‹ Anciennes descriptions de Paris (volume 4)Chapitre 14 sur 29 · Le premier qui le mit en vfage, fut vn Ma · texte numérisé non relu

Le premier qui le mit en vfage, fut vn Ma

jb AKDRÉ THEVET.

rane^, qui de luif receut le Chriilianifme, nomme Oziel, fils d'vn Beniamin, Preftre de la loy Iudaïque> qui fe tenoit audit Montmartre, où lors y auoit yd€ Synagogue*. Auparauantlesmaifonsde Paris eftoient bafties en partie de pierres & de chaux, qui ne couftoit en ce temps-là que quatre liures parifis le muy, & les autres la plupart de bois : dont aduenoit qu'elles eftoient fubiettes à brufler.

23. Par la recherche que i'ay faite, ie trouue, que ladite ville a efté bruflée depuis Tan de noftre Seigneur trois cens foixante fix, duquel temps regnoit Clogio^^ en Gaule, & Damafe, Pape, Efpaignol de nation, iufques à Loys Hutin, Roy de France & de Nauarre, cinq fois : non pas que ie vueille maintenir qu'elle brufla toute, mais quelques rues : comme foubz le régne de Clodion le Cheuelu, qui fuccéda à Pharamond, toute la rue de S. Antoine, iufques affez près du Temple *, & trois autres furent bruflées, & n'y

1. Marrane ou Marane, juif ou mahométan converti, comme il y en avait beaucoup en Espagne. De là vient que l'on appliqua ce nom par mépris d'abord aux Espagnols, et plus tard à tout homme vicieux.

2. Les Romains connaissaient l'emploi du plâtre. A une certaine époque, le gypse ayant été mal préparé, on l'abandonna pour revenir au mortier. Comme le fait observer Thevet, les maisons ordinaires à Paris étaient construites en bois, faciles à incendier. Oziel, au xiv' siècle, ne fit que remettre en honneur un procédé déjà ancien et recommencer l'exploitation des carrières de Montmartre.

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