‹ André GideChapitre 2 sur 22 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

climat favorable à son libre développement . Mais d'autres influences diverses et contradictoires F impressionnèrent aussi : né d\m père languedocien et protestant et dune mère normande et de famille catholique, ce double courant se retrouve en son œuvre. « Je me sens d* autant plus « Français, dit-il que je ne le suis pas d\m seul morceau de « la France, que je ne peux penser ni sentir spécialement « en normand ou en méridional, en catholique ou en » protestant, mais en Français, et que né à Paris, je « comprends à la fois F oc et F oïl, T épais jargon normand f « le parler chantant du midi, que je garde à la fois le « goût du vin, le goût du cidre, T amour des bois profonds, « celui de la garrigue, du t)ommier blanc et du blanc aman" dier. )) Qui songerait à refuser à André Gide cette qualité de Français quil réclame avec un élan si passionné en s appuyant des deux mains sur ses deux provinces I Tout dans son œuvre est de la plus belle et de la plus pure tradition française. Sa pensée libre, aventureuse et hardie reste toujours logique et mesurée. Sa langue, volontairement dénnép a éclat, a l'harmonie discrète et pleine de charme d'un délicat paysage de France.

S'il apparaît que la traduction protestante ait joué un rôle important dans l'histoire intellectuelle de Gide, qu elle se soit manifestée principalement dans le choix des sujets et des problèmes traités, il ne serait pas juste d'affirmer que d'une enfance passée studieusement et gravement au milieu d'une famille de juristes et de savants

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