LES LOUPS DE MONTRÉAL
D'après l'abbé Paillon, les habitants de Ville-Marie étaient appelés parfois « les loups de Montréal » et voici l'expUcation plausible qu'il donne relativement à ce sobriquet étrange.
« Dans la seconde moitié du XVIIème siècle Québec n'étant pas le siège ordinaire des combats (avec les Iroquois) ses habitants étaient moins exercés que ceux de Villemarie au métier des armes. Les guerres continuelles dont Villemarie était agitée, et, au contraire, le calme dont on jouissait ordinairement à Québec, devaient influer naturellement sur le caractère et les habitudes morales des habitants de ces deux postes. Ceux de Villemarie, toujours prêts à voler aux armes, inspiraient de la terreur aux Iroquois par leur intrépidité et leur bravoure ; et les femmes elles-mêmes semblaient se sentir de cette humeur martiale... Les hommes, surtout, se montraient si audacieux et si terribles dans les combats que les Iroquois eux-mêmes les comparaient à des « démons » ; et c'est sans doute ce qui a donné lieu à ce dicton : « Les loups de Montréal ».
Histoire de la Colonie Française^ II. Abbé E.-M. Paillon