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CRÉMAZIE

Crémazie, notre poète national, lisait beaucoup et avait l'esprit

ouvert à toutes les connaissances humaines. Pendant quelque

temps il se livra, comme bien d'autres Québecquois, à l'étude de la

biologie. Il avait un réel pouvoir hypnotisant, dont il usa une fois,

pour badiner, avec un succès qui l'étonna lui-même, ayant réussi

à arrêter, à une distance de plus d'un arpent, un piéton en face de la

cathédrale de Québec, et à le retenir immobile et comme fixé au sol

pendant plusieurs minutes. Il ne renouvela pas cette expérience

dangereuse, — pas du moins à ma connaissance.

Choses d'autrefois. Ernest Gagnon

Durant tout l'été de 1848, Crémazie fit des tentatives auprès de ses amis pour les induire à former un « Club de vieux garçons », et il disait toujours qu'il ne se marierait jamais. — Il a tenu parole.

Son projet d'un « Club de vieux garçons » lui causa une drôle de surprise. Il se promenait avec un ami, un jour, sur la rue de la Fabrique, lorsqu'il fit la rencontre de deux jeunes filles et fut projeté à côté du trottoir assez brusquement par l'une d'elles — la plus joUe croit-on. Cette dernière, réprimandée par sa compagne, répondit sur le ton de la colère : « Tu ne connais pas cet homme » ? « Non », répondit l'autre. « Eh bien, c'est Crémazie, qu'on appelle le poète et qui s'occupe de fonder un « Club de vieux garçons » pour nous empêcher de trouver des maris ».

Revue Populaire.

Octave Crémazie composait ses vers sans se préoccuper de les écrire. Une fois fixés dans sa pensée ils l'étaient pour toujours. Il pouvait les écrire un mois, un an, dix ans plus tard : cela lui était également facile. Il me disait un jour : « J'ai au moins trois mille vers non écrits qui me trottent dans la tête ».

Bien différent était un spirituel journaliste dont Québec n'a pas perdu le souvenir. « Je ne puis rien composer, disait-il, sans avoir la plume à la main. J'écris à mesure que la pensée surgit... et peutêtre même un peu avant ».

Choses d'autrefois. Ernest Gagnon

Octave Crémazie naquit à Québec en 1822 et mourut au Havre, France, en

1879. Ses œuvres complètes, précédées d'une longue et très intéressante notice biographique ont été publiées par la Librairie Beau chemin en 1882.

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