UNE BOUTADE DU JEUNE JOHNSON
Il y a quelques années, alors que l'honorable juge Johnson représentait la Couronne devant la cour criminelle, un jeune avocat défendant un prisonnier accusé de vol, lui avait déplu et avait terminé sa plaidoirie en disant que sa cause était une cause extraordinaire.
Prenant la parole, il dit avec le ton ironique et hautain qu'il savait prendre :
« C'est vrai, votre Honneur et Messieurs les jurés, cette cause est une cause extraordinaire ; le prisonnier est extraordinaire, son avocat est extraordinaire, ses moyens de défenses sont extraordinaires. ^ Il n'y aura qu'une chose ordinaire, ce sera la condamnation du prisonnier à la peine ordinaire ».
Mes Contemporains. L.-O. David
L'honorable Francis Godshall Johnson naquit en Angleterre en 1817 et mourut à Montréal septuagénaire. Il avait fait ses études classiques en France et en Belgique et parlait admirablement les langues anglaise et française. Il fut gouverneur de l'Assiniboine de 1854 à 1858, puis juge de la Cour Supérieure, à Montréal.