‹ Anecdotes canadiennesChapitre 142 sur 350 · SIR WILFRIED LAURIER · texte numérisé non relu

SIR WILFRIED LAURIER

Pendant les élections locales de 1886, il y eut une grande assemblée des électeurs anglais de Mégantic. Le fanatisme avait fait son œuvre, les orangistes, au moyen de la question Riel, avaient soulevé les préjugés de l'élément protestant contre nous. Un de nos amis terminait son discours, quand un orangiste de l'endroit, véritable forcené, s'écria avec rage :

« — On n'a pas parlé de Riel et on n'osera pas en parler !

Des cris s'élevèrent, des vociférations éclatèrent de toutes parts. Laurier répondit simplement : . ,

» — / will ».

Et, s'insinuant habilement dans leur esprit par un appel à la loyauté britannique, leur rappelant l'esprit de tolérance et de justice qui doit animer tous les citoyens d'un pays mixte, il leur raconta les détails de cette sombre tragédie du Nord-Ouest.

Quelqu'un nous disait que cette foule hostile courba la tête, pas entièrement convaincue, mais domptée, subjuguée par le courage et par l'éloquence de l'orateur.

Le Monde Illustré. Donoso

Sir Wilfrid Laurier, né à Saint-Lin en 1841, premier ministre du Canada de 1896^^à 1911.

HOMMES POLITIQUES

Nous trouvons dans le « Chatham Daily News », l'anecdote suivante sur Sir Wilfrid Laurier :

La mort du Rév. Dr Williams de Montréal, dit ce journal, rappelle un incident de la vie de Sir Wilfrid Laurier raconté par un citoyen éminent de Toronto. Madame Williams était la fille de M. Murray, de Québec un puritain de vieille souche. Jusqu'à l'âge de 18 ans, Wilfried Laurier ne parlait pas un mot d'anglais et il alla demeurer chez M. Murray pour y apprendre cette langue. M. Murray ne manquait jamais de lire le soir un passage des Écritures et de réunir la famille pour la prière du matin, et le jeune Canadien-Français fût averti qu'il était libre d'assister, s'il le désirait, à ces exercices de dévotion. Il y assista et écouta avec la famille pendant quatre ans les lectures du vieux puritain.

Plus tard, lorsqu'il fût devenu l'homme d'État distingué que le pays admire, un ami qui connaissait ses relations avec la famille Murray, lui demanda quelle impression ce genre de vie lui avait produite et il exprima immédiatement son appréciation franche de la vie honnête et son respect des convictions de ces braves gens.

Voici ce que dit Sir Wilfrid :

«La solide intégrité de caractère et l'esprit de droiture que j'ai constaté dans la famille Murray a laissé chez moi une impression qui se n'effacera jamais de ma vie ».

Revue populaire.

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