regia non dissimilis fuit monasterio ; Nam primo diluculo ipsemet eu m sororibus suis hymnes alternatim decantavit. Quin etiam sacras litteras memoriter pronuntiavit. Cum episcopis perinde ac si sacerdos jam oliui fuisset designatus, de eisdem disseruit. Libres tum qui sacra Dei eloquia complectebantur , tum quiabeorumdeminterpretibusconscriptierant, roulto diligentius quam olim Ptolemœus Philadelphus in unum colligendoscuravit ( L. vu, c. ââ ]. » Ce sont les parties qui composent l'office divin , le chant des psaumes et la lec* ture des Ecritures et des saints Pères^ qui les ont exposées.

VIII. Saint Grégoire de Nysse, dans la vie de sa sœur sainte Macrine, nous assure que dès sa plus tendre enfance elle apprit la sagesse de Salomon et le psautier^ dont elle récitait les psaumes aux heures réglées, ou pour mieux dire à toutes les heures, en se levant et se couchant; avant et après son repas^ en commençant et finissant ses études, a Erat psalmorum haudquaquam ignara^ prs&finitamque eorum partem statutis temporibus prœcurrebat , etc. s Hacrine instruisit son frère Pierre qui fut depuis évéque, en la même manière qu'on Favait élevée elle-même.

J'espère faire voir dans les chapitres lxxix, Lxxxin, et autres de ce livre un grand nombre de personnes séculières, à qui ni le mariage, ni le tumulte des affaires n'ont pu faire omettre la récitation de l'office divin.

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