Préface de son éd., t. I, p. xi
HISTOIRES PARTICULIÈRES
est une histoire du monachisme et de l’ascétisme des Nestoriens des contrées orientales du Tigre pendant près de trois siècles ; elle fournit un précieux supplément à l’histoire de l’Église nestorienne pendant une période de son existence qui est peu connue. Elle fait connaître avec quelque longueur à quelles occasions l'Eglise nestorienne entra en contact ou en conflit avec les rois de Perse, et jette quelque nouveau jour sur les événements contemporains. La dispersion des moines du mont Izla, la députation du patriarche nestorien à Héraclius, l'apostasie de Sahdona, la stagnation de l’Église nestorienne au VIIe siècle, la fondation de soixante écoles et l’introduction de la musique ecclésiastique à Marga, la conversion au christianisme des peuples des régions orientales et méridionales de la mer Caspienne , les missions de la propagande nestorienne dans l’Arabie du sud, en Perse et en Chine, la décadence de l’empire perse et la grandeur de la puissance arabe, etc., y sont exposées avec beaucoup de clarté. »
Un des couvents nestoriens les plus en vogue, c’était le monastère de Rabban Hormizd qui existe encore aujourd’hui à Alkosch au nord de Mossoul. La bibliothèque de ce couvent renferme une histoire en prose de sa fondation, rédigée par Simon, qui était le disciple de Mar Yozadak, un ami de Rabban Hormizd. Cette histoire n’a pas encore été publiée , mais elle a servi à M. Budge pour la notice que celui-ci a consacrée à ce couvent dans l’introduction de son édition de l’histoire monastique de Thomas de Marga, t. I, p. clvii-clxvii. Rabban Hormizd, le fondateur du monastère qui porte son nom, était né dans la première moitié du VIIe siècle.
La même bibliothèque possède encore un poème, tiré
|i de l’histoire en prose , et dont nous avons parlé plus
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haut, p. 29. Une autre poésie a été composée en l’honneur de Rabban Hormizd par Immanuel, évêque de Beit-Garmai (-{- 1080) ; elle a été publiée par le P. Cardahi ( Liber lhesauri de cirte poelica Syrorum, p. 142) et traduite en allemand par M. Hoffmann [Auszüge ans syr. Acten pers. Marty ver, p. 19). C’est une grossière falsification de l’histoire de la fondation du couvent de Rabban Hormizd (Hoffmann, l. c., p. 180). Un panégyrique de Rabban Hormizd, de basse époque et insignifiant, a pour auteur un certain Adam d’Akra. Il est en vers rimés; il a été édité par le P. Cardahi (/. c.?
Nous mentionnerons ici Les statuts de l'Ecole de Nisibe qui ont été publiés par Al. Guidi et qui ont permis à Al. Chabot d’écrire un très intéressant chapitre de l’histoire de la culture intellectuelle et de la vie monastique chez les Nestoriens au Ve et au VIe siècles de notre ère ] .
Les vies des patriarches nestoriens Alar Aba I, Sabrjésu, Denha et A'aballaha III, ont été publiées par AI. Bedjan ( Histoire de M a t * - J a. b a, l a h a , de trois autres patriarches, etc., Paris, 1895).
Le patriarche Alar Aba I (536-552) était né dans la religion de Zoroastre ; il reçut le baptême à Elira, étudia à l’école de Nisibe, puis se rendit à Ldesse où son maître Thomas lui enseigna le grec. Après avoir visité Constantinople, Alar Aba retourna à Nisibe, où il se fit connaître comme un professeur distingué. Élu. patriarche en 536, il ouvrit une école à Séleucie. Ses controverses avec les mages lui attirèrent des persécutions;
1. Guidi, GU statuti délia scuola di Nisibi clans le Giornale délia Société asiatica italiana, vol. IV, p. 165-195 ; J. -B. Chabot, L école de Nisibe, son histoire , ses statuts, dans le Journal de la Société asiatique , juillet-août 1896, 9e série, t. VIII, p. 43 et suiv.
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il passa plusieurs années de sa vie en prison et il fut exilé dans l’Adherbeidjan par Chosroès Anoschirwan. Selon ses Actes publiés par M. Bedjan (Op. oit. , p. 270), le patriarche recouvra ensuite les faveurs du roi de Perse et il mourut en paix sur son siège. Barhebræus1, au contraire, fait mourir Mar Aba en prison, où il avait été jeté à son retour à Séleucie. On attribue à Mar Aba une version de l’Ancien Testament (ci-dessus, p. 67); il écrivit des commentaires (ci-dessus, p. 83); des canons ecclésiastiques et des lettres synodales (cidessus, p. 176); des hymnes et des homélies2. Il traduisit en syriaque la liturgie de Nestorius.
Sabrjésu, dont les actes ont été écrits par le moine Patros (Pierre) , était évêque de Laschomen 596 , quand il fut nommé patriarche à l’instigation de Chosroès II , ou Chosroès Parvez, dont les sympathies lui étaient acquises. La narration de Patros met en relief les hautes vertus de ce patriarche qui avait mené d’abord une vie ascétique et qui jouissait d’un grand crédit auprès des Romains et des Perses en raison de ses cures merveilleuses ; elle signale la part importante que Sabrjésu, étant évêque de Laschom , prit à la conversion de Noman ibn al-Mondhir, roi des Arabes, à ITira. Selon Barhebræus3, Sabrjésu accompagna Chosroès au siège de Dara et mourut dans cet endroit ; les actes sont muets sur ce point. En fait, le patriarche alla avec Chosroès au siège de Dara, mais il revint à Nisibe où il mourut 1 .
\. Chron. eccl., II, 95.
2. Assématu, B. O., III , pars I, 75. Une hymne est éditée dans le Breviarium Chaldaicum de Mossoul, p. 46, voir Bicicell, Conspeetus rei Syrorum litt., p. 37, note 8; une autre existe au Musée britannique, Add. 17219, fol. 165 b.