SCÈNE XIII
ANDRÉA, seule, puis BIRSCHMANN.
ANDRÉA; elle sort de derrière le paravent après s'être assurée qu'elle est seule.
Et il partirait!... Oh ! non! il Ta dit lui-même : c'est trop indigne! et trop lâche!... Ah ! cette femme! Voilà donc ce
qu'il leur faut, le voilà!... (Applaudissements frénétiques.) Le
bruit!... l'éclat... qui flattent leur vanité!... Ah! quelle
ANDRÉA
leçon!... et que vingt minutes passées dans cette loge m'en ont appris sur la vie!... Que je f arrache de cet enfer, va!... Et tu ne diras plus de moi : « Pourvu qu'elle s'amuse!... » Je te promets une vraie femme!... Et s'il faut, comme Ta dit cette créature, que le mariage soit une lutte!... Eh bien, sois tranquille, je lutterai!... Je lutterai contre toi, parjure, infidèle, ingrat!... Je lutterai pour ton salut et ton bonheur, contre tout et contre toutes!... Et avec Taide de Dieu... nous verrons bien si je ne suis pas la plus forte!...
BIRSCHMANN, entrant et vivement.
Ah! toujours là, madame?... Eh bien?
ANDRÉA
Eh bien, savez-vous à quoi il pense maintenant?... A partir avec elle... cette nuit!
BIRSCHMANN.
Qui? monsieur le Comte?... Impossible!...
ANDRÉA
Avec cette femme!... tout! tout... est possible!...
BIRSCHMANN.
Y penser!... oui, mais le faire!... (Applaudissements.)
Mais écoutez donc!... Voilà ce qui le grise et l'affole!... Comment voulez-vous que cela ne le grise pas?...
BIRSCHMANN.
Moi, ça ne me ferait rien du tout!... Mais si madame la
Comtesse profitait pour partir... (Applaudissements.)
ANDRÉA
Sans savoir ce qu'il décide?
BIRSCHMANN, effrayé.
Mais il va vous voir, madame! et moi aussi!..,