CANADA
M'appuyant sur l'expérience de nombreux voyages et de nombreux séjours sous bien des latitudes et des cUmats divers, j'affirmerai, sans crainte d'aucune comparaison, qu'il n'y a pas de pays plus beau que le Canada durant les mois d'été. Il y en a de plus connus et de plus vantés et en bon nombre même. Qui pourra dire combien il est monté de strophes enthousiastes et d'encens parfumé vers le ciel de la Grèce et de l'Italie ? Qui pourra dire de combien d'échos flatteurs ont retenti les lacs et les montagnes de la Suisse, les rivages enveloppés d'azur et de chauds rayons de la Méditerranée, les campagnes éclatantes que le soleil d'Espagne couvre de pourpre et d'or, les bords ravissants de l'Hudson luimême, entré plus tard, dans ce concert de l'imagination enchantée ? Mais je n'en dirai pas moins à l'instar du barde normand : Rien n'est si beau que le Canada. « Cest le pays qui m'a donné le jour ».
Chroniques. Arthur Buies
MADELEINE DE VERCHÈRES ET NOS CONCITOYENS DE LANGUE- Af^ GLAISE
11 y a un an, une anglaise de Montréal, M"^^ Robert Reford, faisait l'acquisition d'une statuette de Marie-Madeleine de Verchères, due au ciseau du plus distingué de nos sculpteurs, M. Philippe Hébert. Cette dame se demandait alors, devant l'acte d'héroïsme que faisait revivre le vigoureux talent de l'artiste, comment il se
pouvait qu'une pareille femme restât sans un monument, sans la moindre inscription, même, pour commémorer un fait d'armes que les autres pays envient à notre histoire et aussitôt l'idée lui venait à elle, Anglaise, d'organiser une souscription pour faire cesser la trop longue ingratitude et le trop long oubli dont a été récompensée jusqu'ici, la pure héroïne.
Elle entretenait, à cette époque, M. Hébert de ce projet.
L'idée a-t-elle fait son chemin ?
Le gouverneur-général voudrait-il y associer son nom ? Des rumeurs qui circulaient récemment porteraient à le croire, bien que le sculpteur nous ait assuré qu'il n'y avait jusqu'ici rien de conclu ni même rien de commencé. Quoiqu'il en soit, la sublime Madeleine, héroïne et fille d'héroïne mériterait d'avoir son monument à l'endroit qu'elle illustra. La Presse, 5 novembre, 1910.
L'artiste canadien-anglais T. -S. Coburn est aussi l'auteur d'un gracieux tableau, représentant l'officier de Montréal et sa troupe en présence de Madeleine de Verchères et sa minuscule garnison. Ce tableau illustre un poème consacré à cette héroïne par feu W.-H. Drummond.