ACTE II, SCÈNE V 4I
Sa misère Paigrit ; et toujours plus far ouch e,
Cent fois le nom d'Hector est sorti de sa bouche. 650
Vainement à son fils j'assurais mon secours ;
tt C'est Hector, disait-elle en l'embrassant toujours ;
Voilà ses yeux, sa bouche, et déjà son audace ;
C'est lui-même, c'est toi, cher époux, que j'embrasse.»
Et quelle est sa pensée ? Attend-elle en ce jour 655
Que je lui laisse un fils pour nourrir son amour ?
PHŒNIX
Sans doute. C'est le prix que vous gardait l'ingrate. Mais laissez-la, Seigneur.
PYRRHUS
Je vols ce qui la flatte.
Sa beauté la rassure ; et malgré mon courroux, r L'orgueilleuse m'attend encore à ses genoux. 660
Je la verrais aux miens, Phœnix, d'un œil tranquille. Elle est veuve d'Hector, et je suis fils d'Achille : Trop de haine sépare Andromaque et Pyrrhus,
PHŒNIX
Commencez donc, Seigneur, à ne m'en parler plus. 665
Allez voir Hermione ; et content de lui plaire,
Oubliez à ses pieds jusqu'à votre colère.
Vous-même à cet hymen venez la disposer.
Est-ce sur un rivalqu^s'en faut reposer î
Il ne Palme que trop.
PYRRHUS
Crois-tu, si je l'épouse, Qu'Andromaque en son cœur n'en sera pas jalouse ? 670
PHŒNIX
Quoi ? toujours Andromaque occupe votre esprit ? Que vous importe, ô Dieux 1 sa joie ou son dépit ? Quel charme, malgré vous, vers elle vous attire ?
PYRRHUS
Non, je n'ai pas bien dit tout ce qu'il lui faut dire :
Ma colère à ses yeux n'a paru qu'à demi ; 675
Elle ignore à quel point je suis son ennemi.
Retoumons-y. Je veux la braver à. sa vue,
Et donner à ma haine une libre étendue.
Viens voir tous ses attraits, Phœnix, humiliés»»
Allons.
PHŒNIX
Allez, Seigneur, vous jeter à ses pieds. 680
Allez, en lui jurant que votre âme l'adore, A de nouveaux mépris l'encourager encore.
PYRRHUS
Je le vois bien, tu croîs que prêt à l'excuser Mon cœur court après elle, et cherche à s'apaiser.
PHŒNIX
Vous aimez : c'est assez;