ORESTE, PYRRHUS, PHOENIX
ORESTB.
Mais un heureux destin le conduit en ces lieux. Parlons. A tant d’attraits, Amour, ferme ses yeux.
PYRRHUS
Je vous cherchais, seigneur. Un peu de violence M’a fait de vos raisons combattre la puissance,
Je l’avoue; et depuis que je vous ai quitté,
J’en ai senti la force et connu l’équité.
J’ai songé comme vous qu’à la Grèce, à mon père, A moi-même, en un mot, je devenais contraire ; Que je relevais Troie et rendais imparfait Tout ce qu’a fait Achille et tout ce que j’ai fait.
Je ne condamne plus un courroux légitime,
Et l’on vous va, seigneur, livrer votre victime.
ORESTE
Seigneur, par ce conseil prudent et rigoureux, C’est acheter la paix du sang d’un malheureux.
PYRRHUS
Oui ; mais je veux, seigneur, l’assurer davantage. D’une éternelle paix Hermioneest le gage,
Je l’épouse. 11 semblait qu’un spectacle si doux N’attendit en ces lieux qu’un témoin tel que vous. Vous y représentez tous les Grecs et son père, Puisqû’en vous Ménélas voit revivre son frère; Voyez-la donc. Allez. Dites-lui que demain J’attends, avec la paix, son cœur de votre main.
• oreste, à part..
Ah ! Dieux!
(Il sort.)