ACTE IV
TRUPHÈME, menaçant.
Insensé qui s'est dit : « Voilà un malheureux qui a acheté le » pain de ses enfants au prix de son honneur... eh bien, il ven- » dra les autres comme il s’est vendu lui-même... il vendra » sa tille pour sauver le reste !...» — Tu as menti!... Allons*
tue!... (il lui présente sa poilrine.)
TRUPHÈME.
André !
Lâche qui s’est dit : « Je lui mettrai sous les yeux le mépris » et la malédiction de ses enfants, et s’il résiste, je Imposerai » une arme sur le cœur,«t comme il a déjà reculé devant la » mort, il reculera de nouveau en me livrant sa fille...» — Tu as menti!... Assassine-moi donc!
TRUPHÈME.
C’est toi qui l’auras voulu !
ANDRÉ GÉRARD, avec exaltation^
Le dévouement sauve le monde, la mort rachète la vie!
TRUPHÈME.
Une dernière fois, signe !
Ta main tremble.
TRUPHÈME, faisant le mouvement de prendre une arme cachée sous ta redingote.
Ma volonté ne tremble pas, signe!...
ANDRÉ GÉRARD, lui po-ant la main sur le bras.
Ta main tremble, car Dieu t’apparaît... ta main tremble, car la peur te saisit... ta main tremble,* car tes crimes, tes hontes, ta vie souillée, pèsent sur ton bras et paralysent ta volonté!... Allons, assassin du courage!... Ce n’est pas l’orgueil qui m e soutien t, c'est le de voir !.. .
TRUPHÈME, reculant d’un pas.
Le devoir!
A N DJl É GÉRARD, marchaut sur lui.
C’est le dévouement!
TRUPHÉME, reculant.
Oh!
C’est la foi!
T RU P IIÉ ME, avec rage.
C’est donc quelque chose que la vertu ?
C’est tOUl ! (Pause.)
TRU THÈME, à |iarl.
Pas un homme complet!... à commencer par moi!... (Après uo
moment d'Iièsitaliou, haut.) Adieu! (il sort.)