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LES ECRIVAINS SOUS LES ARABES

§ 1. — Le VII'^ siècle.

Le VU" siècle ouvre une ère nouvelle de la littérature syriaque. Après la conquête musulmane, Tempire des Sassanides s'écroule et disparaît du monde : en même temps la domination des Romains prend fin en Syrie et en Mésopotamie ; elle est reléguée, pour ce qui concerne l'Orient, dans l'Asie Mineure. En 636 la conquête de la Syrie et de la Babylonie est assurée aux Arabes par les batailles de Yarmouk et de Kadésia; les places fortes qui avaient résisté ouvrirent leurs portes l'année suivante.

Le commencement du siècle n'avait pas été projîice aux études. L'avènement de Phocas, en 602, avait été la cause de la reprise des hostilités entre les Perses et les Romains. Pendant plus de vingt ans Chosroès II ravagea l'Asie antérieure. Edesse tomba en son pouvoir en 609: une importante partie des habitants fut transportée dans le Ségestan et le Chorasan '. La prise de Damas, en 613, et celle de Jérusalem, Tannée suivante,

I. BAr.iiEr.R.ïCs, Chron.eccl.. 1,264; conip. R.Duval, Histoire d/Èdesse. Paris, 1892 (Extrait du Journal asiatique, iSm), p. 22a et suiv.

amenèrent l'occupation par les Perses de l'Egypte et de l'Asie Mineure. C'est seulement en 622 qu'Iléraclius, libre de ses mouvements, put reprendre l'offensive ; il s'avança, de victoires en victoires, jusqu'au cœur de l'empire perse, et força l'ennemi à évacuer le territoire romain. Ces succès ne rendirent pas le calme aux infortunés Syriens. Héraclius profita de sa présence en Orient pour chasser les évêques et les moines jacobites et livrer aux Orthodoxes leurs églises et leurs couvents.

La conquête arabe achevée, la paix régna en Syrie sous les Omayades. Les grandes luttes religieuses ont cessé; les chrétiens oublient leurs dissensions et s'unissent pour défendre leur foi et leurs biens contre leurs nouveaux maîtres. Les livres didactiques vont succéder aux traités dogmatiques : l'exégèse des saintes Ecritures perdra le point de vue élevé où lavait portée l'étude des doo-mes: elle s'attachera davantag-e à la forme et à la prononciation exacte du texte biblique : elle sera surtout grammaticale et philologique. Cette nouvelle direction de l'enseignement s'accentuera par le sentiment que l'arabe, la langue officielle, deviendra l'idiome populaire et que le syriaque littéraire devra être appris à l'école.

Les écrivains nestorienssont plus nombreux pendant ce siècle que les écrivains jacobites. Beaucoup d'entre eux, complétant l'œuvre de leurs devanciers, publièrent des vies des saints de leur Eglise, des histoires monastiques et des traités ascétiques ; de brèves notices ont été données dans la première partie sur la vie et les œuvres de quelques-uns de ces auteurs.

Théodore bar Koni, évêque de Kaschkar, vivait probablement au commencement du VII- siècle '. Le Ca-

i. Ou bar Kcwi'ini {pis de Saturninus?) selon Sachau: cf.. Martin Lewin, Die Scholien des Theodor bcn- Kùni, Beiiiu, 1905, p. xiv-xvi.

talogue d'Ebedjésii ' mentionne de cet auteur : un livre de scolies, une histoire ecclésiastique, des instructions et des sermons. Le Livre des scolies se trouve en Orient dans deux manuscrits : l'un à Ourmia, l'autre à Alkosch; on en possède quelques copies en Europe -. Cet ouvrage est divisé en onze livres qui contiennent : les livres I-VIII, des scolies sur l'A. et le N. T. ; le livre IX, deux traités, l'un contre les Monophysites et les Orthodoxes, et l'autre contre les Ariens ; le livre X, un colloque entre un païen et un chrétien ; et le livre XI, un traité contre les hérésies ^. Jésuyab II, originaire de Gedala (près de INIossoul), avait professé à l'école de Nisibe; il était évêque de Balad lorsqu'il fut élevé à la dignité patriarcale, en 628. après la mort de Chosroès II. En 630, Boran. fille de Chosroès, le chargea d'une mission auprès de l'empereur Héraclius, auquel le patriarche remit le bois de la Croix, enlevé parles Perses après la prise de Jérusalem. Quand les Musulmans envahirent la Babylonie, Jésuyab fut assez habile pour obtenir deux un diplôme en faveur des chrétiens de sa province. Les écrits de ce patriarche se composent, d'après Ébedjésu^. d'un commentaire sur les Psaumes (ci-dessus, p. 73), de lettres, d'histoires et d'homélies. On ne possède de ces écrits qu'une hymne insérée dans le Psautier nestorien,

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