‹ AndromaqueChapitre 145 sur 176 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

ANTIOCH us.

Quoi! vous pourriez ici me regarder.,..

BÉRÉISI ICE.

V^oiis le souhaitez trop pour me persuader.

Non, je ne vous crois point. Mais, quoi qu'il en puisse ètre^

Pour jamais à mes jeux gardez- vous de paraître.

(à Phénice.) Ne m'abandonne pas dans l'état où je suis. Hélas ! pour me tromper je fais ce que je puis.

^ Pour jamais à mes yeux gardez-vous de paraître.

« Voilà le caractère de la passion. Bérénice vient de flatter » tout-à-rheure Antiochus pour savoir son secret ; elle lui a » dit : Si jamais je vous fus cJiere , parlez ; elle Ta même menacé » de sa haine s'il garde le silence , et dès qu'il a parlé elle lui » ordonne de ne jamais paraître devant elle. Ces flatteries, » ces emportemens font un effet très-intéressant dans la bou- » che d'une femme; ils ne toucheraient pas ainsi dans un » homme : tous ces symptômes de l'amour sont le partage des » amantes. Presque toutes les héroïnes de Racine étalent ces senlimens de tendresse , de jalousie , de fureur, tantôt soumises, tantôt désespérées. C'est avec raison qu'on a nommé Racine le poète des femmes. Ce n'est pas là du vrai tragique , > mais c'est la beauté que le sujet comportait. » Volt.

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