Curé
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46. Les Filles repenties eftoienc autresfois l'Hoftel du Duc d'Orléans, depuis Tan 1492, iufques à 1561 qu'elles furent inftallées au Monaftère S. Magloire. Ainfi furnommées de ce qu'ayant quitté leur vie impudique, elles embraffèrent la pénitence, par la yertu des prédications de F. lean Tifferand, Religieux de rOrdre de S. François.
47. S. Opportyne. Icy fe retira cette fainde Vierge, pour viure fainôement & religieufement fequeftrée des alléchements du monde*. Depuis en ce bois & lieu folitaire, fut érigée TEglife & chanoinerie fous fon nom, dite Tvne des Filles de Noftre- Dame *. Il y a vne Chapelle à codé du chœur appelée encores Noflre-Dame du Bois^ en laquelle S. Opportune faifoit les prières '.
48. S. Iacqves (Eglife & Hofpital) fut fondé par Charlemagne pour y loger les pèlerins de S. lacques de Compoftelle. Depuis renouuellée par leanne Roine
1. Sainte Opportune, supérieure d'an monastère de filles au diocèse de Séez, en Neustrie, vivait au viii" siècle. Lors des incursions des Normands, ses reliques furent apportées à Paris, où elle oe vint jamais de son vivant; ce que l'auteur dit de son séjour en cette ville est controuvé.
2. Le chapitre de Notre-Dame était indépendant de la juridiction épiscopale; mais l'évêque avait sous sa juridiction particulière les quatre chapitres de Saiut-Germain-l'Auxerrois, de Saint-Marcel, de Saint-Honoré et de Sainte-Opportune, — qui furent plus tard appelés ses quatre ^//es; c'est par erreur que Cholet appelle cette collégiale fille de Notre-Dame, — de même aussi les chapitres de Saint- Merry, du Saint-Sépulcre, de Saint-Benoît et de Saint-Étienne-deS' Grès, placés dans la dépendance du chapitre de la cathédrale, furent appelés les quatre filles de Notre-Dame.
3' Sainte Opportuse n'ajamaift habité Paris.
de France & de Navarre, dotée en outre d'vn doa précieux, aiTavoir de la jointure d'vn des doigts de la main de ce faind perfonnage, porté là-dedans par Hugues de Bezançon, 83* Euefque de Paris.
49. Icy eft vne Barriers des Sergents du Chaftelet, bailie par eux auec les fuyuantes, qui font, à la porte Baudets, au bout du pont S. Michel, au petit Chaftelet, & en la place Maubert, près la Croix des Carmes*.
50. La Croix de Gastine auoit efté élevée par arreft de la Cour au lieu de la maifon d^habitation démolie dVn nommé de Gaftine, condamné (& exécuté) à mort par luftice. Mais ayant efté oftée de nuift, & tranfportée au Cemitière des Innocents en Tannée 1571, il fe fit vne fédition populaire, fuiuie de bruflement & pillerie de deux maifons, Fvne voifine du lieu fufnommé, l'autre fur le pont Noftre-Dame, & de la mort d'vn feruiteur. La place fe void encore qui en porte toufiours le nom jaçoit quil n'y ait point de croix*.
51. Les Fontaines S. Innocent furent bafties l'an 1550, vn corps d'hoftel au-deffus, le tout de
1. Le nombre de ces postes de police urbaine ne fut augmenté qu'à la fin du xvii* siècle.
2. La croix Gastine a joué un certain rôle dans les émeutes de Paris au xvi* siècle ; son souvenir est inséparable de l'histoire politique et religieuse de cette ville. Elevée sur l'emplacement de la maison de Gastine, rue Saint-Denis, 29, elle fut transportée au cimetière des Saints-Innocents ; depuis la fermeture du cimetière, on ne sait où elle fut déposée; selon l'expression de Cholet, elle était « subjecte à être remuée d'un lieu à l'autre ». Voy. p. 17.
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pierre entaillée à Fantique, avec repréfentation de nymphes. •
52. L'Eglife S. lossE eft en la rue d'Aubry le Bour cher, où eftoit vn hofpital du temps que S. Fiacre vint à Paris*.
53. S. Iacques de la Boucherie eft vne Églife parochiale populeufe, & dont les paroiûlens font réputez très déuotieux. Le patron d'icelle eil S. Jacques le Majeur. La folennité de fa tranflation fe célèbre maintenant le Dimanche après la fefte des Roys, qui fouloit eftre feftée le pénultième iour de Décembre. Cette remife fut faide de F autorité de François de Poncher, 10 j* Euefque de Paris, Tan 1522, pour foulager Içs pauvres artifans'. Dès lors au0i on commença ,à reftaurer vne partie de cette Eglife. Son antiquité fe remarque par vne épitaphe qui eft au derrière du Chœur, graué fur vne lame de cuivre.
54. La Trinité eft vn Hofpital fondé dès Tan 1202, en faueur des pauvres paffans, où furent placefe trois Religieux de POrdre des Prémontrés pour Fadminiftration du feruice de Dieu. Depuis, la charité fe refroidiffant, ce lieu d'hofpitalité fut employé à des repréfentations d'Hilloires lacrées, par perfonnages, & finalement de profanes, qui furent appelées. Les
1. Saint Fiacre, solitaire^ vivait au vu* siècle ; il n'est rien moins que certain qn'il ait demearé à Paris, ni même qu'il y soit venu.
2. En transférant au dimanche une fête ^ui^ tombant dans la semaine, était d'obligation, l'évêque soulageait les artisans qui pouvaient alors vaquer à leurs travaux journaliers.
ieux des poùpiiei^. Mais fous le régne de François I* a fut ordonné pour la retraite des enfanS mafles de Taage de fept ans & au-deffus ayant pères & mères pauures, afin d'y eftre nourris, logez & enfeignez. Us font veftus de robes bleues, & coiffez de bonnets de mefme couleur. Paruenus à l'aage de difcrétion, ils font obligez à de pauures compagnons de diuers mefliers, qui réfident en cet enclos pour gaigner leur franchife. Henry II l'élargit d'vn corps d'hoftel. La Chapelle fut rebailie l'an 1598 des aumoines des maidres tailleurs d'habits, & autres de diuerfes vacations, au derrière de laquelle il y a vn Cemitiere bien ample.
Ez faux-bourgs S. Martin eft l'Églife de :
55. S. LAVRB!<rr, qui n'eftoit anciennement quVne Chapelle dépendante de S. Martin des champs dédiée puis après à ce glorieux martyr, par lacques du Chaftelier, 95» Euefque de Paris. Elle a efté prefque toute rebaftie Tous le règne de Henry III des aumofnes des gens de bien. De là on vient à :
56. S. Martik des champs maintenant dans la ville. Ancienne Abbaye, réduite en Prieuré, fubiede à la collation de l'Abbé de Cluny, & richement rentée
X. Aux jeax des poi\ pile{ peut plas exactement g'ap'pliqoer le mot de facéties employé par Cholet à propos des représentations de l'hJtel de Bourgogne (p. 20). Des scènes burlesques, servant d'intermèdes aux mystères et destinées à varier les plaisirs du public et à reposeiv les acteurs, reçurent ce nom bizarre. Plus tard on les remplaça par les moralité^, farces et soties du prince des sots.
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par le Roi Henry pr & Philippe I*' fon fils & fucceffeur. Ce Monaftère eft encores fermé de hautes murailles garnies de tourelles, que fit faire Hugues IV Prieur de léans. Louis VI dift le Gros remit TEglife S. Denys de la Châtre auec fes maifons, terres, cens & rentes à ceux de S. Martin, en efchange d^ autres employées à la fondation de Mont-martre. Loys VII diét le leune, fon fils & fuccelTeur, confirma le tout. En ce lieu fe remarqiient plufieurs antiquitez notables que nous omettons pour éuiter prolixité. loignant les murs de cette Abbaye a efté afligné vn duel mémo* rable, par autorité de la Cour, entre lacques le Gris, & lean de Carouges*, gentils-hommes du Duc d'Alençon. lacques le Gris, après auoir confefTé à Carouges la force dont il auoit vfé envers fa femme pour fouiller fon lia nuptial, y fut terraffé & poignardé, puis fon corps traifné au gibet par le bourreau. Cela aduint Tan 1386, le Samedy après Noël, fous Charles VI qui honnora ce combat par fa préfence, & le vidorieux d*vn don de mille liures en argent, & de deux cens liures de penfion.
57. S. Nicolas des Champs eft vne Églife parochiale, ainfi appellée, d'autant qu'elle eftoit autresfois hors la Ville. Robert, fils de Hugues Capet, la fit baftir près fon Hoftel. Elle fut accreiie de beaucoup en Tannée 1576, & élargie du cofté de S. Martin. Il y a vn grand nombre de paroifliens, & plufieurs belles
1. Le duel de Carouges et de Legris est célèbre daas les annales
judiciaires.
j+ ESTIENNE CHOLET.
chofes qui rembelliflent, comme font Reliques, Chazubles, Tableaux de plate peinture *, Sculptures, Épitaphes, & autres ornements conuénables aux lieux facrez.
58. Porte Barbette eft vn lieu en la riie S. Martin', proche de la Maifon du Preuoft Barbette, qui fut tué en vne fédition populaire, &; toutes fesmaifons faccagées 3, Icy fut auffi traiftreufement aflTafliné l'an 1407 Loys, Duc d'Orléans, frère du Roy Charles VI, lors régnant.
59. S. Médéric, dia vulgairement S. Merry. Il n'y auoit icy anciennement qu'vne petite Chapelle dédiée au nom de S. Pierre. Le corps de S. Médéric y fut inhumé, après vne longueur de maladie * l'efpace de deux ans & dix mois. Depuis fous la Régence de
. I. Peinture sur mur, châssis ou toile, par opposition à la peinture appliquée à la ronde bosse.