ACTE TROISIÈME
ANDRÉA
Je ne sais!
KAULBEN.
Mais allons donc!... dites-le donc!... Mais voilà, voilà l'affaire!...
ANDRÉA
Gomment?
KAULBEN, courant a sa table, et écrivant vivement, debout.
Nous le tenons!... Et c'est légal!... -Le médecin... son rapport!... mandat!... Il ne part pas, et vous êtes sauvéel
ANDREA, avec joie, debout.
II ne part pas?
KAULBEN.
Je l'arrête!...
ANDRÉA, saisie, lui retenant le bras.
Vous l'arrêtez?
KAULBEN, même jeu pour écrire.
Tout à l'heure! et je l'enferme.
ANDRÉA, de même.
En prison?
KAULBEN.
A peu près!... dans une maison de santé 1
ANDRÉA, mc^me jeu.
Gomme?...
Comme fou !
Lui!
Parfaitement!
KAULBEN.
ANDRÉA; KAULBEN.
ANDRÉA
Mon Stéphan!,,. — Mais il n'est pas foui
lO/i AINDRÉA.
KAULBEN.
Vous venez de le dire!...
ANDRÉA
Mais c'est une façon de parler!...
KAULBEN, mouvement pour sonner.
C'est surtout une façon d'en sortir!...
ANDRÉA, lui retenant le liras.
Mais... je ne veux pas qu'on l'arrête, moi!...
KAULBEN, redescendant.
Oh! bien, madame, s'il faut l'arrêter, sans l'arrêter, et qu'il s'arrête sans qu'on l'arrête... Que diable aussi!
ANDRÉA, émue.
Mais c'est horrible cela, monsieur.
KAULBEN, cherchant doucement 5 la convaincre.
Mais, non!... mais non, je vous assure!
ANDRÉA, prête à pleurer.
Mais des agents ?
KAULBEN.
Si polis, madame!... Si vous saviez comme ils sont polis...
ANDRÉA, montrant ses poignets et murmurant à peine lo mot.
Des menottes?...
KAULBEN, vivement.
Fi donc!... une voiture seulement!... une bonne voiture! bien suspendue!... nous y mettrons une douceur!
ANDRÉA
Et vous le conduirez?...
A la maison centrale! (Mouvement d'Andréa, il continue vivement.)
Des soins, un confort 1 II sera là comme chez lui!...
ANDRÉA
Avec des tous'/
KAULBEN.
Ah! mon Dieu, comme partout ailleu' s!
ANDRÉA
Enfermé?...
KAULBEN.
Vingt-quatre heures!... pas plus .. Le temps de laisser filer cette étoile!
ANDRÉA
Ah! monsieur, mais c'est horrible ce que vous me proposez là!... Une femme faire arrêter son mari!... Mais je suis un monstre alors!
KAULBEN.
Mais je ne trouve pas !...
ANDRÉA
Si! si! c'est atroce!... Je ne peux pas faire cela!... Je no peux pas, monsieur, je ne peux pas!
KAULBEN.
Mais ce n'est pas vous qui le faites!... c'est moi I
A ma demande?...
KAULBEN, remontant ver» la table.
Malgré vous, si vous voulez 1
ANDRÉA, même mouvement pour l'arrêter de nouvear»
Non! non, trouvez autre chose, je vous en prie!
KAULBEN.
Mais il n'y a rien, madame... c'est jugé : ça, ou rien!
ANDRÉA
ANDREA
Oli! mon Dieu I
KAULBEN, appuyé sur le dossier du fauteuil.
Décidez, je vous en conjure; car il se fait tard!... Est-ce
oui ou 71071?
ANDRÉA
No?i!
KAULBEN, saluant, en se dirigeant vers la porte de sortie pour, la lui ouvrir.
Alors, madame I...
ANDRÉA, suppliante.
Monsieur!...
Mais nous n'avons plus rien à nous dire, permettezmoi... (Même mouvement vers la porte.)
ANDRÉA, désespérée.
Vous m'abandonnez?
KAULBEN.
A regret !
ANDRÉA
Et il partira... avec cette femme?
KAULBEN.
Nécessairement!
ANDRÉA
Ail! mon Dieu! que faire?... (pi«urant.) Je vous en supplie, monsieur, ne me renvoyez pas ainsi!... Je vous en
conjure! à genoux!... (EUe tombe sur le fauteuiL) KAULBEN, ému.
Eh bien, madame, voyons!... (a part.) Elle est vraiment intéressante. (Haut.) Je comprends vos scrupules... après tout!...
ANDRÉA, vivement.
N'est-ce pas, monsieur?...