‹ Anecdotes canadiennesChapitre 274 sur 350 · BRAVOURE DE NOS GENDARMES · texte numérisé non relu

BRAVOURE DE NOS GENDARMES

C'était pendant la rébellion de 1885, dans le Nord-Ouest. Les métis révoltés contre l'autorité fédérale venaient de repousser une attaque, à laquelle avait pris part un détachement de la Police montée. Un « constable », blessé, gisait abandonné près des lignes ennemies, exposé à leur feu. Un officier du corps, battant en retraite avec ses hommes, se retourne, aperçoit au loin le blessé et, tranquillement, tout seul, revient sur ses pas. Une grêle de balles l'accueille, mais ne l'inquiète en aucune façon, car il continue sa route en sifflant. Lorsqu'il arrive enfin près de son compagnon, et que les insurgés comprennent le motif de ce qui leur avait paru une bravade insensée, le feu cesse et une immense exclamation s'élève. L'officier portant le blessé, effectue alors sa retraite. Il siffle toujours, mais l'accompagnement a changé : ce n'est plus le bruissement des balles, mais bien un « hurrah ! » assourdissant et continuel.

Pour être du goût de tout le monde, cette petite anecdote devrait sans doute finir par la décoration du héros. Malheureusement

PÊLE-MÊLE

la vérité nous oblige à dire que le brave officier, une demi-heure plus tard, à la tête de sa section, tombait frappé à mort, probablement par un de ces mêmes métis qui l'avaient si chaleureusement acclamé...

Le Musée des familles. George-Nestler Tricoche

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