Catal. Wright , General index , p
CANONS ECCLÉSIASTIQUES
Les textes traduits du grec n’offrent qu’un intérêt médiocre pour l’histoire de l’Eglise orientale. Plus importants pour l’étude de cette histoire sont les textes syriaques originaux, surtout ceux qui appartiennent au clergé du partiarcat de Séleucie et Ctésiphon.
§ 2. — Canons ecclésiastiques syriaques.
Elias Ier, patriarche des Nestoriens (-f- 1049), est l’auteur d’une collection renfermant les actes et les canons des conciles réunis par les patriarches des Syriens orientaux. Il semble que cet ouvrage est conservé dans deux manuscrits, l’un au musée Borgia, K. VI, vol. 4 \ et l’autre à la Bibliothèque nationale, n° 332 1 2. Les conciles qui y figurent sont ceux : 1° d’Isaac, en 410; 2° de Yaballaha I, en 420: 3° de Dadjésu, en 430; 4° d’Acacius, en 485 ; 5° de Barsauma de Nisibe (en réalité , ce sont six lettres de ce métropolitain à Acacius) ; 6° de Babai, en 499; 7° de Mar Aba, en 544 3 4 ; 8° de Joseph, en 553; 9° d'Ézéchiel, en 577; 10° de Jésuyab I, en 588 (suit : une lettre disciplinaire et dogmatique adressée à Jacques, évêque deDerin); 11° de Sabrjésu, en 596 (suit : une lettre synodale adressée aux moines du couvent de Bar Kitai) ; 12° de Grégoire, en 605; 13° de George, en 677 (suit : une lettre dogmatique adressée à Mina, chorévêque de Perse); 14° et de ITenanjésu L en 694. Le ms. de Paris ne contient pas la
1. Décrit par M. l'Abbé Cersoy, Zeitschr. fur Assyriologie , t. IX, p. 370; comp. Khayyatii, Syri orientales , Rome, 1870, p. 121-12-2.
2. Décrit par M. Chabot, Journal asiatique , IXe série, t. VIH, p. 280.
3. M. Beçljan a publié une lettre synodale de Mar Aba à la suite d’une vie de ce patriarche dans son Histoire de Mar-J abalaha , Paris, 1893. Assémani avait imprimé un fragment de cette lettre dans sa Bibl. orient ., t. III, pars I, p. 76, note 4.
4. Le ms. du Musée Borgia renferme aussi des sentences judiciaires de ce patriarche; P. Cersoy, l. c., p. 372, 31°.
SYRIAQUES
lettre de Jésuyab à Jacques de Derin, mais il a en plus, sous le titre de synode de Timothée I, une lettre de ce patriarche à Ephrem, métropolitain d’Elam (786) 1 .
M. Chabot publie en ce moment cette importante collection , avec une traduction française , dans les Notices et extraits des manuscrits , t. XXXVII. Le synode d’Isaac, interpolé par les Jacobites, a été publié, d’après le ms. de Paris 62, par M. Lamy ( Conci lium Seleuciæ et Ctesiphonti, Louvain, 1868). L’éditeur a repris l’étude de ce synode , d’après le ms. du Musée Borgia, dans le Compte-rendu du IIIe congrès scientifique des Catholiques , Bruxelles, 1894, 2e sect . , p. 250. Les six lettres de Barsauma ont été éditées par O. Braun dans les Actes du Xe congrès des Orientalistes , Genève, 1894, 3e partie, p. 85-101. M. Guidi a étudié, dans la Zeitschr. der deut. morgenland. Gesellsch t. XLIII, p. 388 et suiv. , les deux versions arabes de cette collection, faites l’une par Elias Djauhari, métropolitain de Damas (893), et l’autre par Aboul- . faradj ibn at-Tayib (*f- 1034). Celui-ci a ajouté les derniers synodes de Timothée, de Jésu bar Noun2 et de Yohannan III. M. Guidi a comparé ces versions avec l’original syriaque que renferme le ms. du Musée Borgia cité plus haut; il a reproduit ensuite, d’après ce manuscrit, les souscriptions des différents conciles avec les noms des évêques qui y sont mentionnés. La liste alphabétique des évêchés qui termine cette étude forme une utile contribution à la géographie de la Mésopotamie orientale et de la Perse.
1. Cette lettre synodale se trouve également dans le ms. du Musée Borgia, K. VI, vol. 3, p. 700; P. Cersoy, /. c., p. 367.
2. Le ms. du Musée Borgia, K. VI, vol. 4, a de ce patriarche des canons, lois et sentences judiciaires; des questions posées par le diacre Macaire avec les réponses du patriarche, suivies d’autres questions qui ne sont pas de ce patriarche; comparer P. Cersoy, l. c., p. 372, 33°-35°.
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Élias bar Schinaya, métropolitain de Nisibe et le contemporain du patriarche Elias , fît une recension de la collection de ce patriarche, sous le titre de Quatre livres de canons. Cette recension est conservée dans le
Nomocanon d’Ebedjésu.
Ebedjésu, métropolitain de Nisibe (*}* 1318), frappé des difficultés que présentait l’étude de la riche littérature juridique de l’Orient nestorien, résolut de codifier les divers documents de cette littérature et d'en former un livre uniforme qui eût force de loi aux yeux de ses coreligionnaires. Telle est l’origine de Y Epitomé des canons synodaux , désigné sous le nom de Nomocanon d’Ebedjésu. Ce recueil est divisé en deux livres comprenant, l’unie droit civil, l’autre le droit ecclésiastique. Assémani en a donné une analyse détaillée dans sa Bibliotheca orientalis , t. ÏII , pars I , p. 332 et suiv 1 ; le card. Mai l'a édité avec la traduction latine d'Eloi Assémani dans le vol. X de sa Scriptorum veterum nova collectio, Rome, 1838.
L’œuvre de codification qu’Ebedjésu fit pour les Nestoriens, Barhebræus l'entreprit pour les Jacobites. Barhebræus a réuni dans son recueil , intitulé Le livre des directions, pvoo,» j=>êo, les textes juridiques des Syriens occidentaux comprenant les canons ecclésiastiques et les lois civiles. Cet ouvrage a été traduit en arabe, et il en existe des manuscrits, soit en syriaque, soit en arabe, au Vatican, à la Laurentienne de Florence, à la Bibliothèque nationale, à la Bodléienne d’Oxford et à la Bibliothèque royale de Berlin. Le card. Mai a imprimé, dans le vol. X de la Script, vet. nova
1. Ibid., p. 52, Assémani a imprimé la lettre synodale des patriarches occidentaux aux Orientaux, relative à l’institution du patriarcat de Séleucie. Cette lettre est extraite du livre IX, chap. v, du Nomocanon d’Ébedjésu.
SYRIAQUES
collectio y la traduction latine qu’Eloi Assémani en avait faite. Le P. Bedjan prépare une édition du texte syriaque.
On possède encore le Nomocanon de David, métropolitain maronite, traduit du syriaque en arabe par Thomas, évêque de Kaphartab, avec des additions et des corrections conformes à la doctrine monothéliste. Cet ouvrage est précédé de la lettre du moine Joseph, adressée à ce même Thomas , et de la réponse de celui-ci 1 .
Le Nomocanon d’Abou Isaac ibn al-Assâl se trouve à la Bibliothèque nationale et à la Laurentienne2.
Ces collections dispensaient de recourir aux collections précédentes, moins complètes ou moins systématiques, et aux traités spéciaux dont elles contenaient un épitomé. On n’est donc pas surpris qu’un certain nombre d’ouvrages juridiques, antérieurs à ces recueils, se soient perdus. Quelques-uns cependant ont subsisté.
Rabboula, évêque d’Edesse (-{* 435), nous a laissé trois petits traités intitulés , l’un Canons , le second Avertissements concernant les moines 9 et le troisième Commandements et avertissements adressés aux prêtres et aux réguliers . Ils ont été publiés, d’après des ms. du Musée britannique, par M. Overbeck dans son livre, S. Ephræmi syri, Rabulæ , etc., p. 210-221.
Abraham . le fondateur du Grand monastère sur le mont Izla (VIe s.), passe pour le réformateur des mœurs des moines nestoriens , qui s’étaient relâchées depuis l’introduction du monachisme en Mésopotamie par
1. Zotenüerg, Catal. des ms. syriaques , de la Bibl. nationale , n°223 ; comp. Assémani, Catal. Vat ., t. III, p. 202 et suiv.
2. Zotenbeiig, Catal. des ms. syriaques, n° 225; Év. Assémani, Bibl. Mediceæ cod.or. catal., p. 98 et suiv.
CANONS ECCLÉSIASTIQUES
saint Eugène. Abraham et son successeur à la tête du monastère d’Izla, Dadjésu, composèrent les canons qui régissaient ce couvent, le premier, au mois de juin 571, et le second, au mois de janvier 588. Ces canons viennent d’être pubjiés avec une traduction latine par M. l’Abbé Chabot, d’après un ms. du Musée Borgia, dans les comptes-rendus de Y Accademia dei Lincei sous le titre de Regulæ monasticæ ab Abraliamo et Dadjesu conditæ, Rome, 1898. Ebedjésu les avait insérés dans son Nomocanon publié, comme nous l'avons rappelé plus haut, par Mai; mais il les modifia et les altéra de plusieurs manières. M. Budge, se référant à l’édition de Mai , avait donné une traduction anglaise des canons d’ Abraham dans son édition de l’Histoire monastique de Thomas de Marga, t. I, p. cxxxiv et suiv. , et une analyse des canons de Dadjésu, ibid p. cxl. Dadjésu, un fervent nestorien, exigeait de ses moines une adhésion sans réticence à la doctrine dyophysite prêchée par Nestorius.
Jean bar Cursus, évêque de Telia de Mauzalat (ou simplement Jean de Telia, *j- 538), un des ardents apôtres du monophysisme dans la Mésopotamie, a composé des Avertissements et préceptes sous forme de canons adressés aux clercs et des Questions relatives à divers sujets adressées par le prêtre Sergius ci Jean de Telia , avec les réponses à ces questions. Ces deux ouvrages se trouvent dans des manuscrits du Vatican , du Musée britannique et de la Bibliothèque nationale 1 ; le second a été publié par M. Lamy ( Dissertatio de Syrorum fide et disciplina in re Eucharistica , Louvain, 1859, p. 62-79).
Des extraits des sentences ecclésiastiques portées
1. Assémani, B. O., Il, p. 54; Calai. Wright , voir General index , p. 1290, col. 2. Catal. Zotenberg, n° 62, 50° et 51°.
SYRIAQUES
par Siméon, métropolitain de Rivardeschir (VIIe s.), nous sont parvenus dans le ms. du musée Borgia, K. Yl, vol. 3 U
Les règles ascétiques que Rabboula avait instituées à Édesse au Ve siècle, étaient peu à peu tombées en désuétude. Au VIIe siècle , Jacques, nommé évêque de cette ville , fit d'inutiles efforts pour remettre en vigueur les anciens canons ecclésiastiques; il se heurta à la résistance des moines qui trouvèrent un appui auprès du patriarche d'Antioche, Julien, le successeur d’Athanase. Jacques, voyant son autorité méconnue, abandonna son siège épiscopal et se rendit au couvent où résidait le patriarche ; devant la porte du couvent , il mit le feu à un exemplaire des canons qu’il avait apporté, en s’écriant : « Ces canons, que vous foulez aux pieds et que vous n’observez pas, je les brûle par le feu comme superflus et inutiles 1 2 ». Parmi les nombreux canons de Jacques d’Edesse3 4, quelques-uns sont rédigés sous la forme de questions adressées à cet évêque par le prêtre Addai et de réponses à ces questions. Ces derniers ont été publiés, d’après le ms. de Paris 62, par Paul de Lagarde, Reliquiæ juris eccl. syriace , p. 117-134, et par M. Lamy, Dissertatio de Syrorum ftde, p. 98-171. Kayser en a donné une édition critique plus complète, avec une traduction allemande'5. Cette édition est basée sur les deux ms. de Paris 62 et 111, et sur trois ms. du Musée britannique. Kayser a, en outre, extrait du Nomocanon de
1. Ceksoy, l. c., p. 365. Ce Siméon est indiqué comme l’auteur d’une collection de canons dans le Catalogue d’Èbedjésu, B. O., III, pars I, p. 279.