LE SCULPTEUR LOUIS-PHILIPPE HÉBERT
M. Hébert (Louis-Phihppe) est né le 27 janvier 1850. Il est le fils d'un des premiers colons des townships.de l'Est, de M. Théophile Hébert, cultivateur de Sainte-Sophie d'Halifax, comté de Mégantic, d'origine acadienne, et de JuUe Bourgeois, descendante d'une famille française, émigrée pendant la Révolution. Il est aussi le neveu de M. Noël Hébert, qui fut plusieurs années député de Mégantic, et qui servit de modèle à M. Gérin-Lajoie, pour son type admirable de Jean Rivard.
Comme chez tous les véritables artistes, le talent du jeune sculp-
teur se révéla dès son enfance. A sept ans, il sculptait déjà des figures en bois, surtout des soldats et des sauvages. Mais comme ce talent là n'est pas précisément ce qu'il y a de mieux apprécié' dans nos campagnes, on l'appelait communément le gosseux. Pour tout le monde, c'était un paresseux, impropre à rien, bon seulement à bâtir des chef s-d' œuvre, et qui ne saurait jamais labourer une pièce de terre de sa vie. Il avait aussi un autre défaut : c'était un liseux.
« On n'avait pas plutôt le dos viré, disait-on, qu'il avait le nez dans un livre ».
Bref, il était d'un mauvais exemple pour ses camarades.
Enfin, comme il avait trop d'idées croches pour faire un habitant, on tenta de le lancer dans le commerce ; et le voilà commis chez un de ses oncles maternels. Or, comme il continuait toujours à gosser, son patron, dont il faisait le désespoir, finit par le congédier, en lui prédisant, suivant l'expression consacrée, qu'il ne ferait jamais rien. V Opinion Publique 1881.