‹ Andromaque (volume 2)Chapitre 58 sur 111 · ACTE V, SCÈNE IV Sj · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV Sj

Et ne voyais-tu pas, dans mes emportements,

Que mon cœur démentait ma bouche à tous moments ?

Quand je Taurais voulu, fallait-il y souscrire ?

N'as-tu pas dû cent fois te le faire redire ? 1550

Toi-même avant le coup me venir consulter,

Y revenir encore, ou plutôt m'éviter ?

Que ne me laissais-tu le soin de ma vengeance ?

Qui t'amène en des lieux oli l'on fuit ta présence ?

Voilà de ton amour le détestable fruit: 1555

Tu m'apportais, cruel, le malheur qui te suit.

C'est toi dont l'ambassade, à tous les deux fatale,

L'a fait pour son malheur pencher vers ma rivale.

Nous le verrions encor nous partager ses soins ;

Il m'aimerait peut-être, il le feindrait du moins. ' 15^0

Adieu. Tu peux partir. Je demeure en Êpire ;

Je renonce à la Grèce, à Sparte, à son empire,

A toute ma famille ; et c'est assez pour moi.

Traître, qu'elle ait produit un monstre comme toi.

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