ACADIENS DE LA LOUISIANE
Nous lisons dans un journal quotidien : « Fidèles à la foi des ancêtres, terriens dans l'âme, les Acadiens de la Louisiane forment, aujourd'hui, la majorité dans un bon nombre de paroisses de l'an-
PÊLE-MÊLE
cienne colonie française. Ils ont même gardé, non seulement la langue maternelle, qu'ils parlent encore à la campagne surtout, mais même le pittoresque parler du terroir acadien. Ils disent couramment encore, — nous l'avons entendu de nos oreilles, — ■ « naviguer » pour voyager, « partance » pour « départ », « chandelles » pour « cierges », « drés » pour « dès que », « amarrer » pour « attacher », un chemin «mauvais», «être dans les fardoches » pour être dans l'embarras, « frette » pour « froid », etc. L'émotion nous gagnait, malgré nous, lorsque nous entendions sortir de la bouche de ces braves campagnards louisianais, ce vieux parler des ancêtres, qui est aussi beaucoup le nôtre et qui nous rattache si fortement, Acadiens et Canadiens-Français, à ce passé chargé de gloire qui est notre patrimoine commun.
» La race acadienne a l'honneur d'avoir fourni à la Louisiane des hommes d'État comme les gouverneurs Thibodaux, Mouton et Hébert, et des magistrats distingués comme MM. A. A. Breaux, juge en chef actuel de la Cour Suprême de l'État, Aucoin, de la Nouvelle-Orléans, et Caillouet, de Thibodaux ».
Revue Populaire.
FANNYSTELLE
Qu'il serait amusant d'écrire la vie de ces humbles villages (de l'Ouest canadien) qui furent fondés par quelques Savoyards, des Bretons ou des Picards entreprenants, courageux. L'un de ces bourgs, dans le Winnipeg, qui s'appelle Fannystelle, a une histoire assez amusante. En 1883 mourait, à Paris, une vieille fille, Fanny Rives, demoiselle de compagnie de la marquise d'A... Cette vénérable dame vit en songe la disparue ; celle-ci enjoignit de fonder une colonie française dans l'Ouest canadien. La bonne dame raconta ce songe à son confesseur, qui déclara que la volonté de Dieu devait s'accomplir. La marquise donna ses millions au prêtre, qui partit ; il donna au village le nom de Fannystelle, étoile de Fanny, en souvenir de la morte.
Le Petit Parisien. Jean Frollo