SCÈNE XIX
ANDRÉ GÉRARD, MARCELLE, MARGUERITE, TRUPHÊME, dans le fond.
Ah! c’est vous!... (a Marcelle.) Tu as l’air ému?. .
MARCELLE
Tu te trompes.
ANDRÉ GÉRAD, A Marguerite.
Qu’est-il ^’rivé à ta mère?
MARCELLE
Rien, le dis-je... C’est le pharmacien qui nia demandé que son mémoire soit réglé.
Ah!
* MARCELLE, le prenant à part.
Ce n'est pas tout... Voilà ce qu’on vient de me remettre. (Elle
lui donne de» papiers.)
ANDRÉ GÉRARD, après avoir lu.
Eux aussi !... Eh bien! ils seront payés!... (se retournant.) N’estce pas, Trupheme? (a »j femme.) Ah! pardon! (Présentant Trupliime.) Monsieur Truphème de l’Eauzan... un ami à moi, un camarade djenfauce... (h» se saluent. — a pan.) Ah! l’abîme est là, et chacun ra'y pousse ! Ah ! la coupe est pleine, et chacun y jette sa goutte d’eau!... Eh bien, soit!... Ma famille ne manquera pas de
pain!... Je vivrai!... Oui, pour eux!... dans la honte, si l'on veut... en bête fauve, s’il le faut!... (a Trupiiênw.) Allons, viens!
(l’ A ngélus tonne.)
MARCELLE, à André.
Attends un peu, mon ami!... Tu n'as jamais manque à la
prière du soir des enfants. (André s’arrête; Marguerite et le» enfant» s’agenouillent autour de Marcelle.)
MARCELLE, les maint jointes.
Mon Dieu, votre Providence est partout! Le brin d'herbe vit de votre souffle comme le chêne, les plus pauvres comme les plus riches... Vous avez donné le travail à l’homme, le dévouement à la femme, soyez bénit... Que nos fils soient fidèles à l'atelier qui nourrit, nos tilles au foyer qui récompense.
TRUPHÉME, las à André.
Viens-tu?
ANDRÉ GÉRARD, sortant de sa rêverie.
Non, non!... Dieu n’abandonne pas ceux qui ont confiance en lui...