II
ANDRÉA
Oui, monsieur... mon mari!...
KAULBEN, un peu surpris.
Eh bien, mais alors, tant mieux, laissez-le faire!
ANDRÉA
Que je le laisse faire!
KAULBEN, légèrement.
Sans doute!... vous serez bien tranquille après!
ANDRÉA
Mais je ne demande pas à être tranquille, monsieur!... Je ne peux pas vivre sans lui !... j'en mourrais!
Hein?
ANDRÉA
Mais, monsieur... je l'adore!
KAULBEN, debout.
Votre mari?... Ah bah! Et moi, qui?... (changeant tout à fait ae ton.) Ah! mille pardons, madame, c'est tout différent... {Avec empressement.) Prenez donc la peine de vous asseoir ici,
madame... (n fait rouler le canapé au milieu de la pièce.) VoUS SCrCZ
mieux!... bien mieux!
ANDRÉA
Monsieur!
ANDRÉA
KAULBEN, vivement et de même.
Je regrette beaucoup!... Si j'avais su!... Une femme qui aime son mari... Il m'en vient si rarement dans ces conditions... Mais, parlez, de grâce!... Tout mon dévouement est à vos pieds!... Nous disons donc, madame... que l'infidèle, probablement?... le traître?... car cette fois-ci, c'est lui... n'est-ce pas?
ANDRÉA, s'asseyant sur le canapé.
Hélas! monsieur.
KAULBEN.
Très-bien!... Je veux dire... très-mal!.,. Et il est sur le point de partir... avec quelqu'un, peut-être?
Une actrice! monsieur!... une danseuse!
KAULBEN.
La Stella^
ANDRÉA, exaspérée.
Oui, monsieur, oui, la Stella!... oui, la Stella !
KAULBEN, la regardant avec admiration dans son mouvement de colère.
L'imbécile!... (So reprenant ) PardOU ! je veux dire... (se reprenant encore, à lui-même.) Si, c'CSt bien ça qUC je VCUX dlPC! (Haut.)
Mais êtes-vous sûre?...
ANDRÉA
Ah! monsieur!... Je sors de la loge de cette femme!... où j'ai passé la soirée, déguisée en ouvrière!...
KAULBEN.
Déguisée?...
ANDRÉA
Pour savoir!...
KAULBEN, rapprochant le fauteuil du canapé.
C'est superbe!... Ah! madame!... Ah! que je suis donc