‹ Anciennes littératures chrétiennes (volume 2)Chapitre 18 sur 247 · Libri Vet. Test, apocryphi syriace, Leipzig · texte numérisé non relu

Libri Vet. Test, apocryphi syriace, Leipzig

2. M. Ceriani , qui a tant fait pour la critique des versions syriaques de la Bible, a publié de 1876 à 1883, une reproduction photolithographique du cod. Ambrosianus (un ms. jacobite du VIIe siècle) qui contient non seulement les livres protocanoniques, mais aussi les livres deutérocanoniques.

Le Musée britannique possède un ms. écrit à Amid en 484 et qui renferme le Pentateuque, à l’exception du Lévitique; et un autre ms., daté de 532, contenant le Livre de Daniel.

3. Une liste des édidions de livres particuliers de la Peschitto a été donnée par M. Nestle, Syrische Uebersetzungen, dans la Real-Encyklo pedie fur protestantische Théologie und Kirclie , 3e éd.; voir aussi sa Syrische Grammatik , 2e éd., Berlin, 1888, litteralura, p. 17 et suiv.

LES ANCIENNES VERSIONS

§ 2. — Les anciennes versions du Nouveau Testament.

L’étude des anciennes versions syriaques du Nouveau Testament soulève des problèmes dont la solution est loin d’être définitive. On connaît quatre anciens documents de ce genre : 1° L 'Harmonie des quatre Evangiles ouïe Diatessaron de Tatien; 2° la Peschitto du Nouveau Testament; 3° La version publiée par Cureton; et 4° la version découverte au Sinai par Mrs. Lewis.

La Diatessaron fut de très bonne heure en usage

dans l’Eglise syriaque ; il est cité par les auteurs sous son nom grec ou sous le titre à' Evangile des [livides] mêlés, j vq.*v^j6 /, par distinction des Evangiles séparés, Les chrétiens de la Mésopotamie

ont peut-être appris à connaître les Evangiles par cette Harmonie. La doctrine d’Addai dont la rédaction étendue que nous possédons est de la lin du IVe siècle ou du commencement du siècle suivant, apporte sur ce point un témoignage qui semble emprunté à la tradition. Après avoir parlé de la création de l'Eglise d'Edesse par Addai, cet apocryphe ajoute : « Une foule nombreuse s’assemblait chaque jour et se rendait à la prière de l’office et à (la lecture de) l’Ancien Testament et du Nouveau du Diatessaron. » Cependant la question se rattache à celle de la composition du Diatessaron sur laquelle on est encore peu fixé.

La thèse suivant laquelle Tatien a écrit en grec son ouvrage'1 a pour elle le titre sous lequel il est cité ordinairement, To âtd rsooaQCov Evayyéhor. Mais cette thèse a été combattue2 par des arguments de poids.

4. Harnack, Die Ueberlicferung der griechischen Apologelen , Leipzig,

2. Zaiin, Forschungen zur Geschichte des Neuteslamentlichen Canons , 1 Theil, Tatian’s Diatessaron , Leipzig, 4881.

DU NOUVEAU TESTAMENT

Tatien était originaire de la Mésopotamie; il vivait dans la seconde moitié du second siècle, et il composa,

d'après Epiphane, son Harmonie des Evangiles après son retour de Rome. On doit conclure de ces faits que le Diatessaron a été écrit en syriaque à Edesse même et en vue de la nouvelle Eglise de la Mésopotamie. La date du retour de Tatien dans sa patrie n’est pas, il est vrai, certaine. M. Harnack remarque que, depuis l’an 180, Tatien était considéré comme hérétique en Occident, tandis que il passait pour orthodoxe en Orient. Le voyage de l'auteur du Diatessaron en Mésopotamie aurait pu avoir lieu entre l’an 152 et l’an 165 ; postérieurement à cette date, Tatien serait revenu à Rome où il aurait été accusé d’hérésie. Selon M. Zahn, l’arrivée de Tatien en Orient doit être fixée à l’année 172 ou 173; il n’existe aucune trace d’un voyage ultérieur en Occident. Tatien demeura en Orient où la réputation d’hérétique ne l’avait pas suivi, et il y finit ses jours. Cette dernière opinion a prévalu et l'on admet généralement aujourd’hui que le Diatessaron a été composé en syriaque à Edesse vers l’an 172. Il n’y a rien d’extraordinaire à ce que Tatien ait conservé, pour son livre, le titre To Evayyéhov qui était le terme consacré, en y ajoutant les mots ôlu tsoockqcov qui le complétaient.

L’Harmonie de Tatien suppose-t-elle l’existence d’une version syriaque des quatre Evangiles d’où elle aurait été tirée? M. Zahn 1 tenait pour l’affirmative et retrouvait cette ancienne version dans les fragments de Cureton2 3.

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