ACTE III, SCÈNE V. Iï
I La moitié du sénat s'intéresse pour nous ; Sylla, Pison, Plautiis...
AGRIPPINE
Prince, que dites- vous?
SjUa , Pison , Plautus , les chefs de la noblesse !
Madame , je vois bien que ce discours vous blesse , Et que votre courroux , tremblant , irrésolu , Craint déjà d'obtenir tout ce qu'il a voulu. Non , vous avez trop bien établi ma disgrâce ; D'aucun ami pour moi ne redoutez l'audace : Il ne m'en re^te plus ; et vos soin-s trop prudens Les ont tous écartés ou séduits dès long-tems.
AGRIPPINE
Seigneur , à vos soupçons donnez moins de créance ; Notre salut dépend de notre intelligence. J'ai promis , il suffit : malgré vos ennemis , Je ne révoque rien de ce que j'ai promis. Le coupable Néron fuit en vain ma colère ; Tôt ou tard il faudra qu'il entende sa mère. J'essaîrai tour-à-tour la force et la douceur; 1 Ou moi-même , avec moi conduisant votre sœur , J'irai semer par-tout ma crainte et ses alarmes, Et ranger tous les cœurs du parti de ses larmes. Adieu. J'assiégerai Néron de toutes parts. Vous, si vous m'en croyez , évitez ses regards.