ACTE V, SCÈNE III
ORESTE
O dieux ! Quoi! ne m’avez-vous pas, Vous-même, ici, tantôt, ordonné son trépas?
HERMIONE
Ah! fallait-il en croire une amante insensée?
Ne devais -tu pas lire au fond de ma pensée?
Et ne voyais-tu pas, dans mes emportements,
Que mon cœur démentait ma bouche à tous moments? Quand je l’aurais voulu, fallait-il y souscrire?
N'as-tu pas dû cent fois te le faire redire?
Toi-même, avant le coup, me venir consulter?
Y revenir encor, ou plutôt m’éviter?
Que ne me laissais-tu le soin de ma vengeance?
Qui t’amène en des lieux où l’on fuit ta présence? Voilà de ton amour le détestable fruit.
Tu m’apportais, cruel, le malheur qui te suit.
C’est toi dont l’ambassade à tous les deux fatale L’a fait, pour son malheur, pencher vers ma rivale. Nous le verrions encor nous partager ses soins;
Il m’aimerait peut-être, il le feindrait du moins. Adieu. Tu peux partir, je demeure en Épire;
Je renonce à la Grèce, à Sparte, à son empire,
A toute ma famille. Et c’est assez pour moi,
Traître, qu’elle ait produit un monstre tel que toi.
Xi,