ACTE I, SCÈNE II I
Pourquoi d'un an entier Pavons-nous différée ?
Dans le sein de Priam n'a-t-on pu Timmoler ?
Sous tanTâe morts, sous Troie il fallait Taccabler.
Tout était just e alors: la vieillesse et Tenfance
En vain sur leur faiblesse a ppuyaie nt leur défense; 210
La victoire et la nuit, plus cruelles que nous,
Nous excitaient au meurtre, et confondaient nos coups.
Mon c ourroux aux vaincus ne fut que trop sévère.
Mais que ma cruauté survive à ma colère ?
Que malgré la pitié dont je me sens saisir, 215
Dans le sang d'un enfant je me baigne à loisir ?
Non, Seigneur. Que les Grecs cherchent quelque autre
proie; * Qu'ils poursuivent ailleurs ce qui reste de Troie : De mes in imitié s le cours est achevé ; L'Épire sauvera ce que Troie a sauvé. 220
ORESTE
Seigneur, vous savez trop avec quel a rtifice
Un faux Astyanax fut offert au supplice
OU le seul fils d'Hector devait être conduit.
Ce n'est pas les Troyens, c'est Hector qu'on poursuit.
Oui, les Grecs sur le fils persécutent le père ; 225
Il a par trop de sang acheté leur colère.
Ce n'est que dans le sien qu'elle peut expirer ;
Et jusque dans l'Épire il les peut attirer.
Prévenez-les.
PYRRHUS
Non, non. J'y consens avec joie :
Qu'ils cherchent dans l'Épire une seconde Troie ; 230
Qu'ils confondent leur haine, et ne distinguent plus
Le sang qui les ht vaincre et celui des vaincus.
Aussi bien ce n'est pas la première injustice
Dont la Grèce d'Achille a payé le service.
Hector en profita, Seigneur ; et quelque jour 235
Son fils en pourrait bien profiter à son tour.
ORESTE
Ainsi la Grèce en vous trouve un enfant rebelle ?
PYRRHUS
Et je n'ai donc vaincu que pour dépendre d'elle ?
ORESTE
Hermione, Seigneur, arrêtera vos coups :
Ses yeux s'opposeront entre son père et vous. 240
PYRRHUS
Hermione, Seigneur, peut m'être toujours chère ;
Je puis l'aimer, sans être esclave de son père ;
Et je saurai peut-être a ccorder g uelque jour
Les soins de ma grandeur et ceux de mon amour.
Vous pouvez cependant voir la fille d'Hélène : 245
Du sang qui vous unit je sais l'étroite chaîne.
Après cela, Seigneur, je ne vous retiens plus,
Et vous pourrez aux Grecs annoncer mon refus.