ACTE V, SCÈNE VII. 32Ï
ANTIOCHUS
Hélas ! ^
★ Ifé/as !
« Je n'ai rien à dire de ce cinquième acte , sinon que c'est , » en son genre, un chef-d'œuvre , et qu'en le relisant avec des » yeux se'vères, je suis encore étonné qu'on ait pu tirer des » choses si touchantes d'une situation qui est toujours la même; » qu'on ait trouvé encore de quoi attendrir quand on paraît » avoir tout dit ; que même tout paraisse neuf dans ce cin- » quième acte , qui n'est que le résumé des quatre précédens. ^) Le mérite est égal à la difficulté , et cette difficulté était ex- » trême. On peut être un peu choqué qu'une pièce finisse par » un /iélûs ! Il fallait être sûr de s'être rendu maître du cœur » des spectateurs, pour oser finir ainsi.
» Voilà sans doute la plus faible des tragédies de Racine , » qui sont restées au théâtre ; ce n'est pas même une tragédie ; » mais que de beautés de détail î et quel charme inexprimable » règne presque toujours dans la diction ! Pardonnons à Cor- » neille de n'avoir jamais connu ni cette pureté ni cette » élégance ; mais comment se peut -il faire que personne , de- » puis Racine , n'ait approché de ce style enchanteur ? Est- » ce un don de la nature ? Est-ce le fruit d'un travail assidu ? » C'est l'effet de l'un et de l'autre : il n'est pas étonnant que » personne ne soit arrivé à ce point de perfection ; mais il l'est » que le public ait depuis applaudi avec transport à des pièces » qui étaient à peine écrites en français , dans lesquelles il n'y » avait ni connaissance du cœur humain, ni bon sens, ni
Ki Zaïre! Voltaire paraît l'oublier, et cet oubli lui fait honneur sans faire tort à Zaïre.
BÉRÉNICE
» poésie ; c'est que des situations séduisent , c'est que le goût » est très-rare. Il en a été de même dans d'autres arts ; en » vain l'on a devant les yeux des Raphaël , des Paul Véronèse, » des Titien ; des peintres médiocres usurpent après eux de la » réputation, et il n'y a que les connaisseurs qui fixent à la lon*gue le mérite des ouvrages. »