ACTE DEUXIÈME
posé a?eo ton chapeau an fond sur une chaise près de la bibliothèque et pousee nn cri de surprise.) Oh! EDCOre!...
E S T H E B , prête à sortir, s*arrètant.
Plaît-il ?.. .
GASIMIR| redescendant, avec le pardessus.
Ah! par exemple, missEsther, expliquez-moi un phénomène bien curieux.
ESTHER
C'est?...
CASIMIR
Ceci! (il tire de la pocbe de son pardessus une petite brochure oou
leur orange.) Depuis huit jours je suis la proie des brocha» res; elles me traquent de tous les côtés. J*ai trouvé la première, mardi, dans mon chapeau, avec ce titre insinuant: « Lisez-moi, je suis si petite ! » La seconde, (n tire une brochure bleue de la poche de c6té.) avant-hier dans mon portecigares! (u lit le titre.) « Jetez ce poison ! > Et pour épigraphe, (il lit.) « La fumée est montée dans ses narines et de sa bouche est sorti un feu dévorant ! > Verset 2, psaume 18. Cette autre, (u en tire une troisième jaune d'or.) m*est arrivée par la poste ce matin!... railleuse, celle-là I... « Un moi sur vos
cravates, > Et enfin celle-ci, (ll montre celle qu'il vient de découvrir.) où je lis cette recommandation bien extraordinaire ! mit le titre.) « N' oubliez jamais vos mains dans vos poches ! » Qui est-ce qui me fait cette farce-là?
ESTHER, riant.
C'est ma tante 1
CASIMIR
Missis Powers?
70 t)ANIEL ftOCHAT
Et ce n'est pas une farce : c'est très sérieux... Comme présidente de la société de perfectibilité : « Le garde-fou des âmes, » elle observe dans le prochain le côté faible, par où il donne prise au péché ; ce qu'elle appelle : « le point vulnérable » et le lui signale discrètement à la fa' veur d'une petite brochure spéciale... Tous les cas sont
prévus. (Elle montre le petit tas de brochures que mistress Powers a
mises sur la table.) Elle en a des ballots dans ses greniers.
CASIMIR, soupirant.
Ah ! j'ai grand' peur que toutes les brochures du monde ne puissent rien sur un malheureux. pécheur tel que moi)
% ESTHBR.
Si grand que cela?
CASIMIR
Oh! miss Estherl... C'est au point que je distingue encore ce qui est beau!... Vous, par exemple!... mais le bien, le mal, je n*y fais plus la moindre différence I...
ESTHER
Vous vous calomniez !
CASIMIR
Non! (Frappant sa poitrine.) C'est uoir, là-deddns!... C'est tout noir!... Si on ne m'éclaire pas un peu à l'intérieur!...
ESTHER
Ma tante I
CASIMIR, Tivement.
Oh! non! Pas elle. Plutôt vous?...