L'oriflamme
3. Philippe le Bel, selon Du Breul, perdit l'oriflamme à Monsen-Puelle (1304); mais il ajoute qu'il y en avait une autre. Le porte-oriflamme étant ton)bé de cheval périt étouffé dans son armure, les Flamands se précipitèrent sur son corps, lui arrachèrent l'enseigne qu'il tenait et depuis on ne sut ce qu'elle était devenue.
9fr ESTIENNE CHOLET.
de figures, & au delà, la ftatuë de Dagobert. Non guéres loin de cette Abbaye eft vne Chapelle, furnommée de :
37. Catvlle, où S^ Denys poru fon chef, àPayde des Anges*. Son corps y fut enterré par vne Dame chreftiennc*, où il repofa auec les deux autres martyrs iufques à leur tranflation 536 ans. S. Geneuiefuela releua de fes ruines, pendant l'exil de Chilpéric I. Ce lieu eft aujourd'huy Prieuré, nommé 5. Denys de Leftré^ La ville de S. Denys a vne foire appellée :
38. Le Lendit, du mot latin indiélum, pource que Charlemagne Tinflitua par forme d'édift à Aix-la-Chapelle*. Charles le Chauve la tranf porta depuis par vœu particulier à S. Denys, auec Indulgences obtenues des Papes. On y vient de tous coftez. Il y a des Halles médiocrement belles, garnies de loges qui furent bruflées pour la plufpart Tan 1336. Reuenons aux faux-bourgs S. Denys, & confidérons en chemin:
1. La Légende dorée rapporte qu'aussitôt après sa décollation le corps de saint Denis se releva, et, prenant sa tête entre ses bras, conduit par un ange, — Cholet, pour lui faire honneur, lui en donne plusieurs, — et que, entouré d'une lumière céleste, il la porta durant un espace de deux milles, depuis un endroit qu'on appelle le Mont des Martyrs jusqu'au lieu où il repose maintenant.
2. Nommée Catule d'après la même Légende, de là le nom donné à la chapelle.
3. L'Estrée Saint-Denis devait son nom à la voie romaine qui en était proche, stratum, voie ou chemin; plusieurs localités, en France, sont ainsi dénommées, et pour la même raison.
4. La foire de Saint-Denis, dite le Landit ou Lendict, devait son nom à cette circonstance que le jour d'ouverture en était indiqué d'avance par l'évêque de Paris, — indictus dies, — eç non parce qu'elle avait été établie par édit impérial.
39. Les Croix de pierre faides en façon de pyramides, qile Philippe III, did le Hardy, fit baftir pour illuftrer le conuoy funèbre de Loys IX, fon père, canonizé depuis. Elles font diftantes Tvne de l'autre dVne diftance médiocre & quafi égale. A chafcujie d'icelles font entaillées les effigies de trois Rois, & à la pointe Timage du Crucifix*.
40. S. Lazare (appelé par erreur populaire S. Ladre) eft vn Prieuré conftruid pour certains Religieux viuans fous la règle de S . Auguftin, & réputé par beaucoup de tefmoignages eftre au lieu du Monafcère de S. Laurent. Sa fondation eft très ancienne. C'eft vne maladrerie, où les lépreux de Paris entrent avec vœu d'obédience au Prieur, & don à FEglife de tous leurs biens meubles & immeubles. Pendant le féjour du Roy dans la ville, ou es enuirons, ils ont droid de demander chafque iour à fon maiftre d'Hofcel la pièce de bœuf Royale, avec fix pains, & quelques bouteilles de vin, au lieu des 10 muids qui leur auoyent efté concédez par Loys VII. Pareillement droid de chauffage fur le bois de Vincennes, changé en vn moulin Tan 1190, qui eftoit fur le pont aux
I. Ces croix dites Montjoies étaient au nombre de sept, et marqaaient les stations du cortège funèbre entre Paris et Saint-Denis. Un emmarchement en * pierre supportait un piédestal orné de Diches surmontées de pinacles sculptées comme eux et contenant des statues des saints patrons de la famille royale. Un Christ également décoré surmontait ces édicules. On en trouvera le dessin et une plus ample explication dans le premier volume de la Collection des anciennes Descriptions, Voir Isaac de Bourges , P-44.
Mufniers. Chafque Boulanger* aufli de la Ville & faux-bourgs leur doit vn petit pain de feneftre*, toutes les femaines (conuerty depuis peu en vn denier parifis), d'autant qu'on y reçoit eux & leurs feruiteurs atteints de ce mal incurable, ores^ qu'ils ne foyent originaires de la Ville. Il y auoit autrefois une foire de quinze jours transférée aux Halles de Paris par Philippe- Augufte, en efchange dVne rente, payable au premier iour de chafque mois. Vne autre encore s'y tient appelée foire S. Laurent, dont les droits appartiennent au Prieuré, la luftice exceptée, qui toutesfois luy adiuge les amendes de 60 fols & au-deffbus. Icy eftoit vn Hoftel, où les Roys s'arreftoyent Tefpace de
1. La première confrérie des boulangers, sous le patronage de saint Honoré, évêque d'Amiens, fut établie dans l'église qui porte son nom. Une autre non moins considérable se forma à Téglise Saint-Laurent. Toujours en danger de brûler, eux, leurs maisons et leurs marchandises, ils se mirent sous l'invocation du diacre saint Laurent. Pour se préserver de la peste à laquelle ils se croyaient exposés à cause du feu, ils prirent un troisième patron, saint Lazare. Pendant une disette, ils fournirent de pain la maison hospitalière de Saint-Lazare, puis ils changèrent cette redevance en nature en une offrande en argent; enfin ils s'en exonérèrent en fondant une chapelle dans l'église du bourg de Saint- Lazare. Il est fait allusion ici à leur redevance en nature.
2. Par pain de fenestre il faut entendre tout pain de fantaisie, au lait, au beurre, les petits pains de Gonesse dont le Parisien du moyen âge était très friand, et qu'exposait à sa fenêtre le boulanger comme enseigne et appât, par opposition au pain commun ou de ménage. A cette époque aussi on ne donnait aux hospices et hôpitaux pour les infirmes et les malades, par esprit de charité chrétienne, que des morceaux de choix. Un reste de cet usage se trouve dans l'affectation qui se fait encore aux hospices du pro» duit de certaines saisies qui sont opér:*es, comme du gibier trouvé en fraude' sur un braconnier, au temps où la chasse est prohibée.