LITS D'AUTREFOIS
Voici comment se fabriquaient certains lits de colons dans les Cantons de l'est, à la fin du 18^ siècle :
En premier lieu, on coupait des perches ; deux de longueurs suffisantes pour les côtés et deux plus courtes pour la tête et le pied ; ensuite, on les écorcait et les bouts étaient introduits dans des trous percés à cet effet dans quatre poteaux de même hauteur ; enfin, pour remplacer le sommier, on taillait des bandes d'écorce d'orme que l'on tressait sohdement d'un côté à l'autre, ainsi que l'on faisait pour les fonds de chaise du temps jadis.
Pioneers of the Eastern Townships. Mrs. C. M. Day
LES CANADIENS EN 1720 Les Canadiens, c'est-à-dire les Créoles du Canada, respirent en naissant un air de liberté, qui les rend fort agréables danspe com-
merce de la vie, et nulle part ailleurs on ne parle plus purement notre langue. On lïe remarque même ici aucun accent.
On ne voit point en ce pays de personnes riches, et c'est bien dommage, car on y aime à se faire honneur de son bien, et personne presque ne s'amuse à thésauriser. On fait bonne chère, si avec cela on peut avoir de quoi se bien mettre ; sinon, on se retranche sur la table, pour être bien vêtu. Aussi faut-il avouer que les ajustements vont bien à nos Créoles. Tout est ici de belle taille, et le plus sain du monde dans les deux sexes ; l'esprit enjoué, les manières douces et polies sont communes à tous ; et la rusticité, soit dans le langage, soit dans les façons, n'est pas même connue dans les campagnes les plus écartées. Px. P. de Charlevoix
Journal d'un voyage en Amérique, 1744. Vol. V.
R. p. Pierre-François-Xavier de Cliarlevoix, né en 1682, mort en 1761, est l'auteur d'une histoire de la Nouvelle-France qui est très estimée.