‹ Anciennes littératures chrétiennesChapitre 59 sur 200 · jc^.,IV · texte numérisé non relu

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catégorie, mais, comme nous parlerons de cet illustre Père dans la seconde partie de notre livre, nous renvoyons sa biographie à cet endroit.

A saint Ephrem est attribuée la composition des Actes d'Abraham de Kidouna et des Actes de Julien Saba, deux saints qui étaient contemporains de ce Père ^ Les Actes d'Abraham ne semblent pas être de saint Ephrem; les Actes de Julien sont traduits du Philotheus ou Historia religiosa de Théodoret, voir Migne, Patrol. gr., t. LXXXII, p. 1306. Ce qui a pu donner lieu à cette attribution, ce sont les hymnes que saint Ephrem a composées en l'honneur de ces ascètes"-.

Les Actes d'Eusèbe, évêque de Saniosate,^ sont-ils un original syriaque malgré les mots grecs qu'ils renferment? Le style est élégant et animé; les détails sont précis et dénotent un auteur contemporain des événements qu'il rapporte. C'est un tableau vivant des poursuites exercées contre les orthodoxes par Valens à Fin- ^^^

stigation des Ariens; à la tête du parti arien est placé , Eusèbe de Césarée.

Les Actes de Siméon le stylite sont un panégyrique ' du grand saint de la Syrie, dans lequel les miracles occupent une place importante. Le texte syriaque : complète la biographie de ce saint, écrite par Théo- ! doret de Cyr, son contemporain. Suivant une clausule, | ce texte fut écrit par Siméon, fils d'Apollon, et Bar- \ hatar, fils d'Oudan, le 17 avril de l'an 521 de l'ère d'An- | tioche, ou 472 de J.-C, quelques années seulement

\. Lauy, Acla beaii Abrahse Kidunaiee dans le tome X des Analecla BoUandiana, 1891; et dans S. Eijhrœmi syri hymni et serinones,t. IV, Malines, 1902, p. 1-83; réimprimés dans les Acta mart.de Bedjan, t.vr, p. 465. Les Actes de Julien Saba ont été édités dans les Acta mart. de Bedjan, t. VI, p. 380.

2. Ces hymnes ont été éditées par M. Lamy, S, Ephrsemi syri hymni et sermones, t. III, p. 7W et suiv., 837 et siiiv.

.3. Bedjan, Acla mart., t. YI, p. 33:;,

us VIES DES SAINTS

après la mort du fondateur de l'ordre des SLylites. Cette clausule, comme le remarque le P. Bedjan ^ infirme l'hypothèse de Joseph Simon Assémani etd'Évode Assémani, qui croyaient que l'auteur du document était le prêtre Kouzma, dont on possède une lettre adressée à Siméon le stylite-. Jacques de Saroug a composé, en l'honneur de Siméon, une homélie métrique dont on doit la connaissance à Évode Assémani-'. / La Vie de Rabboula, éi>êque d'Edesse, un des meilleurs morceaux du genre que nous connaissions '", a été écrite peu de temps après la mort du saint évêque par un des clercs de l'évêché. Cette vie donne un portrait resseml)lant du personnage, quelle représente avec des traits f(irtement accentués de son caractère dabnégation, de charité et de dévouement. Rabboula avait pratiqué la vie monastique et ascétique avant de devenir évêque, et il continua de s'imposerles mômes privations et les mêmes mortifications lorsqu'il fut appelé à la direction de l'église d'Edesse. Nous reviendrons sur ce Père dans notre seconde partie, en parlant des écrivains syriaques du IV* siècle.

1. Dans la préface du tome IV des Acla mari.; le P. Bedjan a donné dans ce volume, p. 507 et suiv., d'après le ms. Add. 14484 du Musée britannique, une édition des actes de S. Siméon, plus correcte et plus complète que celle d'ÉvoDE Assémasi, Acta sancl. mart., II, 208 et suiv. ZisGEr,LE, Lcben und Wirken des h. Siméon slyl., Innsbruck. 185'), a donné une traduction allemande des Actes de Siméon le stylite.

2. Publiée à lasuite desActcs de Siméon par J. Assémam. B?6/. orient., l, 23"; Év. As-iÉMAM, Acta sanct. mart., II, p. 394; Bedjan, Acta mart., IV, p. 644.

3. Acta sanrt. mart-, II, p. 230; réimprimée dans Bedjan. Acta mart., IV, p. 650. Comme il arrive souvent pour les homélies de Jacques de Saroug, une seconde recension de cette homélie beaucoup plus longue existe dans le ms. Add. 17159 du Musée britannique, voir Bedjan, prélace du tome IV de ses Acta mart., p. xiv.

i. Publiée par Overbeck. S. Ephrœmi syri, Rahulse episcopi... opéra selecta. p. 160; réimprimée dans Bedjan. Acta mart., IV, 396; traduite en allemand par Bickell dans la Bibliothek der Kirchenvseter de TallnoFER, n"' 102-104; comp. Lagrange, La science catholique, 1888, p. 624.

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A cette époque appartient la légende syriaque de L'homme de Dieu, qui eut un grand retentissement aussi bien en Occident qu'en Orient. Cette légende, qui se forma àEdessepeudetempsaprèslamortdeRabboula', raconte qu'un patricien romain, qui est désigné sous le nom de L'homme de Dieu, quitta, le soir même de ses noces, son épouse et ses parents et se rendit de Rome à Edesse, où il vécut d'aumônes, passant ses jours et ses nuits dans la prière; il se contentait d'un peu de pain et de légumes et donnait aux autres mendiants le surplus de ce qu'il recevait. Ce saint mourut à l'hôpital. Aussitôt après sa mort, le sacristain de la cathédrale d' Edesse, qui avait été témoin de sa piété exemplaire, alla rapporter à Rabboula ce qu'il avait vu et entendu de l'homme de Dieu. L'évêque veut se faire remettre le corps du saint, mais il avait déjà été enterré et quand on ouvrit sa tombe, on ne trouva plus que les haillons qui l'avaient vêtu. Telle est cette légende dans sa forme syriaque. Plus tard elle devint l'histoire de saint Alexis dans une rédaction nouvelle, qui montre le saint ressuscité, de retour à Rome chez ses parents, où il vécut avec les esclaves jusqu'à sa seconde mort. C'est alors seulement qu'il fut reconnu des siens.

Les Actes syriaques de sainte Pélagie, une comé-^, dienne d'Antioche, qui aurait été convertie parNonnus, le second successeur de Rabboula sur le siège épiscopal , d'Édesse, ne sont pas, selon Gildemeister-, un docu- »

\. Amiald, La légende syriaque de saint Alexis, l'homme de Dieu, Paris, 1889, "G" fascicule de la Bibliotiièque de l'École des Hautes Études.

2. Aria S. Pclarjide syriacc, éà. Gii.df.mf.ister, Bonn, 1879; réimprimés f dans les Acla mart. de Cedjan, VI, GKi, et dans les Studia Sinaitica de M'"« Lewis, n" IX, Londres, 1900, parmi des vies de saintes femmes, '• sous le litre de Select narratives of holy Women ; tr&ducliun anglaise, ibid., n" X. Plusieurs de ces vies avaient déjà été imprimées parM.BEn- JAN dans le tome V de ses Acla mari.

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ment original, mais une rédaction amplifiée des Actes grecs de la sainte.

I Les vies des saints de l'Eglise jacobite de la fin du j V'' siècle et du VP siècle sont une des meilleures f^ j sources de l'histoire concernant l'introduction du monopliysisme en Syrie et le commerce actif qui s'établit i à cette époque entre Antioche et Alexandrie. La plus ', importante collection de ces vies est celle qui a été f écrite par Jean d'Asie, quand il était moine au couvent i de Mar Yohannan, à Amid, sous le titre d'Histoires concernant les vies des Bienheureux orientaux. Tous les saints dont Jean écrivit l'histoire, religieux et religieuses, étaient des monophysiteset des contemporains de l'auteur. On trouvera la liste de leurs noms dans le second volume des Anecdota syriaca de M. Land, p. 32-34 de l'introduction; le texte syriaque est imprimé dans le même volume, p. 2-288, d'après le ms. Add. 14647 du Musée britannique '. Parmi ces noms figurent: Siméon, évèque de Beit-Arscham, dont la confession monophysite ne fait plus de doute aujourd'hui ; Jacques Baradée, l'apôtre de cette confession en Syrie, qui a donné son nom à la secte des Jacobites ; Jean de Telia ; les patriarches envoyés en exil. Sévère, Théodose, Anthime, Serge et Paul. Cet ouvrage biographique de Jean d'Asie est suivi, dans l'édition de M. Land, de plusieurs suppléments empruntés à d'autres ms. du Musée britannique: de l'histoire de la vierge Suzanne, de Marie, de Malchus, et d'une vie de Jacques Baradée, plus développée que celle de la biographie. Cette seconde vie de Jacques Baradée est aussi attribuée à Jean d'Asie, mais M. Kleyn, à qui l'on doit une excellente

•1. Il a été traduit en latin par vvn D.vuwen et Land dans les Verhandelingen de l'Académie d'Amsterdam, 1889.

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étude sur Jacques Baradée et son œuvre apostolique \ a montré qu'elle était d'un auteur différent-.

On doit encore à M. Kleyn ^ la connaissance d'une vie de Jean de Telia, écrite par Elias, un des compagnons de l'ardent prédicateur monophysite, et qui est différente de celle que Jean d'Asie nous a laissée.

La vie de Pierre libérien, évêque de Mayouma près de Gaza, conservée dans la traduction syriaque d'un ^-^ original grec perdu', présente un intérêt multiple; elle contient : des notices nouvelles sur les rois et les reines des Ibériens et sur leur conversion au christianisme; des données précises sur diverses localités de la Palestine et de l'Arabie transjordanique ; et quelques aperçus sur l'histoire de l'Eglise d'Alexandrie, Pierre l'Ibérien ayant pris part à la consécration du patriarche d'Alexandrie, Timothée .Elure. La grande réputation que cet évêque de Mayouma eut en Orient et qu'il dut à sa piété insigne plutôt qu'aux fonctions publiques qu'il remplit, est attestée par les divers documents qui en parlent.

La vie de l'ascète Isaïe, écrite par Zacharie le Scolastique, a été publiée en syriaque, par M. Land, à la fin du troisième volume de ses Anecdota syriaca, p. 346 et suiv., et traduite en allemand par Ahrens, dans Die

1. Jacobus Baradœus, de Stichler dersyrische Monophysielische Kerk, Leide, 188-2.

2. Ibid.. Aanhangscl H, p. 103. M. Kugenf.r, se fondant sur le ms. "2t> de Berlin (Saciiau 321), suppose, Biblioth. hagiographique orientale, Paris, 1902, p. 23, que cet auteur est Mar Tliidas, prêtre et stylite du couvent de Piiesilta.

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