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ELZEAR GÉRIN-LAJOIE ET L'ENFANT TERRIBLE

J.-B.-Eric Dorion, !'« Enfant-Terrible », député de Drummond et Arthabaska à l'Assemblée Législative de la Province du Bas- Canada, était propriétaire du journal «Le Défricheur», pubhé à L'Avenir, et EÎzéar Gérin-Lajoie était le rédacteur du journal «Le Canada », publié à Ottawa. M. Gérin reprochait à M. Dorion de s'être attaqué, dans « Le Défricheur », à des actes de sa vie privée.

Le 31 juillet 1866, les deux journalistes se rencontrèrent, dans la BibUothèque de la Chambre, à Ottawa, et, après un échange de qualificatifs plus ou moins épicés, se donnèrent des taloches.

Le fait fut porté à la connaissance de la Chambre par l'honorable M. Holton, et le lendemain, Gérin fut amené à la barre de la Chambre

ÉCRIVAINS CANADIENS

pour assaut commis sur un député. Après avoir entendu les deux antagonistes, la Chambre donna gain de cause à M. Dorion, l'Orateur fut prié d'admonester M. Gérin et de le faire mettre sous la garde du sergent d'armes « durant le bon plaisir de la Chambre ».

Bulletin des Recherches Historiques. P. -G. Roy

J.-B. Éric Dorion, né en 1826, mort en 1866. Journaliste populaire et homme politique.

L'honorable Elzéar Gérin-Lajoie, homme politique, naquit en 1833, et décéda en 1887. Il était conseiller législatif.

L'ÉPISODE DE LA DISPERSION DES ACADIENS QUI A SERVI DE BASE A L'IMMORTEL POÈME DE LONGFELLOW

Après leur dispersion dans les colonies américaines quelques Acadiens « ne craignaient pas de s'aventurer à travers les immenses forêts, d'affronter les partis de sauvages qui les infestaient, afin d'arriver jusqu'au Canada, où ils espéraient retrouver des membres de leurs familles dont ils ignoraient le sort...

Au nombre de ces fugitifs était un jeune homme âgé de dix-huit ans, nommé Étienne Hébert, enlevé de la paroisse de la Grand-Prée, où il habitait le vallon du Petit-Ruisseau, dans la concession dite des Héberts. Séparé de ses frères, qui avaient été jetés l'un, dans le Massachusetts, l'autre dans le Maryland, et le troisième dans un autre endroit, tandis que lui-même, débarqué à Philadelphie, avait été mis au service d'un officier de l'armée, il n'eut pas de repos qu'il n'eut rejoint ses frères, qu'il croyait rendus au Canada. Frustré dans ces espérances à son arrivée, mais non découragé, il se fit concéder des terres dans la Seigneurie de Bécancourt, et repartit, en hiver, monté sur des raquettes. Après bien des recherches, il eut la joie de les ramener tous les trois : l'un était à Worcester, l'autre à Baltimore et le troisième dans un village dont le nom a été oublié. Les quatre frères s'établirent, voisins l'un de l'autre, à Saint-Grégoire, où ils ne tardèrent pas à prospérer.

Un jour, Étienne Hébert apprit qu'une de ses voisines de la Grand-Prée, du nom de Josephte Babin, qu'il avait eu l'intention d'épouser, avait été emmenée à Québec, où elle vivait avec une de ses sœurs, sous la protection d'exilés comme elle. Malgré une longue séparation, elle ne l'avait pas oublié et n'avait jamais perdu l'espérance de le revoir. Ils se revirent en effet. Hébert, de son côté, lui était resté fidèle. Ils pleurèrent longtemps au souvenir de la Grand-Prée, au souvenir de tant de parents et d'amis morts ou disparus. Peu de jours après, ils étaient unis pour ne plus se séparer.

Qu'on ouvre Évangéline, et l'on verra que toute la trame de ce poème est dans cet épisode, à la seule différence qu'Évangéline ne retrouve Gabriel qu'à son lit de mort (1).

Un pèlerinage au pays d' Évangéline. Abbé H.-R. Casgrain

Henry Longfellow, célèbre poète américain, est l'auteur du poème Évangéline. Né en 1807, mort en 1882.

L'abbé Henri-Raymond Casgrain, naquit en 1831 et mourut en 1904. Son

(1) C'est de cettejfamille, que descend notre distingué sculpteur : Philippe Hébert.

ouvrage : Un pèlerinage au Pays d' Évangéline a été couronné par l'Académie française. On le considère comme un des meilleurs littérateurs du Canada français.

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