‹ Anecdotes canadiennesChapitre 252 sur 350 · LE PREMIER VAISSEAU DE GUERRE A VAPEUR · texte numérisé non relu

LE PREMIER VAISSEAU DE GUERRE A VAPEUR

On sait que les Américains réclament l'honneur d'avoir fait la première traversée océanique avec un steamer ou bateau mu par la vapeur. Il y a quelques années. Benjamin Suite renversa ces prétentions et réclama pour le Royal William, navire construit dans la Province de Québec, la gloire indéniable d'avoir franchi l'Atlantique sans le secours des voiles. L'un des constructeurs du Royal William, James Goudie, qui vécut jusqu'à un âge avancé et qui est mort à Chicago, a même fait le récit suivant, vers 1890.

« Je me reif!iis à Québec en mai, 1830, et mes services furent retenus pour la construction du vaisseau. Il fut mis en chantier dans l'automne de 1830 et fut fini en 1831, trop tard pour donner quelque rendement. Comme le choléra éclata en 1832, ce fut un désastre pour le Royal William, qui fut, de fait, délaissé. En 1833, on essaya encore de l'exploiter ; mais il entraînait tellement de pertes qu'on décida dans le mois d'août de l'expédier en Angleterre pour l'y vendre. Il y arriva après une excellente traversée de 25 jours. C'est le gouvernement Espagnol qui l'acheta pour ^40.000. Il en avait coûté |76.000. Le Royal William fut appelé le Isabel Segunda et converti en navire de guerre. En sorte que Québec a non seulement fourni le premier steamer transatlantique, mais encore le premier navire de guerre à vapeur ». Le Samedi.

LA MÈRE CARON Dans une note bibhographique sur la Vie de Mère Caron, l'une

des sept fondatrices des Sœurs de la Charité et de la Providence, par l'abbé Auclair, nous relevons l'édifiant trait qui suit :

Élue supérieure de la Providence, Mère Caron voit un des édifices de la communauté détruit de fond en comble, par un désastreux incendie, pendant que l'Asile, situé au beau milieu de la route suivie par les flammes, reste intact, comme miraculeusement sauvé d'une perte qui paraissait certaine. Au plus fort de l'incendie, la supérieure était en prières devant une statue de la Sainte Vierge. Quelqu'un lui proposa de descendre la statue de sa niche. « Non, non, s'écria Mère Caron dans un bel élan de foi naïve et forte, si Marie ne nous sauve pas, elle périra avec nous » ! Marie « se sauva », écrit spirituellement M. l'abbé Auclair, et avec elle l'Asile.

La Presse, 12 sept. 1908. Abbé Antonio Huot

Née à Saint-Aiitoinc-dc-la-Rivière-du-Loup, en 1808.

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